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INSTINCT NOCTURNE
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Écrit
par Baptiste Jacquet |
a été publié sous l'appellation
"Nuits Mobiles" jusqu'au
22 nov. 06 dans l'hebdomadaire
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MERCREDI 01 SEPTEMBRE 1999 _ #048
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Radio
Corbeau bronzé
"T'es noire ! Tu as fait quoi ?"
Pas une terrasse de Lyon où la susdite formule de rentrée
ne nous plonge dans la contemplation d'une peau plus grillée
que la sienne ("Connasse ! T'as la peau mate et en plus
tu plonges dans un bac d'huile de monoï avant de t'endormir
sur le grill béton de La Grande-Motte", s'entêtent
certaines) ou dans le circuit saharien guère passionnant
d'un urbain boutonneux. D'autres jouent les informateurs de nos
prochaines nuits tels des papillons ayant trop pris la lumière
et à l'affût de nouveaux lieux obscurs et festifs.
Mauvaise nouvelle, La Divine Comédie s'est vu fermer
sa backroom par les services de sécurité préfectoraux
et tous ses fans courent dans le noir de la basilique pour faire
brûler des cierges en priant pour un retour à la normale.
Comme si cela ne suffisait pas, le Brick System (sex-club
gay) reste toujours rideau fermé depuis juillet suite à
des normes de sexualité pardon de sécurité,
non conformes. On finit par croire que cette vieille cancéreuse,
madame Morale, revient dans nos cercles "démocrates".
Du côté des plus sages, il y a de la tambouille du
côté du Fish. Dès juillet, la rumeur
faisait dire : "Un des associés du 115 rachète
La Station avec le groupe Chabert (Oxxo, Fish)." Manoeuvre
apparemment conclue. En août, un nouveau bruit de bétonneuse
fait le tour de la ville mais du côté du quai Saint-Vincent
: "Chabert a racheté la vieille station-service sur
le quai et va y construire un Fish sur terre." On recoupe
ce même ragot avec les dires du bon tuyauteur : "Ils
vont s'installer là-bas avec la même cible (les boutiquiers,
NDLR) et recentrer ce qui reste encore le Fish sur les étudiants."
Délire collectif ? À voir. Du côté de
feu B'52 et feu follet Guest, le Stardust devrait
tenter de larguer les étudiants pour essayer de capter les
kid-clubbers avec The Fridge. L'ouverture semble imminente
et espérons que l'axe house-techno dessiné ne finisse
pas en gaufrage malheureux et suspect comme cela fut le cas pour
le Guest (fermé après un mois d'exploitation).
Restent toutes nos discos habituelles (La Marquise, L'Ambassade,
Le Monde à L'envers, Le Space) et les bars
courageux (Escalier, Funambule, Kafé Myzik,
VertuBleu) sur qui nous comptons pour nous amuser (voire
me donner matières heureuses pour cette rubrique.)
On
sort ses cahiers et on note. Jeudi, la Disco Fever prend La
Cour (4, rue Mulet) et les zolies filles montreront leur teint halé
en robe blanche : "C'est plus flashy avec la lumière
noire et ça fait ressortir la couleur de tes yeux sûr."
Vendredi, après un apéro au très fréquentable
Funambule (29, rue de l'Arbre-Sec), une visite au Village-Club (6,
rue Violi) se fera avant minuit : Caroline "c'est la ouate"
Loeb y chantera ses plus gros succès. Ce n'est pas très
compliqué, elle n'a fait qu'un tube mais quel tube. En espérant
voir mieux, c'est-à-dire la reine Corinne Charby, le déplacement
vaut son sac de Coton-Tige et de bon esprit. Samedi, le Titan invente
la King's Party (le nom existe déjà à Paris
mais ce n'est pas grave) et reçoit le brillant Charles Schillings.
Du côté du Space, on joue à la Fetish Party
et le dress-code impose cuir & SM. À voir.
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MERCREDI 08 SEPTEMBRE 1999 _ #049
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Le
bal des casse-couilles
"La musique est à chier mais
il va y avoir Caroline Loeb", se réjouit
Frédérique. Vendredi au Village-club,
ce n'est guère la folie. Le Lyon-Gay panse ses coups de soleil
et la foule se cache. Que dire du show, mi-sketches pro-homo, mi-chansonnettes
creuses de la ravissante Caroline ? Que, parfois, le bonheur éphémère
d'un tubesque C'est la wouate suffit et que les petits ou
grands retours ne valent pas souvent le détour. "De
toutes les matières, c'est l'éphémère
que je préfère", pourrait fredonner la Loeb
sur ce beat minimal et lancinant qui n'a pas vieilli d'une seconde
: tougue-chtoque, tougue-chtoque... Pour le reste de la soirée,
rien de nouveau chez les gays. "Je ne supporte plus. Demain,
on va àl'Ambassade", s'évapore
Christian. Effectivement, si les homos passent pour des avant-gardistes,
ce n'est, musicalement dansant, ni au Village-Club et encore
moins à l'United Café que l'on peut croiser
certains de ces spécimens tant loués. Un dj "hétéro"
m'expliquait, en buvant une tasse de café : "Je ne
comprends pas. Au début, la house et le garage, c'était
tout de même un truc à pédés. Lorsque
tu disais à un Américain que tu écoutais cette
musique, il te demandait si tu étais gay. Aujourd'hui, tu
vas dans n'importe quelle boîte homo et tu entends de la merde,
des trucs qu'ils passent surNRJ et que tout
le monde achète en CD 2 titres. Pourtant, la house et surtout
le garage sont des musiques chaudes, groovy, à fond dans
le trip gay sensible et sexuel." Au lieu de ça,
ils ne trouvent rien de mieux que de jouer de la hardhouse sévère
et monotone lorsque ce n'est pas un délire trancy tel un
Richelieu à la pointe de la trend britonne.
Oui, la trance, cette techno pseudo-mystique prétendument
envoûtante, revient. Enfin, la trance revient d'Ibiza-édition
1999 soit d'Angleterre (l'île nightclubbeuse espagnole étant
devenue depuis 5 ans le pèlerinage de toute la jeunesse anglaise).
Le Village s'est transformé en mini-rave en transe et n'y
a rien gagné en convivialité. Pourvu que ce type de
nuit s'éclipse.
Moove
your body, my baby. La vraie rentrée
débute ce week-end. Jeudi, le Ninkasi fait péter les
bouchons de sa bière locale pour son deuxième anniversaire.
Au menu du soir, les Gueules de Bois joueront du "trash-guinguette"
dès 21h. On devrait beaucoup y rire. Le lendemain, vendredi,
toujours dans la brasserie de Gerland, Namas Pamos donne dans la
world music. Les Allemands embarquent sur La Marquise : Black Forest
Beats 99 et Dj Tante Tilly tiendront la barre haute, tout en trip-hop
latino et house upliftin'. Au Fish, nous saurons enfin si Julie
et Jean-Albert de Ma Vie est un nightclub ont bronzé
intégral lors de la Décade U.V No4. Un peu plus loin,
Woodstower fait son festival à la Tour-de-Salvagny avec le
reggae de Mad Jimitys, les percus de Dekkal et le raï de Kum.
Ça continue le samedi avec Shaman, Sueno Latino, La Familia
et Bahia Batukada. S'il fait beau, le dépaysement sera garanti.
Prise de température au 04 78 48 86 18. Au Tunnel, Filtred
House avec dj Love et D-troy. On chute mardi au All Sports Café
qui sort son dernier Barbecue sur la terrasse.
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MERCREDI 15 SEPTEMBRE 1999 _ #050
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Une
bite en photo ne vaut pas une bite en main
Semaine tanière où je découvre le premier volet
du Rude Awakening sur Canal Jimmy (dimanche - 22h), nouvelle
série fortement inspirée de l'insurpassable et grandiose
Absolutly Fabulous. Les aventures alcooliques d'une jeune
Américaine jouant, dans le désordre, à Promotion
canapé, réunion chez les Alcooliques anonymes,
garde à vue tentée par des lesbiennes et on en passe
et des moins bonnes. Tout repose sur le dialogue ("J'ai
sucé ce mec !?? Merde, merde, merde") et les scènes
en situation endorment vite. Plus tard dans le noir, j'expérimente
le chatting (équivalent des réseaux cul sur
le Net) sur yahoo.fr.
On s'en ennuie vite dans ce listing global où un jeune puceau
des Yvelines cherche à savoir si Mélanie de Bordeaux
est "bien roulée". Je clique rapidement
sur citegay.com
où ces messieurs y vont à coups de "t'as pics
(photos, NDLR) à m'envoyer ? Mon mail, c'est je_suce@xxx.com".
Plus loin, un internaute s'énerve : "Bon, une bite
en photo ne vaut pas une bite en main." Il est 3h du matin
et l'on sent la toile mondiale frémir sous la frustration
sexuelle, voire affective.
Soigne ta forme. Jeudi, l'Escalier (rue
de la Platière) mène le bal de Salut les Copains.
Autant dire la soirée de la semaine dans le genre "rires-convivialité
et tous sur les tables". On devrait même y apercevoir
la douce Agnès V. de Lyon cap'. Vendredi, il faudra faire
son choix entre l'épreuve live de Terranova à La Marquise
dont l'album en sortie manifeste un goût prononcé pour
un trip-hop vocal de haut vol et le set de Carl Cox au Fish, élu
meilleur dj du monde (il y a dix ans au moins) et qui reste une
curiosité à voir, sorte de dinosaure capable du pire
comme du meilleur. Souvent du pire ces derniers temps, on espère
le meilleur.
Techno
Parade en surstock. La débauche de bpm et de milliers
de kids prend d'assaut Paris ce samedi dès 14h, place de
la République. Un défilé attendu comme très
"techno-trance" orienté. Mais pas seulement. On
pourra découvrir les chars des F.Com, du Fuse de Bruxelles
(l'excellent Bertrand n'est hélas pas annoncé), de
L'An-fer/Choice de Dijon (le petit Dima deviendra grand), du label
Pschent, etc. etc. Suivra dans la nuit une overdose de soirées
à ne plus savoir où donner des pieds : Magic Garden
à Bercy avec The End Sound System, Orbital, Terry Francis,
Goldie, Randall... Futuria 99 au Zénith avec Carl Cox, Jeff
Mills, Phunky Data et tous ceux avec qui on peut aisément
se passer de danser. Paradise Garage au Bataclan avec Patrick Vidal,
André et plus. Gaïa avec Elisa, Volta, Kraft, Tonio
et tout plein de trance... Et une vague d'électronique sound
dans les Queen, Batofar et consorts. Ré-actline sur le 08
36 68 94 94 et Matthieu des Voyages 4A pour le transport "pas
cher, pas cher : 290 boules, une misère" au 04 72 07
45 45.
Vous
en voulez encore ? Mercredi, L'United Café, toujours
à la pointe d'idées qui font rire, invite les G-friendly
et gays tout court à sa Nuit du Pyjama. Vendredi, le Space
promet de l'Erotisch avec D-troy. À vérifier. Le Kamin
Club (15, rue Royale, 1er) tabasse en hard-house avec le Tribulus
des dj Djanix, Hemp et Sanou. Samedi, le Titan se fait remarquer
avec l'élection de miss Titan nue 2000. Verra-t-on les prétendantes
en T-shirts mouillés ou les spectateurs en mouiller ?
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MERCREDI 22 SEPTEMBRE 1999 _ #051
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Une
party de fêtes
Si
en anglais "party" signifie "fête", en
français, il cache sous ses multiples flyers un vague "soirée".
Une "Jungle Party" sonne mieux qu'une "Jungle fête"
et surtout permet à ses initiateurs de ne pas faire de publicité
mensongère : une party ne garantit pas la fête qui
donne le sourire et s'imprègne à jamais dans une case
cérébrale. Passé cette terminologie fumeuse,
cette semaine passée aura été une vraie semaine
de "fêtes". Mardi, nous vernissons l'expo de Bob
& Bob (le voisin de page) au VertuBleu
où François s'impatiente de retrouver ses jumeaux
Paul et Gabin : "On les aime tellement que l'on les lécherait sans
arrêt, comme une glace." Plus tard, nous dînons
au Mon Manège à Moi (rue Neuve) et Jean-René
m'offre un magnum de Saint-Joseph pour fêter ma nouvelle année,
dernière ligne droite avant la trentaine. La clôture
se fait au Funambule en jouant à s'endormir avec des animaux en plastique gonflables.
Jeudi, retour au VertuBleu pour une prise de calories mitonnées
avec classe par Mireille avant de filer à L'Escalier
en pré-délire de "Moi, je suis un mec à
filles un joujou extra, qui fait crac-boum-hue... les filles tombent
à mes genoux" peu convaincant pour certains. Laurent
me tripote l'entrejambe comme jamais et je finis par fuir ce grand
succès pour aller inaugurer le Medley
(rue Childebert) où officie désormais Richelieu.
Mauvaise pioche. Plus tôt, La Station s'inaugure sous le sceau
du groupe Chabert (Fish, Oxxo). Nous n'y étions pas conviés mais n'avons
rien manqué aux dires des happy fews : "Peu
de monde et sans ambiance". Dès vendredi,
la Techno Parade débute au Gibus
parisien avec Greg Gauthier et la prestation de Barbara Tucker.
Tout est amusant dans la renaissance de cet ancien club de rock
où pseudo-caillera ("un mec qui a des tablettes de
chocolat comme ça ne sort pas de banlieue" selon
Julien), gay-Marais et faune bigarrée se perdent dans une nuit garage
sensible. Jean-Albert, en charmante compagnie, s'impatiente
d'un "manque de folie ce soir" tout en appréciant
la série Masters At Work
du Gauthier. Le lendemain réunit 300 000 danseurs sur le
trajet des 32 chars de la parade. Nous rejoignons le bouquet final
à Reuilly où l'on s'émerveille de pouvoir flirter
avec trente dancefloors jusqu'au début de la nuit : des très
masculins et looks austères de la zone trance-techno au groovy
over-lookés des scènes teck-house, nous scotchons
sur le terre-plein du char We are All Primitive avant de
finir sur celui de Prozak sentant le soufre de la caillera
(au final, 47 interpellations suite à des agressions sur
les "paradeurs". Sinistre). Pour récupérer
une nuit à taille humaine, nous finissons au Folies
Pigalle pour une Paradise Garage
surchauffée mais lâchant son ultime énergie
qu'en fin de nuit, moment auquel plus aucune force nous permet de
rejoindre le Batofar
et son très hype after.
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MERCREDI 29 SEPTEMBRE 1999 _ #052
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J'ai
transformé l'eau en champagne
Après s'être recueilli sagement au Club VIP de la soirée
de pré-inauguration du Fridge (ex-B52-Stardust) où
un habitué de ces petites convocations pour happy fews se
statufie d'un "ils n'ont pas sorti le Bottin mondain. Pour
preuve, il n'y a même pas Haffner", nous partons sur
la pointe des pieds nous achever sur la jungle métallique
et aérienne de Volta à La Marquise. Mariska
réserve son énergie pour son grand anniversaire du
lendemain tandis qu'Ingrid, nouvelle déesse du bar, ne lâchera
aucune coupe de champagne à l'il. Je tente avec succès
l'échange standard eau contre bulle jaune sous le regard
amusé d'une nymphe au teint pur et clair. Le lendemain nous
ramène au Fridge où l'on croise Alexandre et
Richard Borg, ce dernier venant de retapisser le couloir
du club d'un blanc virginal et glacé. La nouvelle disco fait
le plein de jeunes clubs-babes et de "non, je ne sors plus.
À Lyon, c'est trop naze" qui viennent tester la fréquentabilité
du lieu. Nous nous énervons vite contre ce triste MC Dave
("Qu'ont-ils à vouloir encore mettre un type qui
braille pour te faire danser ? C'est trop ringue", se réchauffe
une Mona Lisa contemporaine) et l'on agite sa montre sous
le set binaire et hardbag du dj anglais Antoine. À
six dans une Micra, nous râlons de déception
et mademoiselle J. temporise avec grand sourire : "Écoutez.
Je trouve que pour Lyon, ce n'est pas mal. Arrêtez de faire
les difficiles." Tous filent à L'Ambassade
après m'avoir lâché au QG de La Marquise.
La Compagnie Decouflé fait une descente et Stéphane
en vient à constater que Lyon est très people
en ce moment : "Hier, Delarue au Fridge et ce soir, 'et
hop' monsieur Gerflor" (sans compter Noah à
L'Ambassade dans la semaine). Toute la terrasse s'embrase de tendresse
rarement vue dans le club où Alex galoche amicalement
Géraldine et le bel Étienne aimerait
faire son cinq-à-six ("une fille par soir, cette
semaine. Il ne faut pas terminer sur un échec").
En sous-marin, Mariska scintille sous les flashs des jetables à
coup de cucaracha au mètre. Joyeuse fête.
This
is the rythm of the nite oh, oui. Mercredi, le Kafé Myzik
secoue les enceintes du Listen We Play des Polo, Nokman et Emmanuel
Desestré. Jeudi, la mode et ses mannequins défilent
à L'Ambassade avec le styliste Pluto qui ferme boutique pour
rejoindre New York et à la Cour avec la house de Rocco, Capone
et Love. Vendredi, Deep & Rough au Kamin Club avec Larsen, Ulrich
et Lem pendant que le Fridge entamera sa vitesse de croisière
avec D-troy. Samedi, les technophiles prennent le chemin de la Tribal
Vibre avec Greg, Dan, Yellow, Gaston et plus au 3672*1999 933#.
Dimanche, le thé se prend avec les Confesses d'Élise
à l'Étoile Royale dès 17h (17, rue Royale)
et l'excitant du soir au Factory du Fridge avec Manoo et Rocco.
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MERCREDI 06 OCTOBRE 1999 _ #053
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Cha
Cha Cha d'amour
Mercredi,
nous nous plantons sous la toile de terrasse du VertuBleu.
Je passe pour un incompris en déplorant le retour des 4x4
dans nos rues : symbole du capitalisme et sa recherche idiote de
pouvoir, de hauteur, résultat d'un maigre amas de biftons
s'éloignant du sol (circa les gratte-ciel d'une world company).
Plus tu es haut, plus tu penses dominer. On s'échappe au
Funambule où le flow hip-hop remplit le bar d'une
agitation adolescente. En compagnie d'Alice et Christophe
nous nous regardons le nombril journaleux et s'évadons vers
les notions de cultures rock, pop et house un peu plus intellecto-amusantes.
jeudi,
tournicote Dean Martin dans minidisc, histoire de se rafraîchir
le positif avec de vieux standards des années 50. Julien
m'intronise chevalier de la trend sur le portable : "T'es
dans le coup mon gars. J'ai lu dans Sleazenation que Brian
Ferry doit sortir un album de reprises des 50". Je
finis par m'endormir avec la parfaite merveille de Peace Orchestra
du Peter Krüder (sans Dorfmeister). Comment un tel génie
trip-hop n'accède-t-il pas à la consécration
généralisée d'un Portishead ou Massive
Attack ? Allez comprendre. vendredi
recopie le Funambule (rue de l'Arbre-Sec) en état
de pré-sacrement comme bar le plus bougeotte de cette rentrée.
Teddy & Pioux allument d'une house roots toute une faune de
"vieux" clubbers et gentils étudiants ne rimant
pas trop avec chiant. Sous peu, les murs du bar devraient être
fortement comprimés. samedi,
Maud s'invite au Village-Club (rue Violi) à
peine effleurée par une nuit intense. "Tu parles
toujours de ma soeur mais jamais de moi dans tes chroniques",
chaloupe-t-elle collée à mon torse. Nous fêtons
l'anniversaire d'Arnie à coup de Get-Perrier et narguons
quelques "pintades" affirmées ou indécises.
"Je t'en prie. Ne fais pas ça. C'est trop",
supplie un gentilhomme à son comparse souhaitant lui offrir
un deuxième verre. "Fais péter ta carte bleue
et n'en parlons plus", lui soumet-on pour en finir. Dans
un dernier soubresaut, nous traînons des pieds sur le mauvais
tube de la saison, le Bob Marley versus Funkstardeluxe
: Sun is Shining.
La
vie aux plans. Mercredi, les Nouveaux Jardins Éphémères
vernissent La Ville au Centre Sportif d'Alcatel Câble (198
av. Jean-Jaurès, 7e) à partir de 18h avec les uvres
d'Éric Barray, Bernardo Gandolfo et plus au 04 78 72 37 09.
Ceux qui louperaient le coche iront déambuler à l'expo
photo de Damien Gamard chez Marquis (rue Terme) où celle
de notre Bruno Amsellem au Kafé Myzik. Jeudi, In The Navy
au Fish pendant que dj dj Cuccino, résident au Café
del Mar (Ibiza), rafraîchit l'atmosphère à L'Ambassade.
Vendredi, la Salsation de la Marquise tripote nos sens latins avec
JP. Plus binaire sera le Double Beat du Monde à l'envers
avec Rykk's et Agoria. Samedi, Wake Up dégivre le Fridge
avec Sophie et D-Troy pendant que d'autres tenteront la free party
Alternative System au 36721 66666688.
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MERCREDI 13 OCTOBRE 1999 _ #054
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La
nuit, la télé est stérile
Mercredi,
nous roupillons au Café des Négociants sur
le direct de Michel Field et son pot-pourri indigeste. Au
menu de Prise Directe, "La mauvaise bouffe".
Je m'éloigne de la guerre stérile et populiste des
"nous sommes de gentils paysans, goûtez nos produits"
contre ces méchants de "Mc Donald qui ne servent
que de la merde". Les médias adorent simplifier
et jouer du folklore d'un agriculteur local aux joues rouges en
pleine santé contre un Américain impérieux
et aseptisé. Facile. J'observe le chef du grand café
en plein live de bonne tenue de son établissement : signes
répétés aux serveurs pour ôter tout verre
vide qui ferait désordre si une caméra passait par
le comptoir, renvoi de toute personne essayant de se faufiler par
la porte de la rue Grenette, bref une merveille de gestionnaire.
Sous les projecteurs, quelques brebis "Monsieur Tout-le-Monde"
vaguement observées par des tablées de Lyonnais bien
comme on les voit dans nos clichés : forcément bourgeois
voire de purs anciens gones retraités de chez Rhodia
(le spencer beige, cheveux blancs couverts d'un gavroche à
damier). En retour, je croise un jeune Beur oullinois égaré
qui me questionne à chaque pas : "Dis, c'est long
les quais du Rhône ?" Agréable promenade nocturne
où deux anonymes usés par la nuit échangent
des banalités somnolentes.
Simple
mélodie dans un corps en folie. Mercredi, La Marquise
joue le flow d'On The Beat avec les hip-hopants Duke et Pone alors
que les NB Snd Sys. de Slider et Mc Shane complétés
de Rudy Jacob jouent reggae au Rage In The Dancehall du Funambule.
Jeudi, la voiture sera nécessaire pour rejoindre à
Villefranche La Luna. Elliot le Furet, Yellow et Dan y boombasseront
vos neurones electro. Rue Terme pour les piétons exotiques,
Le 2P + C lancent ces 3J chinois. Bonnes affaires dans toute la
maison. Samedi annonce du beau monde aux platines : celles de La
Marquise avec Kyoto Jazz Massive, Reiner Truby et dj Yellow pour
un melting sound bossa-electronica hautement festif et celles du
Fridge avec un dj Freddy de plus en plus efficace et Perfect. Perdu
dans la nature, Jumping Bass fête son deuxième anniversaire
avec un déluge de djs dont Jeff Tal, Tom Parris, got-x et
plus au 36 72 16 10 1999.
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MERCREDI 20 OCTOBRE 1999 _ #055
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Je
veux que tu sois amoureux
Mercredi,
Le VertuBleu (rue Mercière) nous fait une fois de
plus partir dans le décor. Mireille déchique
le raisonnement "la vie n'est belle qu'heureuse et positive"
d'un "vous ne supportez plus la douleur. La douleur est
création Vous n'êtes que des bourgeois". Bob
(sans Bob) s'impose rapidement dans une échappée digne
de Sacré Graal : "Avec Jean-Luc, nous avons servi
7 564 cafés en une demi-heure. Nous nous faisions livrer
par des voiliers qui empruntaient le Rhône et portions nos
bouteilles à dos de chameaux." Nos échanges
tournent autour d'une vis sans fin que seule la fatigue arrête.
"Je veux que tu sois amoureux", m'enlace Mireille
sur l'au-revoir. Troublant. vendredi,
La Tour Rose (rue du Boeuf) arrose le Spécial Lyon
de Libération. Le côté pince-fesse du
cocktail finit par tourner au caresse-fesse pour l'élection
du cul le plus ferme des convives. Pour certains, il y a du travail
à faire (les élus étant hors concours et Pénélope,
trop décalée dans son rôle de caution "underground
culturel"). Le lendemain nous balade de La Marquise
(où Kyoto Jazz Massive débute son mix hispano-jazzy
encerclé de Japonaises trendies) au Fridge (hypnotisant
sa clientèle à coups de hardhouse en ligne droite).
Au point final, nous nous serrons dans la fournaise du Village-Club
enguirlandé de serpentins blancs. À son troisième
anniversaire, le club offre trois djs parisiens qui nous baladent
entre hardhouse racoleuse et purs instants d'extases. Didier
assomme mon week-end d'une longue tirade sur la loi de gravité
pédé : "Le minet là-bas, son intelligence
est inversement proportionnelle à la hauteur de ses platforms
shoes et je ne te parle pas de sa bibliothèque."
Fêtes
majeures. L'Escalier (rue de la Platière) et La Marquise
sont sur les rangs des deux soirées de la semaine : le premier
continue, jeudi, ses petites mensuelles où tout peut arriver.
Au programme : de l'étrange, du surnaturel, de l'ésotérisme
version Gilles et ses invités. Soit pour faire court pour
une soirée qui en dit long, du n'importe quoi purement jouissif.
Sur le quai Augagneur, samedi, ceux qui se rongent encore les dreadlocks
de ne pas avoir participé à l'embrasement du Pez Ner
avec Adam F, ne devront pas rater Alex Reece. Nous conseillons le
port d'un gilet de sauvetage dans l'hypothèse de secousses
junglisantes mettant en danger la stabilité fluviale du club.
Return
to disco. Mercredi, c'est nouveau et une visite de curiosité
s'impose au Studio Café (12, quai Saint-Vincent) et à
l'Élément (20, rue Saint-Georges). Jeudi, Jungle &
Drum'n Bass au Funambule avec Flore, Ranium et Nockman. Vendredi,
le Petit Paumé nous montrera que si son guide sert plus d'annuaire
que de guide pour nightclubbers exigeants, sa Nuit au Double Mixte
est chaleureusement fréquentable ne serait-ce que pour une
étude in vivo des nouveaux comportements festifs estudiantins
et danser sur l'Orchestre national de Barbès, Armand, Pacman,
Freddy ou Spider. Samedi, dj Freddy rempile au Fridge alors que
La Cour fête son premier anniversaire avec Cunny Williams,
auteur du tubesque fausse-house Saturday. Le lendemain, dimanche,
on ressort le champagne pour la Soirée des Professionnels
de la nuit et leurs amis. Viou, il va y avoir du beau linge.
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INSTINCT NOCTURNE
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Écrit
par Baptiste Jacquet |
a été publié sous l'appellation
"Nuits Mobiles" jusqu'au
22 nov. 06 dans l'hebdomadaire
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