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INSTINCT NOCTURNE
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Écrit
par Baptiste Jacquet |
a été publié sous l'appellation
"Nuits Mobiles" jusqu'au
22 nov. 06 dans l'hebdomadaire
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MERCREDI 12 MAI 1999 _ #032
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T'es racé !
Prendre de la lumière en attendant
le week-end. Mardi, nous découvrons la terrasse du
Guilain (15, rue des Quatre-Chapeaux) où le patron
siamois, Guy, s'émerveille devant son chef-d'oeuvre
: "Cela faisait cinq ans que nous la demandions. Et puis,
j'en ai eu marre : J'ai fini par coucher." Il enfonce le
clou du délire : "Tu sais mon petit amour, je sais
super bien baiser." Nous finissons plus sérieusement
les olives avant de monter dîner au Petit Gadin (17,
rue d'Austerlitz) et se faire triturer les oreilles par une pouffiasse
attachée à son portable vibro-sonique. Nous essayons
de faire comprendre à cette impolie que nos amis les bêtes
de la télécommunication sont priées de rester
à l'entrée de ce charmant restaurant. Rien n'y fait.
Le lendemain, nous posons tels des modèles de cire jaune
anisette (forcément) au Moulin Joli. Mon regard fixe
un charmant éducateur nord-africain jusqu'à l'indécence.
Ma très courtisée voisine, A., en profite pour m'accompagner
dans cette drague impuissante (cher lecteur, si vous avez des astuces
pour conclure en terrasse, appelez-nous immédiatement). Vendredi,
après un repas au calvados chez dj Arnie, nous entourons
un colosse sexy à La Divine Comédie en lâchant
sur sa proie féminine tout ce qui peut encore chasser des
émotions sexuelles à 8h du matin. La manoeuvre échoue
rapidement et Stéphane chiale au gaillard : "Tu
sens le fauve. T'es franchement racé toi." Nous
nous éveillons quelques heures plus tard, attablés
à L'Escalier (rue de la Platière), à
disserter sur le brumeux thème : "'Bien vivre son
corps". On attend toujours une quelconque thèse.
Spotlights. Midweek
switch on. Deux jours de plus pour sortir. Dès mercredi,
Mad Jimitys régale le Kamin Club. Au Rail Théâtre,
on joue dans la même classe avec Oneness et Tribal System
pour une Roots Jamaican Reggae Night des juteux Carnavalsérail.
Le Ninkasi Smooze avec Kiftonfonk et Mo Jazz Beats en haut d'affiche.
Sur les quais, La Marquise fait son Chabada Goes Latin avec Philgood
et Spider. Un before est prévu au Café Cuba. Jeudi,
Tajmahal et Gill prennent d'assaut le House Of Music pour une Biologic
Evolution. Les Ninjas bousillent le Fish avec Herbaliser en live
et Roots Manuva. Recommandable. Au même moment, sur la péniche
voisine, une soirée semi-privée déconnante
: Méconnaissable.
Quelques invitations traînent encore dans la ville Le Monde
à L'envers carbure au Manu Le Malin, Torgull et Maniak lors
de l'Intimix Hard Sound. Vendredi, Impulsion "Higher"
electroïde le Fish. Samedi, Roussia revient acoquinée
du très fréquentable Arnie pour une tournée
par La Flambée et La Divine Comédie en after (ré-actline
: 04 78 23 60 63). Dimanche, L'Ambassade crashe le kitsh en compagnie
de Chez Colette.
Partir au loin.
Pour ceux qui veulent quitter nos fleuves, deux rendez-vous des
plus encourageant : jeudi, Le Rex Club à Paris reçoit
le Basement Jaxx Sound System. Bref, les deux floorbusters britons
du moment dont chacune des sessions vous pète les rotules
pour une semaine. Plus gros, plus près, plus fort, Atlantis
99 à Lausanne du 12 au 15 avec Paul Van Dyk, Derrick Carter,
Cevin Fisher, Mark Trade, Borgo, Jeff Mills, Carl Cox, Roger Sanchez,
The Advent, Tony Humphries, Goldie, Minus 8, François Kévorkian
On n'en peut plus.
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MERCREDI 19 MAI 1999 _ #033
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Le vert Camps vous va si bien
Dimanche 9,
perdus dans le jardin fruitier de Christel, nous faisons
griller nos synapses sous un doux soleil de mai. Je pars dans l'éternel
éloge de la lumière de ce mois en expliquant aux convives,
en pleine digestion d'un barbecue énorme, que la couleur
du ciel de mai habille merveilleusement les vallées et bois
vert bourgeonnant. Rien à voir avec ce ciel de plomb d'un
été graissé à l'huile de Monoï
ou cette mélancolie rougeoyante de son successeur d'octobre.
Tous tombent plus ou moins d'accord et nous partons rejoindre
Pilou dans son Mens de village. Ma mère d'adoption
me laisse parcourir son jardin familier et, l'heure du thé
captivant, m'exhibe la portée d'Aurélie, truie
cajolée de son amoureux René. Sur le chemin
sinueux du retour, je m'infecte les sens avec le pop-house The
Child d'Alex Gopher (Solid/V2) où le sample du
God Bless The Child de Billie Holiday se superpose
à ma rétine subjuguée par la beauté
des montagnes au soleil couchant. jeudi, re-truie à
La Marquise pour sa soirée Méconnaissable.
Confrontée à la Ninja Tunes fiesta de son voisin,
la péniche donne une soirée semi-privée des
plus amusantes et rares : se rendre méconnaissable soit en
parler clair, se travestir. Là, vrai-faux cycliste (Diégo),
plagiste aventurier (Olivier), paire de tueurs Orange
Mécanique ou pauvresse à perruque jaune d'oeuf
troublent les repères courants et hurlent leur libéralisation
de clubberploitation bien cadrée. Je me colle à
Fabien, décidément peu farouche, en embrassant
de mon groin de cochon un Guillaume très standard.
Le flotteur baisse rapidement sous le poids des maquillés
venant et la nuit essore au compte-gouttes notre soif de rire. Une
expérience à revivre. La fin de la semaine nous replonge
dans la campagne bourguignonne où le lent stroboscope nous
couvant éloigne bonnement nos corps des lights des clubs
lyonnais.
Spotlights. Don't
worry, don't panic. Mercredi, To Rococo Rot et Sensorband cybernétisent
le Pez Ner pour des bidouillages plus qu'engageants. Jeudi, Couleurs
électroniques (Max le sale gosse et Gaston) gratinent le
Monde à L'envers. Et l'on pleure une fois de plus sur les
flyers du club techno atteignant de semaine en semaine le summum
de la laideur. Vendredi, Lyn C et Nath se portent shampouineuses
itinérantes au Baramix puis à La Marquise pour la
Lady Panoplie mensuelle. Le fish présente la Fluid du Queen
avec David Maltese. Samedi, Le Monde à l'Envers change de
djs mais pas de place avec le E-voice crew des Chaton, Léo,
Yo et S-Blow.
Rions un peu.
Jeudi, L'Escalier (rue de la Platière) déjante avec
une soirée Sheila. En toute logique, tout Lyon Cap' s'y rend
en perruque nattée couleur queue de vache et sucette dans
la bouche. Samedi, dans un tout autre style, Mr Nu 99 touche Sheila
au Titan. Pardon, Mr Nu se touche tout seul devant Sheila au Titan.
À voir..
Légendaire.
Dimanche, le pionnier de l'acid house prend d'assaut le Fish. Roy
Davis Jr détériore les clôtures de style et
nous balance house, garage et hypersound dans les mollets. À
vous de juger sur place.
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MERCREDI 26 MAI 1999 _ #034
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Couché là
Mercredi,
nouvelle résidence apéritive au Guilain (rue
des Quatre-Chapeaux) où, en compagnie de Geneviève,
Guy nous donne des cours de sexologie orientale : "Tu
peux savoir la taille de la queue d'un mec rien qu'en regardant
la forme de sa main. Généralement, plus le mec a un
pouce long, plus son sexe est fort." Nous poussons faire
une brève halte au Modern Bar (rue Thomassin) où
Babby, son tenancier, fait couler le jaune sur un comptoir
animé. Jeudi, L'Escalier (rue de la Platière)
organise sa soirée Sheila. Le bar à
nains se retrouve ainsi inondé de photos de la star et de
tout ce que la ville compte de nuitards authentiques. Tous s'amusent
à tremper leur carotte dans la béarnaise, siphonner
du blanc et autres kiwiteux Spacer cocktails. Un fan m'explique
: "Je ne sors jamais, mais là, j'ai appelé
le fan-club de Marseille et son répondeur m'a indiqué
cette soirée." L'homme se trouve vite dépassé
par les éclats de rires et fredonnements spontanés
des tubes de notre tête à couettes sixties. Agnès
débloque après cinq breuvages : "Je vais monter
sur le comptoir et faire un strip-tease", allèche-t-elle
un François médusé. Geneviève
se frotte au toujours jeune et joli colosse Christophe alors
que Marie-Hélène me couve de yeux doux. Le
débordement de fêtards nous expulse sur le trottoir
où je croise le regard bleu lagon d'un Étienne
allumeur. Geneviève prédit justement : "Laisse
tomber, il a les fesses molles. Et à mon avis, il a l'air
plutôt asexué." Peut-être. Plus loin,
Barbara et Baïr hallucinent devant l'état
de débauche avancée des présumés fans
de cette "has been" : "J'y crois pas. En plus,
ils font une tombola. Bon, je vais boire." Le tirage des
billets gagnants venu, tous s'émerveillent devant les lots
attribués : un nain ici, une gourde en plastique au fond,
une poupée espagnole perdue sur un banc, des boucles d'oreilles
de Mamadou.... Rétamés, nous quittons ce rendez-vous
gracieux. Une vraie fête en compagnie des plus grands nightclubbers
locaux, ceux pour qui la dérision est un élément
directeur de la vie, nocturne en particulier.
Spotlights. Citizen
flames. Mercredi, le KKo fait sa Salsa hebdo avec Rucangola.
Jeudi, P. Moore, Lem et K-reem s'occupent des Couleurs Électroniques
du Monde à L'Envers pendant qu'Esteban amuse la Vodka Tagada
du Baramix.. Vendredi, après un petit tour au 2P + C (ex-Navire
Night), la remontée vers le Monde à L'envers se fera
avec Chaotik Ramses. Au même moment, Sugarman 3 fait surchauffer
La Marquise en rythmes funky et jazzy-soul. Le Pez Ner propose ce
qui devrait être le plan chaud de la semaine : Cuba Son System
avec Latin Jazz Experimental, Koutofla et D. Joss, Mingo, Sueno
Latino et nos sombreros virvoltants. Au Bateau Blanc, la house se
joue en Multiballe avec Keyfonk, Duff, Francesco and more (ré-actline
: 04 78 71 78 71). Samedi, Sun Frenchie's Co au Fish avec Dan Ghenacia
et Tom Parris. Le House Of Music devra sortir sa clim' avec les
percussionnistes et danseurs africains de Ongaï. Enfin, dimanche,
c'est la Factory mensuelle du Stardust avec Nemo et Esteban.
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MERCREDI 02 JUIN 1999 _ #035
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Burnin' Bangin' Sun
"Là on boit pour enterrer
nos partielles. C'est la dernière ligne droite avant les
vacances", éthylise Frédéric,
mardi dernier au Moulin Joli. Le mercure réchauffe
le tube des plus de 25 degrés et la grosse tendance des tongs
en plastiques et sabots ouverts en cuir s'expose en terrasse. Cette
mise en forme pré-estivale vient donner des idées
à nos établissements pour attirer un maximum de clients
et un gros rouleau de tickets de caisse. Le temps des nuits à
rallonge semble effectivement s'installer. Outre les apéros
du Fish (tous les jeudis), certains commencent à ventiler
leurs murs comme l'Art Com Studio qui nous annonce une Opération
Apéro'Mix vendredi prochain. La suite des beuveries de
fin de journée ne saurait tarder et l'on espère retrouver
celle qui égalera enfin feu Who's Next du New York
New York. Si dimanche matin, la Divine Comédie
ne désemplit toujours pas de kid-clubbers à
moitié dévêtus et toujours aussi sexuels et
souriants, le club va devoir faire face à deux rivaux potentiels
que sont le KKo (rue Thomassin) et Le Bateau Blanc
(quai Augagneur). Évidemment, vacances ou pas, sur ces trois
afters avancées, seuls deux au mieux pourront retenir la
nuit finie. Lyon n'est pas Paris et le public local des soirées
du dimanche ou des afters reste réduit et à l'attitude
assez solidaire : "Je vais là où il y a du
monde. Je ne veux pas me faire chier dans un club où trois
mecs se court après", synthétise une jeune
club-babe. La Divine Comédie n'a donc pas beaucoup
de soucis à se faire pour ses rendez-vous matinaux.
Spotlights. Shut
up and dance. Jeudi, Gus Weg Watergang reviennent non pas à
la Marquise mais ce coup-ci au Kafé Mysik. Ambiance ethno-rock
assurée. Les Nuits Grooves s'installent au pub 105 (105,
quai Pierre-Scize) en malaxant acid jazz, house et jungle. Au Monde
à L'envers, Agoria et Twins effleurent les Couleurs électroniques.
Le lendemain, vendredi, toujours rue Imbert-Colomès, c'est
Dwarf, Gill et Tajmahal qui se Rencontre Trance-Psyché. Du
côté de l'Ambassade, les illustres Canadiens de Dino
et Terry velouteront d'une quality-house les clubbers sensibles.
On y court. Samedi, Baiser japonais à Julie et Jean-Albert
de Ma Vie est un nightclub au Fish : Japanese Decade avec dj Esteban.
Dimanche, petit repas au Bistrot de La Pêcherie avec Uma au
service des Promenades Estivales (résa : 04 78 28 26 25).
La digestion se fera au 13e anniversaire du Navire night relooké
2P + C (rue Terme). Champagne !
Marrant Gay.
Vendredi, ouverture de la Fière semaine au FGL (17, rue Romarin)
avec un pré-aperçu du programme de la gay-pride. C'est
à 19h. Au même moment, pour les moins gay-militants,
apéro inaugural du Ibiza Café (angle rue Tables-Claudiennes
et rue Pouteau), nouveau disco-bar des PDX (pentes douces croix-roussiennes).
Masterplan.
Dans le cadre du festival des Musiques innovatrices de Saint-Étienne,
vendredi, à la galerie Le 9 bis, Toshimaru Nakamura, Sachiko
et Otomo Yoshihide expérimentent leurs triturages japonais
sur Stéphanois et limitrophes. Plus qu'intéressant.
(ré-actline : 04 77 32 53 28).
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MERCREDI 09 JUIN 1999 _ #036
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L'Odess'gay
Lundi 31,
nous rejoignons la galerie Olivier Houg (rue Jarente) pour
le défilé Quelque Chose de la clique Emilie,
Antoine, Stéphanie, Barbara et les autres.
L'entrée bouchonne de visionnaires métissés
et de quelques amis triés sur le volet. Notre placement effectué,
Maud et Mademoiselle J. viennent me narguer d'un superbe
: "Si tu parles de nous dans ton canard, nous te fusillons"
pendant que Brice, mondain devant les cieux, me casse
: "Pourquoi n'écrirais-je pas ta rubrique ? Je suis
sur les lieux qui comptent toujours une demi-heure avant toi."
Nous assistons à un défilé végétal
sur un mix techno-baroque de Luigi où les coiffures
épousent les robes telles des cordes un corps emprisonné.
On pousse l'admiration devant un modèle "Marchand
de plumes" en pleine lutte contre un symbolique bondage.
Le pseudo-cocktail suivant me permet de retrouver un Laurent,
toujours aussi excitant : "Oui, je suis toujours avec Cécile.
Ce n'est pas mon paravent comme tu le supposais jadis." Dommage.
Mardi, Arnaud m'explique qu'il fera la Gay Pride
de samedi prochain pour "montrer qu'il n'y a pas que des
pintades" cuites au sirop du milieu commercial et que le
débat sur le Pacs a révélé une bien
présente homophobie. Malgré tout, il est prévisible
que les homos habitués des réseaux téléphoniques-lieux
de drague en plein air et boîtes à baise, persuadés
ainsi d'être "hors milieu", materont à l'écart
du cortège ces so-called exubérants du "milieu".
D'où la motivation : "Allez à la Gay Pride.
Draguez sur les trottoirs mais pas dans la manifestation."
Vendredi, L'Ambassade invite Dino et Terry
pour un set house-garage discoïdal. Le club se repose
dans une ambiance pub jusqu'à 3h du matin et l'ambiance se
relève enfin. D'égarements tendres en tourbillons
sur la piste, de comatages sur banquettes dorées en cris
de jouissance de house lovers, la nuit nous achève et émerveille.
Spotlights. The
Sound Negociated. Mercredi, Goldfingers se défoule à
la Private de L'Ambassade en nappes de R'n'B et hip hop. Recommandable.
Le Fish joue Métissage avec pleins de djs (04 72 84 98 98).
Jeudi, Le Bistroy et Caravanserail chapeautent le rock-reggae de
Rinstonbok pendant qu'à deux pas, au Monde à L'Envers,
Luigi et Onark tournent le kaléidoscope des Couleurs Électroniques.
Au Titan, débauche de technologie avec Laurent Garnier et
Alex K (ré-actline : 04 50 23 97 13). Le Pez Ner tranquillise
en joie sur le reggae de Mister Gang. Vendredi, tout le monde lève
les bras et secoue ses pieds pour Minus 8 en jungliseur confirmé
de La Marquise. D'autres embarqueront, à deux pas de la péniche,
la Panique à bord du Bateau Blanc avec Sophie, Max Le Sale
Gosse, Rykkk's, Luigi, Tajmahal et plus.
Bastard pride.
Samedi, après la Gay Pride, les nuits s'avancent : soirée
officielle au Stardust avec Peel, D.Troy, Nimo et un live d'Ysa
Ferrer. À voir. Le Village-Club (rue Violi) fait sa soirée
Folles des Pieds avec Lulu de Paris et le radio FG crew. L'U.C.
(impasse de la pêcherie) s'agite sur une Gay Pride Dance Party
avec la même Ysa Ferrer en apéritif (elle a sorti un
disque et c'est superbien qu'il paraît). Pour les gays plus
feutrés, l'apéro se fera à L'Escalier (rue
de la Platière) puis au VertuBleu (rue Mercière).
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MERCREDI 16 JUIN 1999 _ #037
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Jour de fête
Mercredi,
nous dînons au Café 203 (rue du Garet) où
l'on croise un Olivier en parfaite compagnie et peu pressé
de monter son Britannicus vidéo-théâtral.
Le très aimable Étienne pose ses mains tachées
de plâtre sur mon épaule et m'invite à visiter
le relookage du Café Harmonie, après celui
effectué par son bon goût au 2P + C. Vendredi,
Minus 8 soulève la Marquise d'une jungle
grasse au relent hip-hopant ravissant. Julien, sexy barman
pur jus, se fait mater par trois Zara girls tout en se laissant
proposer par un polo de rugbyman un "si tu me payes 100
boules, je rentre dans ton caca mou". La nuit se réchauffe
et la péniche houle sous une foule d'un cru moyen : "Tu
sais, dès qu'un lieu devient en vue, les étudiants
s'y pressent. Ce ne sont que de petits suiveurs de modes",
explique justement un "docteur" en sociologie estudiantine.
Samedi, les gays priders se pressent dans les bars
et soirées : La Ruche (rue Gentil) qui depuis quelques
semaines a retrouvé sa fière allure d'antan, peine
à contenir le flux continu de fêtards. Derrière
le bar, s'agitent deux pompiers en jaune Ricard poussant
à boire leur bonne boisson du sud. Un tandem d'une marque
de bonbons distribuant leurs pastilles rafraîchissantes nous
estomaque : "Le business en direction des gays s'active
cette année. T'imagines les chargés de com' des maisons
Ricard et autres : "Recherche jeunes hommes bien roulés
pour promotions sur terrain homosexuel de nos produits".
Ils doivent sûrement beaucoup s'ennuyer lors du casting",
sourit un proche de bar. Nous passons à l'UC, tout
autant blindé, où je me fais serrer par un gogo-dancer
énervé. Les odeurs de la journée passée
inondant la cave, nous rejoignons le Stardust pour la soirée
officielle. La hardhouse et le play-back euro-dancy d'Ysa Ferrer
nous poussent rapidement dans les bras du Village-Club
en pleine surchauffe de corps luisants d'étouffements. Sans
aucun doute, la meilleure soirée Gay Pride. Nous enterrons
la fière nuit à La Divine Comédie peuplée
des plus belles gueules de la ville mais partons très vite,
excédés par un MC poussant l'animation tel
un grossier vendeur de fête foraine : "Music boom
boom Music boom boom Allez ! Dansez !" Ridicule et minable.
Spotlights.
So happy. Mercredi, le Forum Bar (rue des Quatre-Chapeaux) fête
son gay anniversaire avec pleins de messieurs en chemise à
carreaux qui grattent. Jeudi, Manoo excelle en house-garage au nouveau
Cosmopolitan (2, rue Désirée) alors que la soirée
de la semaine éclate sur le thème des stars princières
et strass des convives à L'Escalier (rue de la Platière).
Vendredi, Lady Panoplie à La Marquise avec Dj Cloé
et Jennifer. Samedi, toujours sur la péniche, funky beats
et electronic spirits (!?) lors de la Ninja Tune Party. Deux nuits
en plein air avec Tremor Method au 36 72 code 2332969 pour plus
d'infos et 3 Sound au 36 72 code 181920 avec Lego, Jumping bass
and more. Dimanche, Claude Monet joue hardhouse au Stardust pendant
que le Pez Ner expérimente Konic ThTR en visuel et Holon
Starfish Pool en transe. Lundi, fête de la musique sur la
place de la Martinière avec l'electro pop de Gwen et Wassalfada.
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MERCREDI 23 JUIN 1999 _ #038
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On s'est aimé tellement fort, que
mes draps s'en souviennent
Des sourires pleins la bouche, une légèreté
frôlant un infantilisme stupide mais si agréable, un
esprit de famille improvisé et logiquement inconcevable tant
ses membres dépareillent, une bonne tête piquée
dans les friandises liquides du bar et voilà le décor
planté de L'Escalier, ce jeudi. Après
Sheila, le disco-funk version Gilles s'invite
rue de la Platière. Nous débutons sur le coin terrasse
en plein mime de nos stars des années 80. Vic, pioche
dans cette encyclopédie de variétés, le Il
était une fois et pousse un "On s'est aimé
tellement fort, que nos draps s'en souviennent ... Tu te rends compte
du contenu poétique de cette chanson ?". Baïr
se place en studio Sacrée Soirée et
nous présente une copie peu conforme d'une Elsa puis
de la fabuleuse gloire warhollienne de Corinne Charby
: "Je suis comme une boule de flipper, qui roule."
Le foutoir atteint son apothéose lorsque les gyrophares des
remorque-PV et voitures de police s'activent sur le trottoir d'en
face. Je ne décolle pas d'un Simon, siamois-jumeaux
de Timothy, tout en dénoyautant cerises et âmes
sensibles. À minuit cloquant, Gilles souffle ses bougies
d'anniversaire sous une hola chaleureuse. Dans un même élan,
les ballons éclatent et les tables se dressent de nos corps
excités et se lovant sur l'éternel I.O.U de
Freeze. En milieu de nuit, nous trébuchons heureux et
repus par cette nuit étoilée.
Park Fair.
Mercredi, on ne saurait assez conseiller un long standing-boisson
au VertuBleu pour un adorable Michel. Le Fish propose Agoria, Marc
Twins lors du Festival. Jeudi, Jack de Marseille, Max Le Sale Gosse
et Fabio font tanguer le Bateau Blanc entre une teck-house et groovy
sounds (ré-actline : 06 03 95 25 15). Vendredi, Mademoiselle
J. et Jean-Albert dirigent, en couple de nightclubbers diplomatique,
Les soirées de L'Ambassadeur sont toujours réussies
à L'Ambassade (très jolie tablette de chocolat-flyer.
Le chocolat n'était pas du Richard. Ah, ça non) Délurément
fréquentable. Samedi, Le Monde à L'envers fait place
au Cute Groove Résidence avec No, Jack F, Tamack et Goston
alors que son collègue, le Kamin Club, invite Cid'J, Skall
et Cesco. Dj Manoo rameute les house puristes au Cosmopolitan pendant
que la Kitchy Groove Party prend l'air au 36 72 code 26 06 999 avec
Chaotik Ramses, Kiko, Alex K et plus. Dimanche, Le Factory fête
ses 10 ans au Stardust et l'on aurait rêvé plus tapageur
et très haut de gamme que les non moins respectables Sophie,
D-Troy, Love et MC Unik.
High Mark Quizz.
Pour quelle raison, vendredi, Mei Tei Sho fait tourner son afro-jazz
jungle en live renforcé par Christine Indigo et Pat Heart
en soul family sound ? Pourquoi, samedi, autant de Shettaan's Collective
(London), Nle et Kaiser Sauze trimballent des fly-case acidulés
de perles house et disco-funk alors que peu après, Le Peuple
de l'herbe (Stani & Pee) se surexpose en concert poussé
par un junglizer de Nokman. Quelle idée de planter, pendant
tout un week-end, une grande tente berbère sur un bitume
sévère où l'on pourra s'avachir sur de gros
poufs en se berçant d'easy Listening et jazz balancés
par Philgood et June ? (1).
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MERCREDI 30 JUIN 1999 _ #039
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La vie est un combat permanent
Lundi 21,
nous fêtons la musique involontairement. Ce jour-là,
la ville voit débarquer tout ce que la vieille rock génération
compte de post-pubères rebelles en manque de ses références
musicales : "Ouaih ! Ils jouent grave mortel les morceaux
deTéléphone ! Ça me fait kiffer
complet." Pour populaire qu'elle soit, la Fête
de la musique attriste tout Lyonnais en quête d'un peu
de sound systems expérimentaux et musiques moins djembé-rock-poppy.
Nous trouvons malgré tout notre Eden à la terrasse
du Bistrot de la Pêcherie, certes inondé de
club babes et branchés tape-à-l'oeil, mais bien arrosé
de house baléarique et anisette orageuse. Mercredi,
Michel souffle ses dix ans de Vertu bleu, déjà
longuement visité le lundi. Toute la grande classe locale
décadente passe faire un petit bonjour. Mireille se
cache d'un : "Avant hier, j'étais raide au point
de ne pas reconnaître ma famille. Ça la fout mal."
Danielle me présente à moult antiquaires
de la rue Auguste-Comte et je finis par m'emmêler les boutiques.
Le lendemain, Arnaud se raidit à la terrasse du Leffe
dans une déprime passagère : "Tu vois, j'ai
l'impression qu'il faut se battre tout le temps : le boulot, les
amours. Il y a toujours une compétition quelque part."
Nous filons à la soirée anniversaire de la Marquise
en rupture permanente d'espaces respirables. Les invités
se dandinant sur un Charles Aznavour ou les très trendies
BO de Jacques Demy, nous essayons à répétition
le dos de chameau. "T'imagines. Faire du chameau sur les
quais du Rhône. C'est hallucinant", ondule Pierre.
Marie, maîtresse des Voyages 4A, couve toujours
d'amour un Jacques Perrichon en sortie de production du prochain
3 Mai. Ne semblant guère opposée au name
dropping de Nuits Mobiles, elle sourit à
en mourir à ses pieds : "Oh, tu peux parler de moi
si tu veux." Nous naviguons d'un Manuel Pratt en
salle comble à une projection sino-cinéma sur le dos
de la péniche. Les grains de sable plein les yeux, nous remontons
sur terre.
The Sun Rise.
Mercredi, Le Réveil du Fish avec Koma, Pone, Krisfader et
Samir. Jeudi, Le Grand Jardin (24, rue Royale) presse le citron
de Philgood lors d'une Groove Collective acidulée. Vendredi,
on file prendre l'air avec Agoria, Serpico et guests au 06 15 18
66 22. C'est House Garden donc à ciel ouvert. En intérieur,
Le Space convie le queenesque Antoine Clamaran pour une Shining
disco. De son côté, le Fish joue Queer Station avec
dj Luck. Samedi, le plein air revient avec Skwatt. B au 3672 369669
pour le programme et la Pulse 2 du Rebirth Crew avec Esion et Anaphaz,
Max LSG, Gill, Raz Francis, Tajmahal et plus (ré-actline
: 06 69 15 59 02).
On veut bien rire.
Vendredi, Le Titan invite les lycéens à la Nuit du
Bac. Ça va rouler sous le comptoir pour les heureux élus
et pleurer dans la chambrette pour les recalés. Recalés
qui pourront noyer leur chagrin en écoutant la soirée
sur Scoop Fm. Si c'est pas mignon tout ça. Dimanche, L'United
Café, qui n'est pas réputé pour ses concepts
nocturnes, nous épate en organisant un Rallye Aventure. Chasses
à l'on-ne-sait-quoi avec énigmes : "Quelle
est la couleur préférée de Céline Dion
?" ou "Quel est le titre numéro un sur Radio
Espace ?" Prise au troisième degré, l'affaire
vaudra largement le déplacement. Réservation de suite
au 06 87 69 30 27.
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INSTINCT NOCTURNE
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Écrit
par Baptiste Jacquet |
a été publié sous l'appellation
"Nuits Mobiles" jusqu'au
22 nov. 06 dans l'hebdomadaire
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