INSTINCT NOCTURNE

Écrit par Baptiste Jacquet
a été publié sous l'appellation
"Nuits Mobiles" jusqu'au
22 nov. 06 dans l'hebdomadaire

 

MERCREDI 01 SEPTEMBRE 1999 _ #048

 

Radio Corbeau bronzé

"T'es noire ! Tu as fait quoi ?" Pas une terrasse de Lyon où la susdite formule de rentrée ne nous plonge dans la contemplation d'une peau plus grillée que la sienne ("Connasse ! T'as la peau mate et en plus tu plonges dans un bac d'huile de monoï avant de t'endormir sur le grill béton de La Grande-Motte", s'entêtent certaines) ou dans le circuit saharien guère passionnant d'un urbain boutonneux. D'autres jouent les informateurs de nos prochaines nuits tels des papillons ayant trop pris la lumière et à l'affût de nouveaux lieux obscurs et festifs. Mauvaise nouvelle, La Divine Comédie s'est vu fermer sa backroom par les services de sécurité préfectoraux et tous ses fans courent dans le noir de la basilique pour faire brûler des cierges en priant pour un retour à la normale. Comme si cela ne suffisait pas, le Brick System (sex-club gay) reste toujours rideau fermé depuis juillet suite à des normes de sexualité pardon de sécurité, non conformes. On finit par croire que cette vieille cancéreuse, madame Morale, revient dans nos cercles "démocrates". Du côté des plus sages, il y a de la tambouille du côté du Fish. Dès juillet, la rumeur faisait dire : "Un des associés du 115 rachète La Station avec le groupe Chabert (Oxxo, Fish)." Manoeuvre apparemment conclue. En août, un nouveau bruit de bétonneuse fait le tour de la ville mais du côté du quai Saint-Vincent : "Chabert a racheté la vieille station-service sur le quai et va y construire un Fish sur terre." On recoupe ce même ragot avec les dires du bon tuyauteur : "Ils vont s'installer là-bas avec la même cible (les boutiquiers, NDLR) et recentrer ce qui reste encore le Fish sur les étudiants." Délire collectif ? À voir. Du côté de feu B'52 et feu follet Guest, le Stardust devrait tenter de larguer les étudiants pour essayer de capter les kid-clubbers avec The Fridge. L'ouverture semble imminente et espérons que l'axe house-techno dessiné ne finisse pas en gaufrage malheureux et suspect comme cela fut le cas pour le Guest (fermé après un mois d'exploitation). Restent toutes nos discos habituelles (La Marquise, L'Ambassade, Le Monde à L'envers, Le Space) et les bars courageux (Escalier, Funambule, Kafé Myzik, VertuBleu) sur qui nous comptons pour nous amuser (voire me donner matières heureuses pour cette rubrique.)

On sort ses cahiers et on note. Jeudi, la Disco Fever prend La Cour (4, rue Mulet) et les zolies filles montreront leur teint halé en robe blanche : "C'est plus flashy avec la lumière noire et ça fait ressortir la couleur de tes yeux sûr." Vendredi, après un apéro au très fréquentable Funambule (29, rue de l'Arbre-Sec), une visite au Village-Club (6, rue Violi) se fera avant minuit : Caroline "c'est la ouate" Loeb y chantera ses plus gros succès. Ce n'est pas très compliqué, elle n'a fait qu'un tube mais quel tube. En espérant voir mieux, c'est-à-dire la reine Corinne Charby, le déplacement vaut son sac de Coton-Tige et de bon esprit. Samedi, le Titan invente la King's Party (le nom existe déjà à Paris mais ce n'est pas grave) et reçoit le brillant Charles Schillings. Du côté du Space, on joue à la Fetish Party et le dress-code impose cuir & SM. À voir.

 Haut de page 

MERCREDI 08 SEPTEMBRE 1999 _ #049

 

Le bal des casse-couilles

"La musique est à chier mais il va y avoir Caroline Loeb", se réjouit Frédérique. Vendredi au Village-club, ce n'est guère la folie. Le Lyon-Gay panse ses coups de soleil et la foule se cache. Que dire du show, mi-sketches pro-homo, mi-chansonnettes creuses de la ravissante Caroline ? Que, parfois, le bonheur éphémère d'un tubesque C'est la wouate suffit et que les petits ou grands retours ne valent pas souvent le détour. "De toutes les matières, c'est l'éphémère que je préfère", pourrait fredonner la Loeb sur ce beat minimal et lancinant qui n'a pas vieilli d'une seconde : tougue-chtoque, tougue-chtoque... Pour le reste de la soirée, rien de nouveau chez les gays. "Je ne supporte plus. Demain, on va àl'Ambassade", s'évapore Christian. Effectivement, si les homos passent pour des avant-gardistes, ce n'est, musicalement dansant, ni au Village-Club et encore moins à l'United Café que l'on peut croiser certains de ces spécimens tant loués. Un dj "hétéro" m'expliquait, en buvant une tasse de café : "Je ne comprends pas. Au début, la house et le garage, c'était tout de même un truc à pédés. Lorsque tu disais à un Américain que tu écoutais cette musique, il te demandait si tu étais gay. Aujourd'hui, tu vas dans n'importe quelle boîte homo et tu entends de la merde, des trucs qu'ils passent surNRJ et que tout le monde achète en CD 2 titres. Pourtant, la house et surtout le garage sont des musiques chaudes, groovy, à fond dans le trip gay sensible et sexuel." Au lieu de ça, ils ne trouvent rien de mieux que de jouer de la hardhouse sévère et monotone lorsque ce n'est pas un délire trancy tel un Richelieu à la pointe de la trend britonne. Oui, la trance, cette techno pseudo-mystique prétendument envoûtante, revient. Enfin, la trance revient d'Ibiza-édition 1999 soit d'Angleterre (l'île nightclubbeuse espagnole étant devenue depuis 5 ans le pèlerinage de toute la jeunesse anglaise). Le Village s'est transformé en mini-rave en transe et n'y a rien gagné en convivialité. Pourvu que ce type de nuit s'éclipse.

Moove your body, my baby. La vraie rentrée débute ce week-end. Jeudi, le Ninkasi fait péter les bouchons de sa bière locale pour son deuxième anniversaire. Au menu du soir, les Gueules de Bois joueront du "trash-guinguette" dès 21h. On devrait beaucoup y rire. Le lendemain, vendredi, toujours dans la brasserie de Gerland, Namas Pamos donne dans la world music. Les Allemands embarquent sur La Marquise : Black Forest Beats 99 et Dj Tante Tilly tiendront la barre haute, tout en trip-hop latino et house upliftin'. Au Fish, nous saurons enfin si Julie et Jean-Albert de Ma Vie est un nightclub ont bronzé intégral lors de la Décade U.V No4. Un peu plus loin, Woodstower fait son festival à la Tour-de-Salvagny avec le reggae de Mad Jimitys, les percus de Dekkal et le raï de Kum. Ça continue le samedi avec Shaman, Sueno Latino, La Familia et Bahia Batukada. S'il fait beau, le dépaysement sera garanti. Prise de température au 04 78 48 86 18. Au Tunnel, Filtred House avec dj Love et D-troy. On chute mardi au All Sports Café qui sort son dernier Barbecue sur la terrasse.

 

 Haut de page 

MERCREDI 15 SEPTEMBRE 1999 _ #050

 

Une bite en photo ne vaut pas une bite en main

Semaine tanière où je découvre le premier volet du Rude Awakening sur Canal Jimmy (dimanche - 22h), nouvelle série fortement inspirée de l'insurpassable et grandiose Absolutly Fabulous. Les aventures alcooliques d'une jeune Américaine jouant, dans le désordre, à Promotion canapé, réunion chez les Alcooliques anonymes, garde à vue tentée par des lesbiennes et on en passe et des moins bonnes. Tout repose sur le dialogue ("J'ai sucé ce mec !?? Merde, merde, merde") et les scènes en situation endorment vite. Plus tard dans le noir, j'expérimente le chatting (équivalent des réseaux cul sur le Net) sur yahoo.fr. On s'en ennuie vite dans ce listing global où un jeune puceau des Yvelines cherche à savoir si Mélanie de Bordeaux est "bien roulée". Je clique rapidement sur citegay.com où ces messieurs y vont à coups de "t'as pics (photos, NDLR) à m'envoyer ? Mon mail, c'est je_suce@xxx.com". Plus loin, un internaute s'énerve : "Bon, une bite en photo ne vaut pas une bite en main." Il est 3h du matin et l'on sent la toile mondiale frémir sous la frustration sexuelle, voire affective.

Soigne ta forme. Jeudi, l'Escalier (rue de la Platière) mène le bal de Salut les Copains. Autant dire la soirée de la semaine dans le genre "rires-convivialité et tous sur les tables". On devrait même y apercevoir la douce Agnès V. de Lyon cap'. Vendredi, il faudra faire son choix entre l'épreuve live de Terranova à La Marquise dont l'album en sortie manifeste un goût prononcé pour un trip-hop vocal de haut vol et le set de Carl Cox au Fish, élu meilleur dj du monde (il y a dix ans au moins) et qui reste une curiosité à voir, sorte de dinosaure capable du pire comme du meilleur. Souvent du pire ces derniers temps, on espère le meilleur.

Techno Parade en surstock. La débauche de bpm et de milliers de kids prend d'assaut Paris ce samedi dès 14h, place de la République. Un défilé attendu comme très "techno-trance" orienté. Mais pas seulement. On pourra découvrir les chars des F.Com, du Fuse de Bruxelles (l'excellent Bertrand n'est hélas pas annoncé), de L'An-fer/Choice de Dijon (le petit Dima deviendra grand), du label Pschent, etc. etc. Suivra dans la nuit une overdose de soirées à ne plus savoir où donner des pieds : Magic Garden à Bercy avec The End Sound System, Orbital, Terry Francis, Goldie, Randall... Futuria 99 au Zénith avec Carl Cox, Jeff Mills, Phunky Data et tous ceux avec qui on peut aisément se passer de danser. Paradise Garage au Bataclan avec Patrick Vidal, André et plus. Gaïa avec Elisa, Volta, Kraft, Tonio et tout plein de trance... Et une vague d'électronique sound dans les Queen, Batofar et consorts. Ré-actline sur le 08 36 68 94 94 et Matthieu des Voyages 4A pour le transport "pas cher, pas cher : 290 boules, une misère" au 04 72 07 45 45.

Vous en voulez encore ? Mercredi, L'United Café, toujours à la pointe d'idées qui font rire, invite les G-friendly et gays tout court à sa Nuit du Pyjama. Vendredi, le Space promet de l'Erotisch avec D-troy. À vérifier. Le Kamin Club (15, rue Royale, 1er) tabasse en hard-house avec le Tribulus des dj Djanix, Hemp et Sanou. Samedi, le Titan se fait remarquer avec l'élection de miss Titan nue 2000. Verra-t-on les prétendantes en T-shirts mouillés ou les spectateurs en mouiller ?

 Haut de page 

MERCREDI 22 SEPTEMBRE 1999 _ #051

 

Une party de fêtes

Si en anglais "party" signifie "fête", en français, il cache sous ses multiples flyers un vague "soirée". Une "Jungle Party" sonne mieux qu'une "Jungle fête" et surtout permet à ses initiateurs de ne pas faire de publicité mensongère : une party ne garantit pas la fête qui donne le sourire et s'imprègne à jamais dans une case cérébrale. Passé cette terminologie fumeuse, cette semaine passée aura été une vraie semaine de "fêtes". Mardi, nous vernissons l'expo de Bob & Bob (le voisin de page) au VertuBleuFrançois s'impatiente de retrouver ses jumeaux Paul et Gabin : "On les aime tellement que l'on les lécherait sans arrêt, comme une glace." Plus tard, nous dînons au Mon Manège à Moi (rue Neuve) et Jean-René m'offre un magnum de Saint-Joseph pour fêter ma nouvelle année, dernière ligne droite avant la trentaine. La clôture se fait au Funambule en jouant à s'endormir avec des animaux en plastique gonflables. Jeudi, retour au VertuBleu pour une prise de calories mitonnées avec classe par Mireille avant de filer à L'Escalier en pré-délire de "Moi, je suis un mec à filles un joujou extra, qui fait crac-boum-hue... les filles tombent à mes genoux" peu convaincant pour certains. Laurent me tripote l'entrejambe comme jamais et je finis par fuir ce grand succès pour aller inaugurer le Medley (rue Childebert) où officie désormais Richelieu. Mauvaise pioche. Plus tôt, La Station s'inaugure sous le sceau du groupe Chabert (Fish, Oxxo). Nous n'y étions pas conviés mais n'avons rien manqué aux dires des happy fews : "Peu de monde et sans ambiance". Dès vendredi, la Techno Parade débute au Gibus parisien avec Greg Gauthier et la prestation de Barbara Tucker. Tout est amusant dans la renaissance de cet ancien club de rock où pseudo-caillera ("un mec qui a des tablettes de chocolat comme ça ne sort pas de banlieue" selon Julien), gay-Marais et faune bigarrée se perdent dans une nuit garage sensible. Jean-Albert, en charmante compagnie, s'impatiente d'un "manque de folie ce soir" tout en appréciant la série Masters At Work du Gauthier. Le lendemain réunit 300 000 danseurs sur le trajet des 32 chars de la parade. Nous rejoignons le bouquet final à Reuilly où l'on s'émerveille de pouvoir flirter avec trente dancefloors jusqu'au début de la nuit : des très masculins et looks austères de la zone trance-techno au groovy over-lookés des scènes teck-house, nous scotchons sur le terre-plein du char We are All Primitive avant de finir sur celui de Prozak sentant le soufre de la caillera (au final, 47 interpellations suite à des agressions sur les "paradeurs". Sinistre). Pour récupérer une nuit à taille humaine, nous finissons au Folies Pigalle pour une Paradise Garage surchauffée mais lâchant son ultime énergie qu'en fin de nuit, moment auquel plus aucune force nous permet de rejoindre le Batofar et son très hype after.

 Haut de page 

MERCREDI 29 SEPTEMBRE 1999 _ #052

 

J'ai transformé l'eau en champagne

Après s'être recueilli sagement au Club VIP de la soirée de pré-inauguration du Fridge (ex-B52-Stardust) où un habitué de ces petites convocations pour happy fews se statufie d'un "ils n'ont pas sorti le Bottin mondain. Pour preuve, il n'y a même pas Haffner", nous partons sur la pointe des pieds nous achever sur la jungle métallique et aérienne de Volta à La Marquise. Mariska réserve son énergie pour son grand anniversaire du lendemain tandis qu'Ingrid, nouvelle déesse du bar, ne lâchera aucune coupe de champagne à l'il. Je tente avec succès l'échange standard eau contre bulle jaune sous le regard amusé d'une nymphe au teint pur et clair. Le lendemain nous ramène au Fridge où l'on croise Alexandre et Richard Borg, ce dernier venant de retapisser le couloir du club d'un blanc virginal et glacé. La nouvelle disco fait le plein de jeunes clubs-babes et de "non, je ne sors plus. À Lyon, c'est trop naze" qui viennent tester la fréquentabilité du lieu. Nous nous énervons vite contre ce triste MC Dave ("Qu'ont-ils à vouloir encore mettre un type qui braille pour te faire danser ? C'est trop ringue", se réchauffe une Mona Lisa contemporaine) et l'on agite sa montre sous le set binaire et hardbag du dj anglais Antoine. À six dans une Micra, nous râlons de déception et mademoiselle J. temporise avec grand sourire : "Écoutez. Je trouve que pour Lyon, ce n'est pas mal. Arrêtez de faire les difficiles." Tous filent à L'Ambassade après m'avoir lâché au QG de La Marquise. La Compagnie Decouflé fait une descente et Stéphane en vient à constater que Lyon est très people en ce moment : "Hier, Delarue au Fridge et ce soir, 'et hop' monsieur Gerflor" (sans compter Noah à L'Ambassade dans la semaine). Toute la terrasse s'embrase de tendresse rarement vue dans le club où Alex galoche amicalement Géraldine et le bel Étienne aimerait faire son cinq-à-six ("une fille par soir, cette semaine. Il ne faut pas terminer sur un échec"). En sous-marin, Mariska scintille sous les flashs des jetables à coup de cucaracha au mètre. Joyeuse fête.

This is the rythm of the nite oh, oui. Mercredi, le Kafé Myzik secoue les enceintes du Listen We Play des Polo, Nokman et Emmanuel Desestré. Jeudi, la mode et ses mannequins défilent à L'Ambassade avec le styliste Pluto qui ferme boutique pour rejoindre New York et à la Cour avec la house de Rocco, Capone et Love. Vendredi, Deep & Rough au Kamin Club avec Larsen, Ulrich et Lem pendant que le Fridge entamera sa vitesse de croisière avec D-troy. Samedi, les technophiles prennent le chemin de la Tribal Vibre avec Greg, Dan, Yellow, Gaston et plus au 3672*1999 933#. Dimanche, le thé se prend avec les Confesses d'Élise à l'Étoile Royale dès 17h (17, rue Royale) et l'excitant du soir au Factory du Fridge avec Manoo et Rocco.

 Haut de page 

MERCREDI 06 OCTOBRE 1999 _ #053

 

Cha Cha Cha d'amour

Mercredi, nous nous plantons sous la toile de terrasse du VertuBleu. Je passe pour un incompris en déplorant le retour des 4x4 dans nos rues : symbole du capitalisme et sa recherche idiote de pouvoir, de hauteur, résultat d'un maigre amas de biftons s'éloignant du sol (circa les gratte-ciel d'une world company). Plus tu es haut, plus tu penses dominer. On s'échappe au Funambule où le flow hip-hop remplit le bar d'une agitation adolescente. En compagnie d'Alice et Christophe nous nous regardons le nombril journaleux et s'évadons vers les notions de cultures rock, pop et house un peu plus intellecto-amusantes. jeudi, tournicote Dean Martin dans minidisc, histoire de se rafraîchir le positif avec de vieux standards des années 50. Julien m'intronise chevalier de la trend sur le portable : "T'es dans le coup mon gars. J'ai lu dans Sleazenation que Brian Ferry doit sortir un album de reprises des 50". Je finis par m'endormir avec la parfaite merveille de Peace Orchestra du Peter Krüder (sans Dorfmeister). Comment un tel génie trip-hop n'accède-t-il pas à la consécration généralisée d'un Portishead ou Massive Attack ? Allez comprendre. vendredi recopie le Funambule (rue de l'Arbre-Sec) en état de pré-sacrement comme bar le plus bougeotte de cette rentrée. Teddy & Pioux allument d'une house roots toute une faune de "vieux" clubbers et gentils étudiants ne rimant pas trop avec chiant. Sous peu, les murs du bar devraient être fortement comprimés. samedi, Maud s'invite au Village-Club (rue Violi) à peine effleurée par une nuit intense. "Tu parles toujours de ma soeur mais jamais de moi dans tes chroniques", chaloupe-t-elle collée à mon torse. Nous fêtons l'anniversaire d'Arnie à coup de Get-Perrier et narguons quelques "pintades" affirmées ou indécises. "Je t'en prie. Ne fais pas ça. C'est trop", supplie un gentilhomme à son comparse souhaitant lui offrir un deuxième verre. "Fais péter ta carte bleue et n'en parlons plus", lui soumet-on pour en finir. Dans un dernier soubresaut, nous traînons des pieds sur le mauvais tube de la saison, le Bob Marley versus Funkstardeluxe : Sun is Shining.

La vie aux plans. Mercredi, les Nouveaux Jardins Éphémères vernissent La Ville au Centre Sportif d'Alcatel Câble (198 av. Jean-Jaurès, 7e) à partir de 18h avec les uvres d'Éric Barray, Bernardo Gandolfo et plus au 04 78 72 37 09. Ceux qui louperaient le coche iront déambuler à l'expo photo de Damien Gamard chez Marquis (rue Terme) où celle de notre Bruno Amsellem au Kafé Myzik. Jeudi, In The Navy au Fish pendant que dj dj Cuccino, résident au Café del Mar (Ibiza), rafraîchit l'atmosphère à L'Ambassade. Vendredi, la Salsation de la Marquise tripote nos sens latins avec JP. Plus binaire sera le Double Beat du Monde à l'envers avec Rykk's et Agoria. Samedi, Wake Up dégivre le Fridge avec Sophie et D-Troy pendant que d'autres tenteront la free party Alternative System au 36721 66666688.

 Haut de page 

MERCREDI 13 OCTOBRE 1999 _ #054

 

La nuit, la télé est stérile

Mercredi, nous roupillons au Café des Négociants sur le direct de Michel Field et son pot-pourri indigeste. Au menu de Prise Directe, "La mauvaise bouffe". Je m'éloigne de la guerre stérile et populiste des "nous sommes de gentils paysans, goûtez nos produits" contre ces méchants de "Mc Donald qui ne servent que de la merde". Les médias adorent simplifier et jouer du folklore d'un agriculteur local aux joues rouges en pleine santé contre un Américain impérieux et aseptisé. Facile. J'observe le chef du grand café en plein live de bonne tenue de son établissement : signes répétés aux serveurs pour ôter tout verre vide qui ferait désordre si une caméra passait par le comptoir, renvoi de toute personne essayant de se faufiler par la porte de la rue Grenette, bref une merveille de gestionnaire. Sous les projecteurs, quelques brebis "Monsieur Tout-le-Monde" vaguement observées par des tablées de Lyonnais bien comme on les voit dans nos clichés : forcément bourgeois voire de purs anciens gones retraités de chez Rhodia (le spencer beige, cheveux blancs couverts d'un gavroche à damier). En retour, je croise un jeune Beur oullinois égaré qui me questionne à chaque pas : "Dis, c'est long les quais du Rhône ?" Agréable promenade nocturne où deux anonymes usés par la nuit échangent des banalités somnolentes.

Simple mélodie dans un corps en folie. Mercredi, La Marquise joue le flow d'On The Beat avec les hip-hopants Duke et Pone alors que les NB Snd Sys. de Slider et Mc Shane complétés de Rudy Jacob jouent reggae au Rage In The Dancehall du Funambule. Jeudi, la voiture sera nécessaire pour rejoindre à Villefranche La Luna. Elliot le Furet, Yellow et Dan y boombasseront vos neurones electro. Rue Terme pour les piétons exotiques, Le 2P + C lancent ces 3J chinois. Bonnes affaires dans toute la maison. Samedi annonce du beau monde aux platines : celles de La Marquise avec Kyoto Jazz Massive, Reiner Truby et dj Yellow pour un melting sound bossa-electronica hautement festif et celles du Fridge avec un dj Freddy de plus en plus efficace et Perfect. Perdu dans la nature, Jumping Bass fête son deuxième anniversaire avec un déluge de djs dont Jeff Tal, Tom Parris, got-x et plus au 36 72 16 10 1999.

 Haut de page 

MERCREDI 20 OCTOBRE 1999 _ #055

 

Je veux que tu sois amoureux

Mercredi, Le VertuBleu (rue Mercière) nous fait une fois de plus partir dans le décor. Mireille déchique le raisonnement "la vie n'est belle qu'heureuse et positive" d'un "vous ne supportez plus la douleur. La douleur est création Vous n'êtes que des bourgeois". Bob (sans Bob) s'impose rapidement dans une échappée digne de Sacré Graal : "Avec Jean-Luc, nous avons servi 7 564 cafés en une demi-heure. Nous nous faisions livrer par des voiliers qui empruntaient le Rhône et portions nos bouteilles à dos de chameaux." Nos échanges tournent autour d'une vis sans fin que seule la fatigue arrête. "Je veux que tu sois amoureux", m'enlace Mireille sur l'au-revoir. Troublant. vendredi, La Tour Rose (rue du Boeuf) arrose le Spécial Lyon de Libération. Le côté pince-fesse du cocktail finit par tourner au caresse-fesse pour l'élection du cul le plus ferme des convives. Pour certains, il y a du travail à faire (les élus étant hors concours et Pénélope, trop décalée dans son rôle de caution "underground culturel"). Le lendemain nous balade de La Marquise (où Kyoto Jazz Massive débute son mix hispano-jazzy encerclé de Japonaises trendies) au Fridge (hypnotisant sa clientèle à coups de hardhouse en ligne droite). Au point final, nous nous serrons dans la fournaise du Village-Club enguirlandé de serpentins blancs. À son troisième anniversaire, le club offre trois djs parisiens qui nous baladent entre hardhouse racoleuse et purs instants d'extases. Didier assomme mon week-end d'une longue tirade sur la loi de gravité pédé : "Le minet là-bas, son intelligence est inversement proportionnelle à la hauteur de ses platforms shoes et je ne te parle pas de sa bibliothèque."

Fêtes majeures. L'Escalier (rue de la Platière) et La Marquise sont sur les rangs des deux soirées de la semaine : le premier continue, jeudi, ses petites mensuelles où tout peut arriver. Au programme : de l'étrange, du surnaturel, de l'ésotérisme version Gilles et ses invités. Soit pour faire court pour une soirée qui en dit long, du n'importe quoi purement jouissif. Sur le quai Augagneur, samedi, ceux qui se rongent encore les dreadlocks de ne pas avoir participé à l'embrasement du Pez Ner avec Adam F, ne devront pas rater Alex Reece. Nous conseillons le port d'un gilet de sauvetage dans l'hypothèse de secousses junglisantes mettant en danger la stabilité fluviale du club.

Return to disco. Mercredi, c'est nouveau et une visite de curiosité s'impose au Studio Café (12, quai Saint-Vincent) et à l'Élément (20, rue Saint-Georges). Jeudi, Jungle & Drum'n Bass au Funambule avec Flore, Ranium et Nockman. Vendredi, le Petit Paumé nous montrera que si son guide sert plus d'annuaire que de guide pour nightclubbers exigeants, sa Nuit au Double Mixte est chaleureusement fréquentable ne serait-ce que pour une étude in vivo des nouveaux comportements festifs estudiantins et danser sur l'Orchestre national de Barbès, Armand, Pacman, Freddy ou Spider. Samedi, dj Freddy rempile au Fridge alors que La Cour fête son premier anniversaire avec Cunny Williams, auteur du tubesque fausse-house Saturday. Le lendemain, dimanche, on ressort le champagne pour la Soirée des Professionnels de la nuit et leurs amis. Viou, il va y avoir du beau linge.

 Haut de page 

INSTINCT NOCTURNE

Écrit par Baptiste Jacquet
a été publié sous l'appellation
"Nuits Mobiles" jusqu'au
22 nov. 06 dans l'hebdomadaire

 

 

 

 Avant   Après 

 

style 1 style 2 print share --


 Home | Netexpress | Netexdirect | Do the B.party | Instinct Nocturne | Beadorama | Spinaround | Flashmob | B.Connections | Netevision | B.guide 
 Rush | Plan du site | Aide | Contact | Partenariats | Haut de page 

© Copyright WWW.BEADOA.ORG 2001-2008| Site emballé par  Au Bon Design