|
|
|
INSTINCT NOCTURNE
|
Écrit
par Baptiste Jacquet |
a été publié sous l'appellation
"Nuits Mobiles" jusqu'au
22 nov. 06 dans l'hebdomadaire
|

|
|
| |
|
MERCREDI 20 JANVIER 1999 _ #016
|
|
 |
|
|
J'avale
pas
"Non, on part : c'est un peu trop mou",
se plaint Olivier sur la passerelle de La Marquise.
Et pourtant à 1h30, Spider nous enlace du funky
beat seventies nous poussant à des gimmicks gestuels
déconnants. Quelques plaques plus loin, le Jeno de
San Francisco nous gifle avec une house pumpin' intelligente. Dj
Arnie : "C'est merveilleux. Il joue avec ton corps et
t'amène dans un trip très mental et psychédélique."
Mélangeant hymnes house des années 80 et productions
ultra-léchées actuelles, l'Américain fait chalouper
le flotteur : "Tu sens là ? Le bateau bouge. Non
?". Le dancefloor ne désemplit pas et se régénère
d'heure en heure : des habitués en début de nuit aux
club-babes du petit matin, tous s'emportent avec délices
sur les coups de maître du spin director. Très
bon coup du week-end. Le lendemain, je zappe malencontreusement
les excellents Spoke et Manolo au Fish en me
pointant à 6h sur le bateau. Xavier me toise avec
son T-shirt imprimé d'une verge turgescente logotée
"Élégance is back" tout en pleurant
son célibat dans un verre crème. Une horde de kids
lookés gris-kaki triste débarque pour l'after officiel
du Purpose Maker de Jeff Mills.
Je quitte le lieu d'ennui en pensant aux premières warehouse
parties londoniennes où les couleurs flashy et les plus beaux
délires vestimentaires donnèrent tout son sens à
l'esprit festif de la House Nation. Qu'est-il devenu en ce
matin post-Transbordeur ? Pas grand-chose.
Dancing
in the street. Mercredi,
All Styles au Bistroy avec Kaizer Sauze et Sherrif de L'Armée
du Ruban Rouge. Le KKO nous assoiffe avec Dj Dudu lors de sa Cubacabana
al. Jeudi, Le Kafé Myzik transporte son joli monde en Arménie
avec le concert de Spitak. Le lendemain, vendredi, le kafé
remet ça avec le Mix Project de Mandrake. Vendredi, Laura
Palmer, Mali-K et M. Daidoo s'invitent à la Hard-Tek 2002
du Monde à L'envers alors que les ladies Sex Toy et Eva Gardner
sortent leur panoplie deep house-hardhouse au Baramix dès
21h puis à La Marquise. On en profitera pour découvrir
le deuxième volet de l'expo des clichés de K-nardo
sur la péniche. Samedi, Résidence Plexus au Monde
à L'envers avec Mister X, Tamack et Umako. Enfin dimanche,
Ska Connection au Rail Théâtre avec Toots and the Maytals
plus Dub Action.
C'est
pour rire. Vendredi, Hot Friday Satanics au Fish ou comment
l'érotique du dimanche soir sur M6 fricote avec un téléfilm
frisson de RTL 9. Samedi, tempête de Neige au Tunnel.
Vive les boulettes de polystyrène !
|
| Haut de page |
|
MERCREDI 27 JANVIER 1999 _ #017
|
|
 |
|
|
Médiamants
éternels
Semaine calme en sorties et riche en lecture.
Petit glossaire de la presse de nuitards avertis en musiques électroniques
et nitestyle. Le vétéran CODA se meurt : le
plus illustre des mensuels techno français se vide de son
contenu en bavardages et service après-vente pour maisons
de disques. Même topo pour son concurrent Trax qui,
au-delà d'un cd sampler utile, sent les bons services
aux maisons Sony & World Company. Désolant.
Nova Magazine continue ses découvertes underground
institutionnelles ("Mon gars, si tu n'es pas Nova, t'es
un naze".). Le tout frais Remix n'apporte rien de
neuf si ce n'est une mise en page à pleurer les tapisseries
seventies de grand-maman et un traitement de la vie nocturne vous
donnant envie de rester chez vous. On leur préférera
les Anglais ID et la bible Muzik. Reste les Technikart,
Crash et Libération qui, pour le premier se
place résolument dans la culture pop du style "nous
sommes les Warhol de l'an 2000" et tape dans l'avant-garde
déconnante (laissez tomber vos Télérama
et autres Cahiers du cinéma posés ostensiblement
sur votre table de salon : cela fait beaucoup trop conservateurs
philosophes. "L'an 2000, c'est la dérision, chéri".).
Crash pousse dans l'étude graphique d'une culture house post-moderne
et Libération se la joue exotique hermétique
: "Je n'ai rien compris au papier sur les Chemical
Bros mais j'adore" ou en Pacadis revival
avec l'excellente rubrique nightclubbing d'un Dahan
hédoniste (tous les lundis). Ces trois-là sont indispensables.
Le
choc des beats. Mercredi, la jungle étale ses feuilles
vertes au Bistroy avec une Psychostic. Au même moment, Dj
Spider se donne chaud au KKO lors de la KKO Caliente ! Jeudi, Beat
Down Babylon au House of Music pour tous les jamaicans (ré-actline
: 04 72 07 89 59). Le club associatif remet ça le lendemain,
samedi, avec Sun Project et Rykkk's, Lutin, Galou et Olive. Le monde
à l'Envers nous remet un tour de Trance Psychédélique
avec Christo-k, Tajmahal et Gill. Au Ninkasi, Fraggle et le Genevois
Postman incendie la nuit Volume (4e édition). Dimanche, Factory
au Stardust avec Dj Manoo et Rocco.
Le
poids des mots. Jeudi, Impact night au Stardust où vous
pourrez inhaler les bières d'étudiants en chemise
à carreaux et au ventre germano. Vendredi, la même
chose au Fish et son Disco Funk Fish. Enfin, samedi, élection
de Miss Nue 99 au Titan. Prévenir votre nièce nympho
et nouvellement lookée Monica, cela peut l'intéresser.
|
| Haut de page |
|
MERCREDI 03 FEVRIER 1999 _ #018
|
|
 |
|
|
|
(numéro
doublon suite erreur PAO) - ORIGINAL A VENIR
|
| Haut de page |
|
MERCREDI 10 FEVRIER 1999 _ #019
|
|
 |
|
|
Tu
y comprends quelque chose à l'amour ?
Par
crainte d'un trop plein de pintades en tee-shirts moulants, de gays
sentant le sexe en manque, de fins noctambules dépressifs
et d'adorables whisky's junkés, je traînais des pieds
depuis plusieurs mois pour tenter les afters de La
Divine Comédie. Dimanche,
5h, on me pousse dans le festin de la nuit du jour et l'incroyablement
jouissif apparut : de jeunes étudiants en surdose de gin-fizz
ayant clos les Marquise, Grand Jardin, Fish
et autres gays clubs en pimpantes déesses à peine
abîmées par la nuit, le club ressemble à une
fournaise hétéros-homos cliqua des plus excitantes,
rarement rencontrée depuis les heures de gloire post-nocturne
des Petite Taverne et Le Cirque. On oublie la hardhouse
un peu fade et monotone d'un Dj Peel en progrès pour
s'épancher sur les verres de mots soufflés sur canapés
: un jeune ado se pose déjà l'irrépondable
: "Tu y comprends quelque chose, toi, à l'amour ?"
Une serveuse en fin de partie fait la part belle au "je
cherche un mec bien membré ou éventuellement une fille
compréhensive" pendant qu'un joli garçon
se fait dégrafer quelques boutons de chemise par un quadra
prévenant. Jean-Albert se lamente : "C'est
un peu glauque tout de même". Non, c'est simplement
festif et chaud tel que la nuit devrait toujours être. Sortie
fortement recommandable pour décadents définitifs
ou débutants.
Re-lite
my fire. Architektonic au Fish ce mercredi avec Jack de Marseille,
P. Moore et Nals. Vendredi, Hype à La Station avec All'n
and guest. Les technophiles s'engouffreront au Kaminstubchen avec
Yale et Pyroman pour une Paranorm shpong-shpong. Au même moment,
le Mix Project mensuel du Kafé Myzik lâchera Cox 6
and guest surprise. On y court. Le KKo movera sur la hardhouse de
Sophie pendant qu'au Ninkasi, Eardrum/"bizz à Virginie"
fête son anniversaire (lire page 29). Samedi, Mr. Neveux et
le Peuple de l'herbe brasseront les styles au Pez Ner. Une Tellurik
(100 % bombarde) avec Kraft, Anne, Alpax and more au 3672*130299
6969. Dimanche, Jacques Haffner se pacte avec Jean-Yves Trapenat
pour une Valentine's Chic Party au Fish.
Le
feu en eux. Vendredi, le Fish joue les Police Académie
pour une Fresh Disco Fish. On lui préférera le réel
disco "à fond dans la maison" de la compilation
Studio 54 (Tommy Boy/Pias). Dimanche, Gea Tea Dance au Tunnel Spécial
Saint Valentin : "J'aime beaucoup ton Dockers mon gars. Tu
as quoi dessous ?". On pourra entendre la même chose
en plus pouffiasse.
|
| Haut de page |
|
MERCREDI 17 FEVRIER 1999 _ #020
|
|
 |
|
|
La
Tour de Pise, un jour à Venise
Jeudi,
nous sommes conviés au cocktail privé fort réussi
du Grand Jardin où le Tout Lyon étudiant en
école de commerce papotent gros seins et papier buvard. Nous
filons rapidement au Transbordeur pour la soirée de
lutte contre le sida. Chacun s'acquitte d'un Cézanne
ouvrant la porte à une ambiance bar dans le Tube et un éparpillement
provoquant un "je suis à trois plombes de lui. Comment
veux-tu que je sache à quoi il ressemble ?" dans
la grande salle. Une soirée ambitieuse et unitaire pour un
résultat... Je m'en souviens déjà plus. vendredi,
Eardrum fête son anniversaire au Ninkasi sautillant
d'entrain et de joie. Hervé, mélancolique hurle
: "En voyant ça, on penserait que Couleur 3 est toujours là."
Brassant Acid, tek-house, speed garage dans les boomers et ravers
(pardon, teuffeurs), technivaliens (oui, vous savez ces jeunes qui
donnent l'impression qu'ils portent le globe sur leurs épaules
tellement ils ont l'air heureux) et fêtards sur le dancefloor,
tous ont l'air ému et communiant. Plus tard, l'auto-radio
débobine La Tour de Pise de Jean-François
Caen nous sussurant un "24 images très floues
par seconde d'amour fou..."
Spécial
K. Vendredi, Magic Garden relève le Fish avec l'Américain
Derrick Thompson. Allez-y de notre part. Mercredi 24,
pré-écoute de l'album d'Underworld "Beaucoup
Fish" suivie de Shazz et Appollo Funk à La Marquise.
Luxueux.
Repères
de rythmes. Mercredi, le KKo groove avec Dudu et Manoo aux rythmes
de la Cubacabana al KKo. Jeudi, Le Monde à l'Envers et le
Batofar reçoivent le berlinois Maurice pendant qu'un peu
plus bas, le Bistroy junglize ses murs lors de son All Styles Dj.
Vendredi, Lady Panoplie se balade du Baramix à La Marquise
avec Elle, Jennifer et Laura Palmer. Samedi, Résidence Plexus
au Monde à L'envers et Salsa à La Marquise avec en
ouvre-boîte un échauffement au Café Cuba (19,
place Tolozan - Lyon 1er). Lost in Tribal vous trimballe hors des
clubs avec Les Boucles Étranges, Got'X (lives) et Miloch,
Rykkk's, D'jamency and more au 3672 code 200299 et ré-actline
au 06 14 88 29 00. Dimanche, le KKo se frotte aux sunparties avec
une Professional Night house'n soul.
Déjà
vu. Le Grand Jardin joue au Lego ce jeudi et on se met à
rêver d'objets en plastique beaucoup plus drôles. Vendredi,
Hot Satanics au Paradis au Fish ou comment apprendre à de
jeunes étudiants à se masturber sans faire de bruit.
Enfin samedi, le Titan Complex se paye une Toucan Party. Allez donc
comprendre le concept. Zoophilie ?
|
| Haut de page |
|
MERCREDI 24 FEVRIER 1999 _ #021
|
|
 |
|
|
La
nuit tout jour
Vendredi,
station Guillotière, 0h10. La nuit débute sur le dernier
métro. La station se dépeuple de sa jeune zone pipant
herbe sur herbe. Deux colosses black en treillis kaki logotés
d'un sigle d'une équipe de base-ball se la jouent duo dur.
L'un deux arbore son portable jaune en collier tel les rappers eighties
du Bronx aux médaillons Mercédes. Changement
d'époque. Arrivé station Bellecour, tous se pressent
pour le dernier tube en service. Un jeune homme dévore, insensible
au nuitards effervescents l'entourant, les qualités graphiques
d'une BD. samedi,
station Hôtel de Ville, 4h50. L'air abîmé, scotché
au plexi du banc, un jeune beur plaisante : "Je ne comprends
toujours pas. J'ai vomi du maïs alors que j'en ai jamais mangé."
Son pote lui tape sur l'épaule. De petites Spice Girls bécotent
leurs marlous en phase de virilisation prématurés.
L'une lance à sa Babyliss d'or de copine : "Tu
t'es coupé les cheveux ?... Tu as vu, j'ai l'oeil hein ?"
Le train orange arrive et nous ouvre les portes de notre sommeil
sur de fringants skieurs en partance et quelques hommes en vert
ou bleu prêts à une dure journée de travail.
Enfin, le bip-bip fait coulisser le wagon dans un tunnel noir.
Renegade
Sound fun. Samedi, le voyage vers Dijon semble inévitable
: l'Américain Romanthony, dj vénéré
du moment et aux collaborations frenchies multiples (Daft Punk &
Co), émerveillera L'An-fer. Autre solution, le même
jour, Kush junglise la Marquise après avoir mis à
terre le Bistroy la veille.
Éclats
de basses. Mercredi, KKo Caliente avec Stani au KKo. Jeudi,
le Pez Ner tente la symbiose danse, chant traditionnel basque, percussions
et jazz avec Michel Doneda, le Quan Ninh, Benat Achiary et Masaki
Iwana. Le Berlinois du Batofar dj Maurice revient en deuxième
semaine au Monde à L'envers. Vendredi, Apple World au Ninkasi
avec P. Moore, D'Jamency, St Jean. Au même moment, Spider
rejoint le All Sport Café et Da House Family Project pour
dribbler entre house et salsa. Samedi, Wake Up ! au Transbordeur
avec Sophie, Peel et D.Troy pour tous les kids clubbers branchés
hardhouse pendant que le Fish tend la perche à Bob "Gymtonic
c'est pas moi" Sinclar. Paradisiaque. On clôturera ces
débauches à la délicieusement trash after de
la Divine Comédie.
Crash
nites. Vendredi, le Fish ne démord pas de ses Love Boat.
Cette semaine c'est Glamour ultra kitch. À quand le Glamour
et décadence ? Samedi, War au Tunnel avec un concept détonant
: tenue militaire et autres marins souhaitée. Surveillez
plutôt les nuits incorporations du Brick System. C'est un
peu plus réel.
|
| Haut de page |
|
MERCREDI 03 MARS 1999 _ #022
|
|
 |
|
|
J'ai
arrêté de me branler
Dimanche
en huit, délicieux repas chez Marie-Êve et François
où nous dissertons amour, sexe et idéaux. Kanardo
est splendide avec ses deux jumeaux in utero. Le papa se
porte bien également. mercredi,
nous essayons le fast food alsacien Flam's (12, rue Tupin
- Lyon 2e) où le service demeure charmant et irréprochable
(il vous faut aimer cependant l'ambiance "je suis un étudiant
fauché et j'invite mes parents à dîner").
Plus tard, nous passons au VertuBleu où le ravissant
Clovis remplace au pied levé un Lulu en congés.
Le temps de s'excuser pour la énième fois de ne pas
avoir répondu à l'invitation de Michel Essertier
pour son cocktail architectural, nous nous retrouvons au Monde à
L'envers entouré de lycéens bien comme il faut. Nous
filons au Kafé Myzik en pleine discussion métaphysico-"je
ne sais plus ce que je voulais dire" pour s'achever à
la bière. jeudi,
café-théâtre à La Marquise avec
l'humour cinglant et dévastateur de Manuel Pratt.
Après le spectacle, Marlène, cheveux sucrés
en pétard, m'avertit : "Tu dois rester là
jusqu'à 3h. C'est l'heure de mon anniversaire !" Trop
fatigué, je l'embrasse et nous ramons jusqu'au quai. samedi,
Le Transbordeur burine à la Wake Up ! où les kids-clubbers
ne se rameutent que très tard. Certains arrivants de l'enterrement
du dernier nom mythique du clubbing lyonnais : L'Ambassade
(club promis à une réouverture ciblée jet-set
dans un mois avec nouvelle direction). Nous finissons à La
Divine Comédie (où une fois encore, il est préférable
de ne pas être accompagné de "personnes de
couleurs" et, moins grave, de ne pas laisser d'écharpes
au vestiaire, le personnel en fait la collection). Patrick
quitte le lieu défait en me souriant : "Je ne baise
plus et j'ai arrêté de me branler. C'est fascinant,
tu ne trouves pas ?"
Sniffer
du son. Pré-écoute du nouvel album de Sergent
Garcia à La Marquise, ce mercredi. Jeudi, Imaginapolis au
Monde à L'envers avec en invité Cyclo'B de Flex Record.
Pour les trainspotters fantasmant sur La Mecque House de Miami,
Groove Jet Miami au Loft avec Manoo et Rocco. Vendredi, Zézette
et Walbi orientalise Le Navire avec les Mille et une nuits. Déconne
assurée. Au même moment, Trip do Brasil à La
Marquise avec Dj Armand et tout plein de percussions "in your
face". Samedi, Kritikator party au Pez Ner avec une débauche
de djs et délires fortement recommandable. Dimanche, Liquid
à la Cour avec D-Troy et Peel.
|
| Haut de page |
|
MERCREDI 10 MARS 1999 _ #023
|
|
 |
|
|
Tu
fais quoi à mon mec, là ?
"C'est
bizarre. Ici, tous les gens sont beaux. Tu ne penses pas que finalement,
ce ne soit pas que du toc ?" ; "Je m'en fous. Je préfère voir d'hypothétiques
idiots souriants et beaux plutôt que des moches intelligents
et tirant la gueule", réponds-je à un Franck
en plein questionnement dans sa boule de bière. Effectivement,
vendredi,
La Marquise est blindée d'une clientèle à
faire pâlir leur voisin de quai. Les mecs sont bandants et
les filles à vous convertir. La Trip do Brasil de dj Armand
devient vite monotone mais on s'en balance : la péniche est
souriante et fraîche. Le lendemain, le Pez Ner invite
le fanzine Kritikator. On s'exerce à un karaoké
sino-rock-poppy au relent anglo-saxon stupide : My name is Woman,
Love is love... Fabien, verre greffé à
la main, n'arrive toujours pas à faire la moindre photo pendant
que François s'avise à médire sur une
connaissance commune : "Ce garçon-là, je l'imagine
bien asexué." Le mixeur aux platines nous promène
maladroitement dans un fumeux délire eighties house,
disco et hip hop qui déchaîne le centre underground
villeurbannais. Nous clôturons la nuit à l'inévitable
after de La Divine Comédie où de jeunes hétéros
s'encanaillent dans une backroom faunique et mixte. "Tu
fais quoi à mon mec, là ?" grommelle une
jeune brune à Guillaume Tanhia. Nous partons à
8h non sans avoir fustigé l'incompétence persistante
des attachés de tringles à l'entrée : "Patron
! Virez-les !"
My
only Ones. Jeudi, Tagadaland au Monde à L'Envers avec
les fraises de Omar, Hemp, Liquid et Bastouille. Vendredi, Volume
débarque pour sa cinquième au Ninkasi avec Stani,
Spider et Danny Mc. Dans un autre genre, SeXcrime au Fish avec le
Queen crew parisien au complet et dj Luck. Le Kamin-Stübchen
réchauffe nos grippes avec New Eden Party 2 et Dub Ink and
Sound System. C'est du ragga-dub-reggae bienvenu. Samedi, le House
of Music pousse le thermomètre avec la house Latino, salsa
et l'afro-rythmes des djs Jacques et June. La Marquise joue Les
Nuits Rouges de Harlem. On en profite pour danser sur la Blackexploitation's
vibe et souhaiter un bon anniversaire à Sylvie H. Dimanche,
le Kafé Mysik projette le cinéma expérimental
de Stan Brakhage sonorisé par dj Tibo. Bon plan.
Les doigts dans
la glace. Galactika revient samedi au double mixte du campus
de la Doua. Line up prometteur où l'on surveillera Kriss
en techno et Borgo, Dan Ghenacia et le sous-médiatisé
Jeff Sharel. L'amuse pieds débutera dès 18h au Monde
à L'envers (lire également page 28).
|
| Haut de page |
|
INSTINCT NOCTURNE
|
Écrit
par Baptiste Jacquet |
a été publié sous l'appellation
"Nuits Mobiles" jusqu'au
22 nov. 06 dans l'hebdomadaire
|

|
|
| |
|

|