INSTINCT NOCTURNE

Écrit par Baptiste Jacquet
a été publié sous l'appellation
"Nuits Mobiles" jusqu'au
22 nov. 06 dans l'hebdomadaire

 
MERCREDI 05 DECEMBRE 2001 _ #154
 

Mon coeur au bout des doigts

Jours étranges. Beaux matins enfin jaunis par des feuilles restées trop longtemps perchées qui, enfin, sautent dans le vide brumeux et orangé pour se coucher au sol. Nuits où les débats autour du "couple amoureux" me poursuivent sans savoir si je les provoque pour faire le crâneur (et rejeter cette union confortable et bourgeoise), ou pour essayer d'y croire à nouveau. Jeudi, mon foie, pourtant complice silencieux de mes trinques quotidiennes, me crache à la gueule le trop-plein de mes excès de la veille (le départ du Guilloux NDC de Lyon capitale). Vendredi, Z2 me tient le bras dans l'église du Couvent de la Tourette. La compagnie Là Hors De souffle sur le froid glacial ambiant dans une représentation unique d'Abîmes. Sous une pluie de mots et grillages pixelisés, quatre couples s'entrecroisent, s'échangent, se battent contre leur propre violence dans un ballet de spasmes et d'étirements. Un beat technoïde et ferraillé de stroboscopes se disperse dans l'immensité du lieu alors que les corps, synthétisés par un flux vidéo cathodique, crachent une fumée chaude et humaine. Nous traversons les couloirs "lecorbusien" pour se laisser chauffer par un vin chaud épicé et nourrir nos yeux de la beauté de Frédérique Mille et de Carla, toujours aussi hypnotique. Asstouch se tient en retrait tout en jouant avec la brillance de ses pupilles. Super Pénélope m'affiche un "Trop nul, l'anniversaire de Planète Saturn" sur le portable alors que Chatte Rouge s'accapare Z2. Sur le départ, deux aubes blanches sortent de la pénombre et nous échangeons avec Carla un de ces regards de chenapans qui nous murmure "On va se faire gronder. Et si on le faisait quand même ?". Nous passons le cou dans les robes et contenons nos rires en glissant nos mains dans les manches-religieuses pour feindre le recueillement. "C'est bizarre. La fente gauche des poches me semble plus large" plaisante, pas honteuse, Soeur Carla. En presqu'île, au Banal Café (rue Royale, quartier Pentes), nous chantons " we are the World, we are the children.. to make a better day for you and me" dans ce micro-bar atypique à la déco désuète et peuplé d'une clientèle délurée. Le Kafé Mysik a éteint son enseigne pour souffler les bougies du nouvel âge de Cricri. Nous retrouvons Super Pénélope et Julien Micro P., déçus par leur descente au magasin multimédia : "Rien à boire et chiant. Je me suis acheté un dépoileur mais n'ai pas trouvé ton vibro-masseur facial couleur chair" râle Pénélope qui, face à mes "le couple, ce truc de bourgeois pépère", finit par me détester. Carla attire toutes les attentions et essaie de profiter de sa force pour chaparder un cigare offert à Cricri. Clignez des paupières. Samedi, Jèrôme d'Art Canut et Gaelle m'invitent à un quatre-heure-déjeuner sous les toits. Je goûte une paella heureuse (car sans moule) et me ravis du roucoulement du duo. A ma question "Pourquoi fréquente-je actuellement des filles exceptionnelles et belles alors, qu'en même temps, je me tape que des mecs moyens ou incertains", le décorateur rigole : "Tu vas devenir hétéro". En fin de journée, Claire, Christophe Boum et Primabella traversent la marche annuelle de lutte contre le sida au milieu des shoppineurs. Une demi-heure d'engagement indispensable pour une action trop peu visible. "Vous avez vu ? Gilles Buna à flairer le Die-In d'Act Up et s'est éclipsé au bon moment" note ma princesse en partance pour Cayenne et d'une légèreté propre à ceux qui sortent d'une nuit de sexe : "Mezzont m'a surprise, hier soir" sourit-elle. La dernière de Moi Tout Seul par Philippe Faure au Théâtre de La Croix-Rousse, solo raffiné et d'une tendresse infinie (parfois accentuée par une sorte de maladresse à la contenir), ouvre un marathon nocturne essoufflant. Nous clôturons le buffet dînatoire donné au théâtre dans un tourbillon d'amusements : au Modern Art Café où David nous donne forces en un de ses sourires de brun mystérieux et un croustillant chaud au fromage alors que Helena et Gregoire Roche s'échappent. De "manipulateur" me traite Nicolas à Tombé du Ciel alors que Chatte Rouge, Carla, Maud, Z2, Asshole et Wilfrid s'enivrent et balancent les bras sur un vieux tube des 80s devant un Petit Poucet tout sérieux. Nous gonflons en tribu, le Medley surpeuplé. Super Pénélope me garantit "Julien est vraiment bien membré" avant de fermer les paupières au Box Office, after toujours aussi excitant par son gigantisme et, hélas, si peu accueillant.

78 Tours. Mercredi, Groove De Là continuera à faire bouger de la tête L'Ambassade avec Samir et Cutee B. Vendredi, le New-Yorkais Junior Sanchez masterisera le Fish qu'une house upliftin. Samedi 8 décembre, restez chez vous. Enfin, les moins agoraphobes se réfugieront à La Marquise pour danser hip-soul avec Raw Deal ou, hors-la-ville, au Titan, avec Charles Schillings in da mix.

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MERCREDI 12 DECEMBRE 2001 _ #155
 

Ombres sans lumière

"Ne la rappelle surtout pas : ça ne te sers à rien" se soulage Primabella, mercredi, au premier jour de service de Mireille (VertuBleu) au Café Luna (1 rue Henri V, quartier Ainay). Dix années de psychothérapie hebdomadaire me traînaient au cerveau jusqu'à ce mardi de novembre où j'oubliais le rituel rendez-vous. Longue histoire où j'apprenais à m'émanciper des liens et influences parentaux. Mieux, à intégrer que la souffrance n'est pas une source de consistance et la légèreté, une vacuité. Léger comme cette fin de nuit où je rejoins Gaelle et Jérôme d'Art Canut, accompagnés du silencieux Pierre pour la fermeture des Séquentielles au Transbordeur. Kat Onoma gratte une chanson néo-psyché pour les derniers rockeux présents, revendicateurs navrants d'une attitude anti-sexy. Le duo d'amour s'agite et repousse le sommeil au Dark's pour battre des ailes sur une hardhouse cheesy à la recherche d'un nid nuptial haut perché. Nous poussons les limites jusqu'au Paradiso Club, antre de la choucroute blonde et du gaillard rustique en jeans neige, et clignons des paupières. Jeudi, les sourires des gamins s'échangent entre les portiques installés dans l'amphithéâtre de l'Opéra pour l'avant-première de la vente de ses costumes. Les robes s'enfilent, certains déchiffrent les coutures ("ça se porte comment ?") et d'autres pavanent. Je me drape dans une poignée de capes. "Pas mal. Ca fait un peu Cardinal. Essaie mon chapeau pour voir C'est mieux ainsi" tourne Gaelle en gilet beige à manches bouffantes, ankylosée, par de gros ponpons. A minuit, Christophe Boum textote "Je suis au Cap Opéra. Arrive. Je suis entouré de folles". Nous foulons la neige "Get 7" du Dark's en se grattant le cou d'un boa blanc. Joël M. refuse un Stetson ciré argent et préfère se griffer d'un "t-shirt avec un logo Jet Set, c'est plus discret que ton boa". Philippe Chavent suit, silencieux au comptoir, les élans amoureux de Guillaume, à jamais amoureux et aimable ainsi que notre beuverie joyeuse. Clignez des paupières. Vendredi, le vernissage de l'expositions des Figures de L'Absence à l'Ovale 203 s'arrose dans la pénombre. "On ne voit rien" se penchent aux murs, un verre de blanc en main, les curieux. Jean-Luc (VertuBleu) fredonne "Les petits papiers" de Gainsbourg avant que Marie Rigaud nous informe de sa chasse au financement du prochain Festival de Pérouges. J'embarque Pierre Budimir à l'inauguration de la Fête des Lumières dans le grand salon de l'Hôtel de Ville. Au milieu de post-quadras peu bandants, Hubert Lafferière devient tout de suite très sexy. L'adjoint-clubber est à la chasse d'un nouveau bureau : "Le mien est pas mal mais un peu petit". Un placard ? Après le top-départ "Champagne !" donné par Gérard Collomb qui nous promet "un Festival des Lumières qui pourrait courir sur deux week-end" (sic), j'essaie de repérer désespérément une brebis sexuée et crochette du regard un sage-homme. Patrice Béghain, prévenant et amusé, me menace avec plaisir : "Si vous jouez trop le décalé, je vous mets personnellement dehors". Super Pénélope et Julien Micro P. me rejoignent pour m'arracher un canapé au asperge des mains et filer au Mi Mots Arts. "En 4L, tu es considéré comme une sous-merde : c'est la voiture du pauvre facteur de campagne, du gendarme ou d'Edf. Elle n'a pas l'aura d'une 2CV et de ses collectionneurs" s'accordent Sylvie Tartine, Super Pénélope, Jean-Marc et Julien Micro P. autour d'une bouteille d'eau de vie sucré à la châtaigne. Julien embraye sur sa fascination pour les Vespa avant d'aller comparer son pot d'échappement avec celui d'un fan du scooter. Nous fermons les paupières au milieu de jeunes éphèbes trémoussés par l'entêtant "Can get you out of my head" de Kylie Minogue à L'United Café. Stéphane B. colle un pimpo. Sa proie l'entraîne : "Je veux faire l'amour avec toi sous la douche avec tes chiens".

Tchiki Boomz. Mercredi, L'Ambassade ouvrira son sas aux aficionados de Groove de la avec Samir et le marseillais Khéops. A user les yeux fermés et la tête dans le hip-hop. Au même moment, SOS/Save Our Soul ravira La Marquise (ré-actline : 06 84 13 99 96). Jeudi, le Riddim Collision Festival des Jarrin Effects investira les bars des Pentes pour un brassage electro-arty-engagé à exciter les djeunes rebelles piercés (ré-actline : 04 78 30 50 29). Le festival se poursuivra, vendredi, au Pez'Ner avec Automat, le retourne-fête Seb The Player et les excellents UHT. Zero DB jazzy-" je ne sais quoi" fera swinguer à La Marquise. Samedi, le Riddim se déplacera au Ninkasi Kao pour une nuit dub savante. Les plans vitaux de la semaine se dispatcheront sur la "bête tueuse", dj pressant votre corps comme une éponge trempée, Carl Cox. Ce sera au Fish et, pour une fois, on ira. Enfin, dimanche, Jacques Haffner garantira la Chaleur d'une nuit qui se partagera entre le Dark's en apéro et La Cour en thermomètre explosif.

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MERCREDI 19 DECEMBRE 2001 _ #156
 

À plus de 300 jours d'ici

La ville se gèle, les cartes bleues fument dans les boutiques et les nuits se grippent. Peu de moments ébouriffants viennent se coller à ma rétine. Ce n'est pas l'ouverture du Riddim Collision Festival aux Subsistances, mercredi, qui nous balancera dans un enchaînement festif incontrôlable. L'Underground (version Radio Nova) et les djeunes des Pentes posés tels des pions sur le bitume de la salle de concert fait chuter le niveau d'excitation de Claire provoqué par la vodka et les petits toasts sur plateau d'argent descendus dans son appartement. Nous saluons au pas de course Anne Huguet, Thierry Pras, Tornton et Asstouch avant que ma Princesse ne rentre s'allonger dans un bain chaud et que je ne retombe dans les couloirs du Double Side, bordel bien tenu. Les derniers survivants se pourchassent pour un tour de cul final et attaquent la chair sans attente. Une main pressante me branle alors qu'un Nicolas m'apprend qu' "une moule, ça nage. C'est un peu comme un sous-marin. Il y a propulsion". Ah bon ? Clignez des paupières. Jeudi, je traverse rapidement les babioles à garder précieusement emballées dans leurs jolis paquets (sous peine de découvrir l'Immonde) au Marché de Noël (Place Carnot). Elodie Bouesnard, jeune potière spontanée et douée, trépigne de froid sous son chalet (Face à la rue Victor Hugo, allée-gauche) : "Je crois bien que j'attire les homos. Beaucoup des jeunes hommes qui s'arrêtent sont beaux, plutôt sensibles. Ils n'ont pas le regard lourd bizarre" se rêve ma colocataire de décembre. Nous dînons au Koutoubia coincé entre un aller-apéritif en compagnie de Mon épouse et Sandrine B. (Toujours au sommet de ce qui est, ou sera, en vogue) et un retour-digestif fortifié par la Kanardo Familia. Clignez des paupières. Vendredi, ni le before de Tombé du ciel alimenté par le "parlé-jeune" de Asstouch, ni le passage éclair au Marais où les décibels restent muselés et n'excitent guère le dancefloor parsemé nous sauvent d'un couché douillet. "C'est le Fish : jeunes étudiants ou cadres moyens pour qui Carl Cox est un dj à voir absolument sans qu'il y ait une passion musicale derrière. Ils pensent qu'ils doivent être là et puis c'est tout", synthétise un spécialiste, samedi. Pourtant, la mixture du dj multi-platinium arrache les pieds du sol et pousse à lever la main au plus haut en fouettant les breaks et les beats speedés. Efficace et sans fioriture mais plus suivi par des cris de frimeurs que des corps en sueur. Je descends l'escalier du Medley pour, enfin, sentir un peu de douces brutalités. Nadia se dandine jusqu'à l'étourdissement sur un "Zazou" de Brigitte Fontaine devant ma cour pressante sur un jeune trapu au visage d'aigle et pommettes saillantes. Line aka Lady Medley frotte ma jambe et pousse ses "mon chéri" décalés à cligner des paupières, un sourire en coin. Dimanche, Jérôme et Elie d'Art Canut exposent au Prince de la Charité. Bertrand (2P + C) tient toujours ses distances ("Je crois que le courant ne passe pas entre vous" note le décorateur) et Gaelle avoue la parution, au mois de février, d'un portrait "24h avec Gaelle Communal, danseuse à l'Opéra National de Lyon" dans Marie-Claire. Claire participe au grand débat sur une lampe spermatozoïdale d'Elie ("C'est un spermatozoïde homosexuel qui se suicide et se crashe au sol") et s'émerveille sur l'appellation scientifique de la queue de la petite bête fécondatrice : "Le flagelle ! Joli mot que j'ignorais." Au Dark's, la nuit Chaleur de Jacques Haffner prend des degrés avec Christophe Boum, feinteur d'un début de viol sur Claire, le couple de l'année Jérôme et Gaelle jouant les reptiles-danseurs et l'arrivée de Carla, mon amour improbable. La nuit s'étire à La Cour dans une série d'effeuillages intégral de pimpos testotéronés qui ne réussiront pas à faire bander des noceurs peu amusants. Je ferme les paupières au fond d'une backroom-pour-deux à me faire téter par une bouche experte.

En Attendant I : Cube. Semaine de pré-crises de foie grasses à répétition. L'événement nocturne de la fin 2001 se calera vendredi 28 entre deux huîtres citronnées : I : Cube, le plus discret dj-producteur français tout en se révélant le plus constant en qualité (deux albums sortis, deux merveilles) électrifiera la Marquise. Notice This ! En Attendant, ce mercredi, une Jungle Invaders réunira Electrosex, Nokman, Ranium et Captain Planet au Monde à L'Envers. Vendredi, Tito Bruno mixera latin groovy au Zèbre (36, quai Pierre Scize). Le son jungle trustera le Ninkasi Kao pour une Jungle Rollers (Natty Bass, Anakyne, Heat, Captain Planet et Garfld) et le Melting Pop Café (1, rue Saint Benoit - Quartier Terreaux) lors d'une Session Drum & Bass (Electrosex et Kisszesky). Pour les electro-suckers, Area sera dirigée par Anton'X, Le Barde, T.Blitz, Tinicks, Yellow et Psyo au Tactika. En plus soft, Freddy et Carl Clarke s'attableront aux platines du Fish. De samedi à mercredi, allumez le sapin.

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MERCREDI 26 DECEMBRE 2001 _ #157
 

Star Rings zee Bell (PART 1)

Assis devant mon iMac, le bureau encombré de dossiers de presse, une stagiaire m'amène un café pour le bouclage avancé au vendredi de Lyon Capitale. Votre journal préféré ne va pas aller jusqu'à réveillonner entre le correcteur, les maquettistes PAO et notre cher rédacteur en chef coiffé d'un ridicule bonnet du Père Noël Arrêtons là le "journalisme-réalité", petite vogue prétentieuse qui consiste à vous montrer, fidèles lecteurs, comment ça se passe chez nous, les journalistes. Puisqu'il est trop tôt pour narrer le week-end qui débute, je grimpe au "marronnier" de circonstance : La rétrospective annuelle ou le "Best of 2001". Comme il faut toujours que je joue au crâneur et m'engage toujours un peu plus dans le mouillage de chemise, voici la première partie d'un Spécial Rétro Nuit avec les bons (Zee Stars) et les truands (Zee Bells). Cette semaine, les lieux, les gens et les bars qui ont fait l'année. Dans le prochain numéro, les fêtes et des coups de cloche bien méchants (Lyon poupoules.commérages, Gérard Collomb et les Riris aka les ringards-riches). ça va saigner. Clignez des paupières.

The Star. On connaît les établissements policés et hétéronormés de Marc Chabert (Fish, B'52, Oxxo, First VIP) où il faut montrer visage blanc et carte de crédit à des videurs de seconde zone (celles peuplées par ceux qui ont loupé le concours d'entrée à la police). L'ancien Prosper, pub étudiant toujours propriété du Petit Prince de La Nuit, se transforme en club gay et décroche la timbale du meilleur club de l'année. Le Dark's n'est pas seulement un beau lieu. C'est le lieu où tout peut arriver. Des VIP certifiés (Guy Darmet, Èric Cantona, Philippe Chavent, Reine Claude et d'autres que je ne "outerais" pas), suceurs-baveurs, petites frappes péteuses et femmes vavavoum se tassent dans le sas d'entrée pour "une bonne soirée, Mesdames, Messieurs". Lorsque le dj-résident (Si... quelque chose) sera remercié pour "programmation musicale d'une tristesse inqualifiable" et les marches glissantes qui mènent à la backroom, sécurisées, Lyon sera doté de son Queen fiévreux (période early 90's). Bravo et merci. Dans un style beaucoup plus "authentique", Le Medley se qualifie pour une année 2002 qui sentira encore plus la décontraction naphtalinée et le gay-sex faible. Enfin, La Marquise garantit toujours une programmation musicale irréprochable même si le groove s'entête dans le monocorde "jazzy-soul-jungle". à quand des djs un peu plus dérangeant pour le bar ?

Zee People. Cette "femme" devrait être invitée à tous les pinces-fesses de la ville. Histoire de les ouvrir un peu (les fesses) et déraidir ainsi les gloutonneries. Reine Claude, agile-tateuse de feu Le Village, investit régulièrement Le Cap Opéra, le Dark's ou les afters du Box Office à coup de fioles de poppers et demi-litro de bière. Une Patsy "fabulous" et ultime. L'anti-drag-queen. La vraie débauchée avec sa cour de minets. La Lyonnaise de l'année. Accompagnée de Carla (l'amour compromis), Gaelle Communal et Jérôme d'Art Canut (le duo à dénuder collé-froppé sur une pleine page "mode" glacée) et de tous ceux qui ont fait Nuits Mobiles cette année, les fêtes tourneraient certainement à l'électro-choc réjouissant et inoubliable. Merci d'amour à Claire, Z2, Christophe Boum et Primabella, Laconque, Chatte Rouge, Anne-Lise de On Stage Production, Guillaume, Mon Épouse, Florence, Julien-Justin, Yann, Dj Arnie, Super Pénélope et Julien Micro P., Le Guilloux NDC, Marie-Êve, François MyTV, Patrick, 3 mai, Lynx, Patrice Béghain, Mireille et Jean-Luc au VertuBleu, Alex et Karim pour Technikart, Fred et Pierre-Le-Magnifique, Geneviève B., Françoise Rey, Cricri, Fred De B., Antoine de Lady Soul, Jean-Albert, Tornon et à toutes mes excitations du soir.

Famous Bass'tard. Parce que fédérateur d'un monde parallèle hyperréaliste ; parce que ses tenanciers y ont lâché toute l'humanité qui déborde de leur corps ; parce que, hélas, proche de la fin de partie, j'aime le VertuBleu. Un marquage saignant de notre mémoire au fer bleu. Un comptoir urbain comme rare il en existe à Lyon. Après, on verrait bien le Modern Bar de Babby (rue Thomassin, quartier République) devenir la niche de cette nouvelle mode parisienne du "n'importe quoi dans une ambiance Formica" qui nique la peau lisse du bar-à-concept surdécoré. Il pourrait être rejoint par le kitch gay d'un Banal Café et des déjà célébrées Buvette du Pont Wilson ou La Passagère. Mon foie félicite d'avoir tenu l'année au doux Comptoir Sainte-Hélène, dans le regard attentif de Kamel au Mushi-Mushi, au Bar de La Tour Rose à rouler des joints, sur les marches estivales du Cap Opéra et soutenu par des dînettes au Mi Mots Arts, Koutoubia et Chez Carlo. Fermez les paupières.

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INSTINCT NOCTURNE

Écrit par Baptiste Jacquet
a été publié sous l'appellation
"Nuits Mobiles" jusqu'au
22 nov. 06 dans l'hebdomadaire

 

 

 

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