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INSTINCT NOCTURNE
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Écrit
par Baptiste Jacquet |
a été publié sous l'appellation
"Nuits Mobiles" jusqu'au
22 nov. 06 dans l'hebdomadaire
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| MERCREDI 27 JUIN
2001 _ #131 |
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Le
sucre, c'est de la graisse
Mardi 19,
Marie-Êve tourne en rond d'ennui lors du vernissage
de l'expo de Santiago Reyes à la Galerie Georges
Verney-Carron (90, cours Émile-Zola, Villeurbanne). Les
artistes se réapproprient la galerie et glissent dans la
peau du maître des lieux, de l'attachée de presse,
de la secrétaire (pas de la femme de ménage ?). Concept
drôle mais qui manque de saveur in situ. On se rattrape sur
une série de photos-portraits, jeu amoureux en dominos où
les couples d'amants se suivent et ne se ressemblent qu'à
un homme près. Nous clignons des paupières au Mushi-Mushi
et Kamel, nerveux mais toujours adoré, se découvre
une plume journalistique (lire page 44). Mercredi,
une tournée dans le quartier Bellecour nous balade au The
Comptoir (39, rue Sainte-Hélène), nouveau bar amical
et stylé "pub royal" de Jean René. Nous
finissons au Bastringue, en pleine projection d'un Vol au-dessus
d'un nid de coucou démoniaque, sur une assiette de charcuterie-fromage
et rouge à flots pour parfaire le monde en parlotte avec
Jérôme et Elli. Clignez des paupières. Jeudi,
après une rapide inauguration de la plage de La Marquise,
nous grimpons à la Buvette du Pont Wilson pour notre
fête de la musique annuelle et le duo chic et soul, 3 mai.
Le bonheur est sur le quai : Sophie et Jean-Marie en pleine classe
authentique et souriante trinquent avec Z2, torsé en orange
gaufré ("D'accord il est froissé mais c'est
très gloss à Istanbul cet été",
feinte mon compagnon de jeux). Françoise, le visage légèrement
soufflé par une brise de spleen et Pierre Le Magnifique
me rappelle une party de campagne à venir. Laconque
nous rejoint et relate sa dernière aventure sexuelle "d'une
durée de 15 jours. Il était riche boulanger lyonnais
et voulait m'épouser. Mais à terme, c'est toujours
pareil : les mecs ne voient en moi qu'une salope". Nous
investissons un camion de gravats recouvert d'une planche et dansons
sur Les surs jumelles à en transformer les voies circulantes
en un flux continu d'encouragements avec cris et klaxons. Nuit brillante
et "so sweet". Vendredi,
Le 115 tente de mélanger post-diplômes de l'École
des Beaux-Arts et bimbo-pimpos pour une soirée off de la
Biennale Connivence. Mon Èpouse se remet juste de
son reportage à l'apéro du Fish de la veille : "très
fort au niveau des échanges. Une blonde qui souffle : 'j'en
ai ras-les-mules !' Plus tard, la discussion sur le régime
se concluant par 'tu vois, le sucre, c'est de la graisse'.
Très amusant à voir." Nous fuyons pour plus
et encore plus rire au Medley et sa soirée Loft Story
: Lady Medley, en paréo et grosse peluche au bras,
se rêve Loana (plutôt la Cicciolina en taille forte)
et forme des couples improbables à coups de tirages au sort.
Prêt à fuir, Z2 s'enlise de gêne sur une banquette
devant les lèvres mouillées avec insistance et tendues
par un jeune Flamand, torse garni de testotérone. Clignez
des paupières. Samedi,
nous accompagnons, dans une virée homo, Dj Arnie,
Michel et Double D relooké pintade-de-Bresse : "J'ai
fais la déco des cheveux en gris et demain je mets le pantacourt",
s'enfollasse le gars. Après un dîner à la Gargote
où seul le vin trop glacé tache, nous respirons au
familier et glossy Cap Opéra avant de mettre un peu
de sexe dans la backroom du Dark. Là, jeunes et moins jolis
se rendent au confessionnal, s'agenouille et brûle des cierges
coulant. Arnie en sort heureux en cinq minutes avant que je ne puisse
partager la bouche aimable d'un Enrique C. excitant. Fermez les
paupières.
Autopromo
pédalo. Dimanche, dès 16h et jusqu'à plus
soif, Beadoa (Z2, Claire, François MITV & I) referont
le Closer Club sur la plage de la Marquise. Grand Air réunira
Flore, Symbioz, Fraggle, Rémi, Arnie, Teddy G et Manoo pour
un round sableux de 20h de mixes. Prévoir lunettes de soleil,
serviettes de bain ou toutes autres tenues à porter sur une
plage de Deauville ou du Grau-du-Roi. Ré-actline : www.chez.com/beadoa.
Soniclubbin.
Mercredi, le hip hop divisera les fans de Kost et Goldfinger au
Fish et ceux de Khéops et Superfunk au Fridge. Jeudi, c'est
lounge en terrasse : au Seven'th (40, allée Pierre-de-Coubertin,
Gerland) et sur la plage de la Marquise. En soirée, toujours
à l'air libre, l'àKGB donnera sa Girl's Date hebdo.
Le Fish enchaînera sur une Élégance avec Charles
Schillings en tête de liste tandis que La Marquise se junglisera
avec Shy Fx, Alex Da, X wada et Big Dub Sound System. Vendredi,
Oops ! investira le créneau régresso-eighties avec
Caroline Loeb au Fridge. De la House Party fera tourner Rork, Lady
Bird, Cisco Frisco et Léa Lisa à la Marquise. Samedi,
le Tactika (ex-Duplex) lâchera sa mousse sur les sets de Bouddha
et JPS. Le Fridge donnera son Open House Party en compagnie de Paco
et Didier Sinclair. Boum sera la fête sympa du samedi soir
au Trois-Huit. Plus d'infos au 04 72 33 81 87. La Marquise s'élancera
dans une Follow Me Party soul et funky avec Tito et Joh.
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| MERCREDI 05 JUILLET
2001 _ #132 |
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Repos
bourgeois
"Hétéroclite
? Le mot le plus affreux que je connaisse : ça commence comme
hétérosexuel et finit comme clitoris. Je préfère
homogène",
place Robert V., jeudi,
à la terrasse du Cap Opéra à l'occasion
de son premier anniversaire. Enrique C. déplace, ivre mort,
sa libido de nouveau célibataire et son joli regard de suceur
confirmé sur dj Arnie. À l'approche du Closer
Club Grand Air, chacun se cherche une idée de travestissement
afin de coller au thème : "en cantatrice avec une
grande robe qui chante" pour Robert V. ou "totalement
nu, un ventilateur de poche sur ma queue en érection"
pour Christophe Boum. Clignez des paupières. Vendredi,
nous captons les derniers rayons de soleil à L'Escalier
où Fred de B. offre un recueil de poèmes à
Claire, toujours muette sur l'identité de son nouvel amant.
Le dîner se fait Chez Carlo où, suite à
l'énoncé de mon fantasme de baiser avec un mec devant
sa copine, ma princesse analyse : "C'est votre hétérosexualité
qui se manifeste : vous rêvez du mec pour vous faire la fille."
Si peu sûr. Poussé par une envie insistante de me retrouver
plaqué contre la peau d'un terrible amant afin de suer de
chaleur, je retrouve Didier au Medley. Le jeune homme me
glace d'un "je ne veux ni ami, ni amant. Il n'y a que le
sexe dans ma vie et le reste n'est rien. L'amitié et l'amour
ne tiennent que par l'argent. Si tu en as pour suivre l'Autre, tout
va bien. Si tu n'en as pas, tu es largué, mis de côté".
Clignez des paupières à La Marquise. Un avocat
parisien, évacué du Fish suite à son incendie,
ne supporte guère mon vouvoiement coutumier mais accepte
une drague commune. L'un et l'autre, maladroits dans l'approche
de proies volatiles, finissons par couler sous des draps chauds
de solitaires. Comment écrire sur Grand Air, dimanche
à La Marquise étant entendu que je me retrouve
co-organisateur de cette journée à la plage ? Mi-préoccupé
par le succès de la fête, mi-charmé par cette
journée d'Eden, j'aurais tout faux d'écrire que le
trio Rémi-Manoo-Fraggle bascule, à fortes doses de
calmants musicaux baléariques et soul, la plage de la péniche
en presqu'île transpirante de gentle people allongés
sur les transats et prêts à barboter dans le Rhône
; que Peggy se fleurit de pétales de fleurs en guise de cils
sous ses couettes nouées de marguerites fraîches ;
que Claire, en grande dame de la côte normande et coiffée
d'un chapeau surdimensionné, se régale d'échanges
avec Jean-Paul Brunet, Christophe Monfort, Françoise
Besnard et un Gilles Baize portant haut un escargot volant.
Ce serait contraire à l'éthique journalistique d'avancer
que Julien-Justin griffé d'un grand "R"
sur le torse me plaît encore plus ; qu'Alain Turgeon
filme son Hector avec la DV de Z2 ou qu'un Donald flotte dans une
bouée transparente lorsque la nuit tombe sur des cannes à
pêche lumineuses swinguant sur le fleuve et créations
de Jérôme et Elli ; que Jean-Pierre Bouchard
et Patrice Béghain rallongent, jusqu'à ce que
fin de nuit s'ensuive, leur initiatique passage au doux concept
"un dimanche à la plage" pour grignoter au barbecue
et assister à un feu d'artifice tiré par Z2 sous les
encouragements de plagistes détendus et les beats excitants
de Flore. Ce serait de la pure promo que de prétendre voir
Mon Épouse, Alain et David Cantéra du Modern
Art Café se laisser rouler, pieds nus, dans l'acid house
de dj Arnie au fond de la péniche tandis que Robert V., en
paréo vert, loue le talent du sexy aux platines à
Patrice B. ; que de croire que Pascal Poulain après
son travail photo japonisé sur les hublots du bateau sorte
indemne de ses deux précédentes nuits blanches. Tout
cela écrit semble "pas bien" mais tellement vrai.
Fermez les paupières pour l'été.
Last
trip B4 summer exit. Mercredi, troisième session de Rage
in The Dancehall à La Marquise avec Slider, Samir et les
mcs Sir Kenny et Ken. Jeudi, déferlante d'apéros sur
la ville : un instant décontracté au The Comptoir
(place Gailleton, Bellecour) suivi d'une plage Sundaes à
La Marquise, d'un verre au Cap Opéra, d'un dernier rayon
de soleil au Mushi-Mushi ou au Modern Art Café vous fera
faire le tour des apéros les plus réussis et tranquilles
de la place. En nocturne, la Marquise sautillera lors de la Junglerollez
6 avec Science, Kush, Brooks, Ranium et Nokman. Vendredi, à
Eurexpo, débutera le Reggae Festival avec, en pleine affiche
sur le week-end, Horace Andy, Tiken Jah Fakoly, Gregory Isaacs,
Janik et plus au www.reggaetribe.com. Samedi, Wake Up fêtera
son deuxième anniversaire avec Luck, doc et D-troy. Dimanche,
Sundaes reviendra sur la plage de la Marquise. Lundi et tout l'été,
La Passagère sera notre point de ralliement pré-nocturne.
Frigo
à flows. Le Fridge deviendrait-il une centrale hip-hop
? À voir. Mercredi, le magazine V6.9 y fera sa Party avec
dj Fun et Eddy Kent. Jeudi, dj LBR mixera R'n'B et toujours hip
hop pour les infatigables de la veille. Enfin, dimanche, BOSS Party
réunira Joey Starr, James et Terror Seb pour clore la semaine.
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| MERCREDI 29 AOUT
2001 _ #141 |
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Summary
(retroconcessions estivales)
Au
commencement de juillet, assis sur le fauteuil au milieu du salon,
le parquet en champ de boîtes de cd ouvertes, j'engage ma
petite déprime de chroniqueur en vacances. A Dream
de Lou Reed et John Cale étire l'air ambiant
et tourne en "repeat" plusieurs heures jusqu'à
me poser sur un petit nuage gris en basse altitude. Les deux mois
à venir me sortiront vite de cette apesanteur glandouillarde
: Claire et Le Guilloux m'embarquent pour Jazz à Vienne
un soir de pluie en juillet. Pierre Budimir nous dorlote
de panchos à effet de serre, petites gouttes à mettre
dans le ventre et privilège d'assister en backstage à
un concert lumineux de Medeski Marin And Wood : trio new-yorkais
de jazz électro-taré où un frisson d'extase
me gagne lorsque les musiciens font corps avec leur instrument,
ou plutôt, lorsque je ne distingue plus qui de l'instrument
ou de l'artiste produit autant de bonheur. Toujours juillet, Julien-Justin
se frotte aux nuits du Dark's en ne cessant de pousser des
"J'adoorre !" de jeune premier en cours à un
probable Fashion-Victim Center. Alors qu'il prétend qu'"
Olivier Malnuit de Technikart adoore se faire des étudiants",
je l'arrête net : "Pas moi : ils sont bêtes
et ne savent pas sucer, ou alors avec les dents". Quelques
jours plus tard, toujours dans ce même club (en passe de devenir
le plus excitant de la ville), Marc Chabert refuse l'autocollant
de la love-contact du soir et concède que le lieu est voué
à s'agrandir, "étant propriétaire du
sol au plafond". "De la backroom au plafond",
rectifiè-je. Cette même backroom qui sera le lieu de
visites multiples tout l'été en compagnie de Christophe
Boum et Primabella. Dans ce sous-sol bucolique du bien-être,
Jérôme L. se retrouve nu à cracher des "J'espère
que tu ne t'es pas branlé aujourd'hui", ou "J'aime
l'odeur de ta queue". Au 14 juillet,
la Caserne de Saint Louis donne son bal dans ses hangars.
Occasion pour Laconque de fondre d'admiration sous le nec
plus sexy, Christophe Boum. Nous clignons des paupières
dans le bar des pompiers où le champagne coule à grands
jets au milieu de divorcées choucroutées en jupes
à volants espagnoles, et faux-pompiers (mais vrais gays)
trop heureux de côtoyer leurs modèles fantasmés.
Le mois s'achève dans une série de bains de nuit chez
Laconque sous perfusion de Vodka, Champagne, barbecue de
poissons et squat intégral du poolhouse : Claire y jettera
sa perruque coiffée-colorée version Cher, Ange nous
proposera un plan à trois inabouti, Christophe apprendra
le "clitoridien". Le "clitoridien" est un pur
produit de l'été. Il consiste, pour un gay, à
s'aventurer dans les cuisses des jeunes filles juste pour le fun.
Il donnera lieu à une longue nuit de débats chez Marie-Eve
où, en même temps, nous tordrons le coup à ces
stupides "hype", "tendance" ou "lounge",
que les paysans urbains affectionnent actuellement : "Employons
plutôt "à la mode", "au goût du
jour" ou "en vogue"" snobe justement Claire
en pleine embrouille avec Mezzont, son amant secret depuis
le printemps. Ma Princesse m'embarque pour Henri Salvador aux Nuits
de Fourvière qui vaut, en concert, ce que vaut son dernier
album : tranquille. Un crochet par le Village de la colline
nous fera vite fuir : encravatés affamés (oups, Jacques
Haffner au buffet des desserts) et quelques happy-fews égarés.
À l'invitation de Françoise, Pierre Le Magnifique
et Fred. D, nous passons un week-end à la campagne dans la
ferme des deux amours. Claire trépigne dans le train à
l'idée de revoir Patrice Armangau, à en avoir
oublié ses raquettes de Badmington. Dans la chaumière,
nous nous attablons sous le préau et dégustons vins
et jambon fondant et caramélisé cuit au feu de bois
par Fred.D. Patrice Béghain prend Claire par le bras
et insiste pour nous marier ensemble alors qu'elle le couvre de
faux-titres "Monseigneur", "Monsieur Le
Ministre". Un présumé acteur lance des horreurs
("C'est de bon goût", "Très intéressant,
le travail de") à me donner la rage et à tenter
de sabrer la bonne tenue du souper. Alors que Tornon me fait la
cour, Luis et Claire se rapprochent pour former un majestueux couple
de snobisme haut de gamme. Après une sortie en tracteur à
2h du matin, trois sur l'engin et une dizaine dans la benne arrière
à glousser comme des gosses tout en biberonnant du champagne
et se bombant de crème chantilly, la nuit nous assouplit
et le dimanche se fait bronzette et lecture de Voici et autres Paris
Match sous les caresses de Tornon. Week-end définitivement
gravé dans la case mémoire. Autre fin de semaine,
autre ambiance : Mi-aôut, Cécile nous convie à
son anniversaire où Fred De B. finira la nuit nu sous
le poolhouse à se gratter la queue devant une tablée,
Samuel en costume noir debout dans le bassin pour boire le lendemain
matin des Martini blanc travesti en Samantha : boucles d'oreilles
rubis et soutien-gorge de Laconque sur ses seins, il-elle
se lamente : "Je veux mourir. Je veux mourir. J'ai tout
essayé même la tête dans le barbecue au gaz".
Nous roulerons la fin du jour dans l'acidité de verres de
rosé en écoutant l'album de l'été (Felix
Da Housecat - Kittenz and the Glitz) et son Madame
Hollywood sussuré par Miss Kittin. Fermez les
paupières.
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| MERCREDI 05 SEPTEMBRE
2001 _ #142 |
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I'm
not in luv
Mardi
2, le VertuBleu retrouve une excitation que je ne sentais
plus depuis le printemps. Le comptoir plie sous les coudes d'Emma
et Alain Turgeon : "Si Alain a 14 ans d'âge
mental, moi, j'en ai moins de 12", s'infantilise la compagne
du nègre de Trouxe. Marie-Hélène se
défoule sur Bernard, sa nouvelle tête de Turc, à
qui elle lance des "connard" à chaque regard croisé.
Agnès, toujours aussi ravissable mais petite sangsue teigneuse,
demande toujours plus d'attention et se pose à notre tablée
pour piocher dans mon assiette et accessoirement recevoir un exaspéré
et méchant "tu me saoules Agnès, casse-toi".
Autour d'Anne-Lise, Laconque, Christophe Boum
et Primabella, le souper coule sous les assauts de Fred
de B. qui se défroque le sourire malin et un petit éléphant
en plastique pourvu d'une trompe-de-grand-mère placée
sur son entrejambe. Clignez des paupières. Vendredi,
au Comptoir Saint-Hélène de Jean-René (place
Gailleton, quartier Bellecour), je pose la question du moment :
"Ne trouvez-vous pas énervant les partenaires qui
vous incitent à essuyer votre sperme juste après éjaculation,
voire vous envoyer illico à la douche ?" Sous pression
de bières, Olivier avance que "cela m'est jamais
arrivé. Une fois, j'ai rencontré une fille qui replaçait
sans arrêt mon verre sur le sous-bock ; qui avait la manie
de tout ranger, tout frotter. De suite, j'ai senti le mauvais trip
: 'Tu te laves avant, je change les draps et tu vas te laver
juste après.' Pas possible." Jérôme
nous invite à finir ses bouteilles de blanc en appartement.
Nous profitons d'un air de fin d'été bien éthylée
pour refaire l'histoire du cinéma d'auteur alors qu'Axel
tente de nous épater avec sa fausse vraie bonne nouvelle
: "On peut tout piquer sur kaaza.com : mieux que Napster."
Le round nocturne se clôt dans un dégrisement au Brick
System où un commercial grande gueule me fait part de
ses expériences de grand voyageur. Le beau gosse au QI atteignant
la température du bain à remous croit savoir que "tu
sais, à la base, Mc Donald, c'est américain"
et me rhabille pour le Dark's. Clignez des paupières.
Samedi, une reprise de contact
avec Le Bimb, mon amour d'un an carboné, tourne court.
L'homme de mes dernières peines invente le tourisme-fashion
: "Je suis à Florence avec ma belle-soeur".
Pour les musées ? "Non, je fais la tournée
de magasins d'usine : Prada, Gucci et là, je pars pour Fendy.
Je suis heureux d'entendre ta voix et t'embrasse." Au dîner-court
Chez Carlo (rue du Palais-Grillet, quartier Cordeliers) où
nous prenons régulièrement quartier au bras de Claire
("La meilleure pizzeria de Lyon" selon ma princesse),
Le Guilloux s'enfuit, énervé par nos charges indélicates.
Mille excuses. Je souffle au Mushi-Mushi où Arnie
fait le déplacement afin de se rafraîchir les yeux
auprès d'Antoine, remplaçant de Kamel pour un soir
et charpente sexy consolidée de douces attentions et politesses
de garçon bien élevé. "C'est LE mec idéal",
décrète le dj. Un retour au Dark's surchauffé
où Guy Darmet pulse au bar le garage upliftin' mixé
par Allen alors que madame Claude, toujours très tropézienne
sous poppers et assise telle une mère nourricière,
impose son comeback de grande prêtresse gay du moment et met
à ses pieds de jeunes minous en tee-shirts moulants. La backroom
semble impraticable tellement les cabines dégorgent de corps
allongés, d'enculades verticales et mateurs déceinturés
qui feront soupirer Arnie : "Il va falloir bientôt
y installer un distributeur de tickets d'attente." Lynx,
le torse nu et élancé, me colle et la moiteur de sa
peau me rappelle ce douloureux amour jamais entrepris ensemble.
Nous clignons des paupières au Box Office. Mille et
un insomniaques burinent sur de la sous-hardhouse lorsque mon coeur
lâche : excitant par son gigantisme, navrant par ses barmaids
détestables et le manque de sexy et d'humanité de
l'affaire, l'after me balance dans la lenteur du premier tram. Fermez
les paupières.
Rentrée
des clubs (1). On prend les mêmes et on recommence ? A
priori, oui. Si ce n'est que malgré peu de nouveaux lieux
au tableau nocturne de cette rentrée, le clubbing local continue
de monter en flèche. Premier événement de cette
rentrée, Aéronite. Dans le cadre de la nuit du Petit
Paumé, La Marquise associée au guide étudiant
se lance dans un festival de "on n'a jamais vu ça à
Lyon" : le samedi 20 octobre, sous un hangar de Bron, défileront
le plateau de djs le plus "vavavoum" jamais dansé
dans des kilomètres à la ronde. Dj Cam, Les Clones,
Flore, Natty Bass, Gilles Petersson, Little Louis Vega ou encore
Freddy Fresh amuseront le peuple. Village de labels locaux, rampes
de rollin' et funky déco gonfleront la nuit de cette rentrée.
La semaine prochaine : les mixer-bars et lieux gays
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| MERCREDI 12 SEPTEMBRE
2001 _ #143 |
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Je
n'ai jamais rien vu, je n'ai jamais rien vu d'aussi haut, c'est
haut.
Mardi 11,
un hélicoptère survole la place Bellecour en plein
boum des sorties de bureaux. Quoique habitué à mater
son droit chemin bien horizontal, chacun lève les yeux vers
le ciel à l'affût d'une invasion globale et improbable
de Boeing destructeurs. Au Comptoir Sainte-Hélène
(place Gailleton, quartier Bellecour), Claire n'a pas envie de plaisanter
: "Ce qui vient de se passer est humainement terrifiant."
Plus tôt, en plus lunaire, dj Arnie s'écroulait
sur le portable : "New York sans ses Twin ne sera plus jamais
la même. C'était les plus beaux gratte-ciel du monde
: ceux sur lesquels King Kong était perché dans sa
version ciné de 1976 ; ceux où S-Express tournait
son clip pour Superfly Guy". À la Maison
de la Danse, l'ouverture de la saison se joue dans le magnétique
avec la première du circonstanciel Sabotage Baby de
Ohad Naharin et la Batsheva Dance Company. Les danseurs humanoïdes
s'aimantent sur la scène et tentent, au fil des différents
tableaux, de s'extirper de leur basse condition de robotiques machines
qui se larvent sur une musique industrielle et stridente. Sombre
et poétique, la représentation froisse sensiblement
ma paroi cardiaque. Peu d'enthousiasme au cocktail suivant où
Jean-Paul Brunet virevolte avec sa petite besace d'éternel
bel ado, Claire discute Lyonpassionnement.com avec Julien Berthet
alors que Heidi s'enfuit, à peine une coupe vidée.
Clignez des paupières. Jeudi,
François Kanardo m'invite à le rejoindre à
la Galerie Néon pour une installation "Cosmétique"
sans grand intérêt mais qui a dû ravir quelques
beaux-hardeux présumés artistes. Au Mushi-Mushi,
nous plongeons une sucette dans des cristaux de sucre et faisons
frire notre bouche sous l'éclat de fraise industrielle. Un
bonbon Pez plus loin, nous soupons à l'adorable Koutoubia
(rue Hippolyte-Flandrin, quartier Terreaux) avant de cligner des
paupières, un verre de thé à la menthe renversé.
Vendredi, le Ninkasi Kao
fait pression, dans sa distillerie, sur son quatrième anniversaire.
Christophe Fargier épate d'assurance (le garçon
bafouillait un petit peu l'an dernier pour l'ouverture du Kao) devant
Gérard Collomb et Jean-Pierre Flaconnèche.
Quatre verres à la santé du lieu (et à mes
31 ans tombés) et nous traversons le Kafé qui plafonne
les boules luisantes de Ellie et Jérôme pour courir
un before au Cap Opéra transformé en plage
d'Ibiza. Nous traînons quelques grains de sable jusqu'au Dark's
en petite forme avant qu'Arnie s'échappe et que Pascal m'embarque
au Medley. Sur un Tainted Love de Soft Cell
(remixé 1983 et des poussières), je frotte direct
un Alain peu farouche et obtiens, en deux caresses, mon cadeau d'anniversaire
sexuel. Clignez des paupières. Samedi,
Laconque m'offre un radeau de sable gris dans lequel surnage
deux galets gravés "YOU" et "LOVE" :
"Tu peux les disposer en 'You Love' ou 'Love You'. Au choix",
me sourit l'amoureuse. Au Mushi, Kamel me kidnappe coiffé
d'un turban afghan orangé et crie : "Je l'ai ! Je
l'ai !". Christelle Kanardo taxe mon couvre-chef de provocation
pendant que Fred de B. insiste pour nous montrer un tour
de magie. Le fishburger de Laconque en poche, le peintre
s'amuse ("Promis, dès que je rentre chez moi, je
le mets dans un aquarium") et s'allonge à plat-ventre
entre deux tables afin que son chien, Loana, lui saute dessus. Plus
tard à La Marquise, Mandrax initie le dancefloor aux
torsions de beats electro à la mode dans un mix plus que
réussi. Hubert Lafferrière (qui est au nightclubbing
flamboyant ce que Marco de Lyonpoupoules.com (mercial) est aux mondanités
locales) s'échappe cheveux au vent et nous dégoulinons
de margarita. Christelle Kanardo finit drunky devant Nasser et la
paire de beaux gosses, Antoine et Julien. Nous poussons hors des
flots une paire irlando-américaine avide de toujours plus
à boire et fermez les paupières.
Rentrée
des clubs (2). L'activisme gay continue. À l'instar du
Dark's Klub, bientôt majeur dans le paysage nocturne lyonnais,
le Cap Opéra inaugure des apéros mix tous les jeudis.
Enfin finis les pousseurs de cd-deux titres cheap'n'cheesy et à
la traîne de ce que les établissements "hétéros"
proposent depuis des lustres. Presque fini. Car si des efforts sont
faits pour une musicalité un peu plus avant-coureuse, les
djs résidents des clubs gays vous font friser la dépression
nerveuse (circa la calamité des "sets" du Régis
au Dark's). Côté "soirées mensuelles mainstream
et hardhouse", Factory continue au Fridge sous la baguette
de David Vincent (le retour) et Enjoy s'installe au Transbordeur
pour des gay-festen gargantuesques (première le 21 octobre).
Pour ceux qui aimaient avoir le tee-shirt mouillé par la
transpiration, Le Medley est enfin climatisé et promet nuits
qui sentent toujours autant le sexe et la musique d'antan. La Jungle
se paye, les dimanches matin, l'after le plus hardsex de la ville.
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| MERCREDI 19 SEPTEMBRE
2001 _ #144 |
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Effets
somatiques
Semaine
de crève à renifler et à fuir l'huissier. L'huissier,
tout comme le banquier, possède, en commun avec le rhume
automnal, cette vilaine manie de refuser de vous lâcher tant
qu'il ne vous aura pas suffisamment infecté. Vermine, va
! Mardi 18, chez Christophe
Boum et Primabella, Claire me couvre de chocolats Richart
et champagne pour en finir avec mes trente ans périmés.
Clignez des paupières pour une glissade dans le surplace
des mouchoirs au nez. Groggy, je laisse couler la semaine à
regarder la ville se mouiller et m'essaie à sentir le souffle
nouveau. Passé l'engouement estival des apéritifs
plus ou moins en vogue sur musiques tranquilles voire insipides
(palme d'or du "mieux-plus-bien" au Cap Opéra
et à la buvette du pont Wilson), les clubs vont-ils nous
passer la pommade du "loungy" tout l'hiver avec feux de
bois et canapés en cuir au pied du dancefloor ? Je prie l'enfer
chaque matin devant mon tube de crème Nickel (Lendemain de
Fête) pour que ce malheur ne se produise pas. D'une part par
respect pour les styles musicaux (principalement soul et deep-house)
moulinés en un vulgaire fond sonore et ainsi dénoyautés
de toutes leurs saveurs groovy et festives originelles. D'autre
part, pour l'effet de mode "Lounge" plus que mité.
Prenant son envol parisien au milieu des 90's, le "la-haut-ange"
ne se terre plus aujourd'hui que chez les branchés campagnards
coincés de la fesse et ouverts de la carte Am-Ex. Alors sur
quoi peut-on miser pour "no-futur" nuitées ? La
nuit n'est probablement qu'un bâtard reflet de l'état
de la société et un recyclage permanent d'époques
révolues. La french touch débutait electro (Motorbass
et Garnier) pour dégénérer en disco-house (Bob
Sinclar) à faire ressortir les mythes du Palace, Studio
54 et look "boule-à-facettes" : l'argent facile
et la flambe ou les Audi TT et les start-up. Aujourd'hui, la "masse"
se soulève, grogne, revendique. Anti-mondialistes et ravers
en free-parties, même combat : le refus du système.
Musicalement, la new french touch vire electronica avec de méchants
relents new-wave eighties, sonorités acid et rock psychédélique
lorsque ce ne sont pas de mauvais revivals cogités par une
world disc compagny (New-order, Depeche Mode) (et on ne parle même
pas du néo-hard jungle noisy electro post-punk qui vire souvent
deep house ex-metallica néo-trip hop futur jungle bass, NDC).
Le look punky ressort des penderies avec les cheveux teints en vert,
rouge ; les bottines à la limite du SM montent aux chevilles
des jolies ; les clés de l'appartement montés sur
chaîne déglinguée cliquent autour du cou Rien
ne semble annoncer une rentrée nocturne douce et "raffinée".
Société, musique et mode se tournent vers un peu de
violence et esprits dérangés. Je prends une cuillère
de sirop pour m'adoucir la gorge et ferme les paupières,
un sourire envieux de cette hypothétique tournure de la nuit.
Rentrée
des clubs (3 et début). Mercredi, Le Monde à L'Envers
laisse les platines à Nassaboy et Mc Shane pour une fête
old-school, Ring The Alarm. L'Étoile Opéra (26, rue
de l'Arbre-Sec, quartier Terreaux) se pose en mixer-bar quotidien
avec, pour ce jeudi, un dj-set planant de Azura. Au First, Paco
Rabanne sponsorisera une Nuit d'Excess pour faire sentir les cocottes.
Vendredi, retour au Mushi-Mushi de Nassaboy avec un Reggae Delight
qui sentira bon les orteils écartés couverts de sable.
Au Melting Pop Café (1, rue Saint-Benoît, près
du quai Saint-Vincent), Alex Da mixera drum'n'bass et big beat.
Alors que dj Grégory exportera le son housy des soirées
parisiennes de Sylvie Châtaignier à L'Ambassade, La
Marquise boostera sur un ping-pong disco-house entre dj Touch, Teddy
G et Lea Lisa lors d'une 3S Party (Sweet Seductive et Soulfull).
Les lolitas, scotchés au bar de la péniche devant
Julien (voir photo), devront rembarquer le lendemain, samedi, pour
dire adieu au pretty man lors de sa dernière nuit de service.
Au Tactika, D-troy et Will tenteront de faire Fashion avec tout
plein de gens fashion et people. Beau concept, le "fashion".
La Cour ne se remettra encore pas de sa nuit Chippendales avec,
là encore, de la belle chair et des corps transpirants. Dimanche,
dans le genre "on-ne-fait-pas-mourir-un-bon-filon", David
Vincent repartira avec une nouvelle série de Factory au Fridge.
La soirée sera basée sur aucun thème particulier
et se montrera en Version Originale tout simplement. Mercredi, Arture
(les artistes bien dans la nature) se fera, comme chaque premier
mercredi du mois, à la buvette du pont Wilson. Le principe
: manger, discuter, picoler, bref, le bonheur.
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| MERCREDI 26 SEPTEMBRE
2001 _ #145 |
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Charge
éditoriale.
La semaine dernière dans cette colonne, Le Guilloux NDC se
payait ma plume (qualifiée de "on-n'y-comprend-rien-à-tes-papiers")
en y glissant une extension de texte personnelle. Torpillage ? Pas
vraiment. À plusieurs reprises, j'incitais le maître-correcteur
des articles de Lyon capitale à jouer de l'arme des "Notes
Du Claviste" (NDC) dans le journal et ici même volontiers
: ces greffes de parenthèses sauvages et inattendues permettent
de réveiller les éventuels articles bien convenus
("force est de constater" ; "le travail
très intéressant de" ; "gageons que")
ou d'énerver certains égos surgonflés ("Nous,
journalistes, savons tout. Vous, lecteurs, nous vous apprenons tout").
L'idée d'une insertion d'un auteur, présumé
premier lecteur puisqu'il corrige, dans le texte d'un autre, me
semble amusante, et une expérience à tenter. Ainsi,
un petit goût de journalisme en version 70's devrait de temps
en temps souffler sur cette chronique. Bienvenue à NDC.
Traine-les-pieds
"Je ne
sais pas trop ce que je fous là", réponds-je
à Landry, vendredi,
au Dark's. La toux de plus en plus tenace et le coeur au
ralenti, je n'arrive pas à me défaire de ce mauvais
rhume et me trouve bousculé par un train de fashion victims
dans un club gay surélevé d'un plancher de ballons
blancs qui, touchés par le brasier des cigarettes, éclatent
de toutes parts. Je me rends à l'évidence que sortir
la nuit demande énergie et esprit de survie. Il faut lutter
en permanence dans les lieux communs pour se frayer un chemin, commander
un verre ou délimiter sa place sur un dancefloor. Intuitivement,
je déroute vers L'Ambassade avec en tête le
souvenir inoubliable de l'époque où le club de la
rue Stella était mon deuxième toit, où l'esprit
de famille et la bienveillance générale donnaient
au lieu son cachet mythique. Si je me soigne sur un mix housy ciselé
d'electro-beats de dj Grégory, l'engouement n'y est
pas. Le son magique me traverse et un sourire d'émerveillement
ouvre mon visage devant le dj parisien qui se tord de plaisir en
calant ses disques avec subtilité. Mais un détail
me rend absent : des mégots sur le dancefloor. Les mégots,
il y a en a partout dans une boîte. À L'Ambassade,
il y a quelques années, le raffinement était tel que
chacun cherchait un cendrier afin de respecter le lieu tout en respectant
les autres fêtards. Le club mettait en place une sorte de
méthode Disney qui consiste, pour le géant du rêve,
à rendre ses parcs de loisirs toujours propres, ultra-nickel,
afin que ses visiteurs culpabilisent dans l'hypothèse où
il leur viendrait l'idée de jeter un papier gras au sol.
Pour L'Ambassade d'aujourd'hui, tout comme les autres discos, cette
hyper-attention aux services offerts n'existe plus et, comme par
logique, le non-respect de leur propre lieu et des personnes accueillies
(circa l'attitude "bétallière" de certains
portiers) tend à rendre les clubbers agressifs entre eux
ou impolis envers le personnel. Peu importe, puisque c'est ça,
une fois rétabli, j'écraserai tout le monde. Clignez
des paupières. Samedi,
Julien fait ses adieux au bar de La Marquise et reçoit
des saluts à grands cris sur les marches de l'entrée.
Peggy, Ange et Jèrôme survitaminés dansent autour
du beau gosse tandis que Laconque se fait shooter par la
DV de Bernard qui, plus tôt, lui lance "Tu as les
seins en pointe. Tu es naturellement belle". Je m'éclipse
et ferme les paupières sur This is not a love song
de PIL, impatient de retrouver de bonnes formes.
Relief
the fire. Mercredi, Sergent Garcia s'offrira un mini-live à
La Marquise dès 19h, alors qu'à la Buvette du Pont
Wilson, les associés d'Arture picoleront autour du peintre
Philippe Moncorgé. Jeudi, dans le cadre des journées
Tapis Rouge de la rue Auguste Comte, Fred de B. vernira sa nouvelle
exposition "En voie de disparition" à la Galerie
Archaïa (au numéro 10 de la rue). Plus tard, K'reem,
Cyb, Nyto, Stux et DDD secoueront le Bistroy de drum'n bass. Vendredi,
le Fish accouplera Charles Schillings aux platines et Clémentine
Célarié sur le dancefloor. Au Woodland's (32, quai
Arloing - Quartier Pont Mouton), Zoom, la soirée hebdomadaire
de Plein Gaz Production, gravitera autour de Philgood et Spider.
La soirée Homemade donnera dans l'electronica des Yage Orchestronika,
Blue, Cookie B et Yorgl au Melting Pop Café. Le plan Vital
de la semaine se déroulera à La Marquise avec un live
du très en vogue Isolée. Samedi, Le Medley (19, rue
Childebert - Quartier Cordeliers) fêtera son anniversaire
avec Miss Medley en tête des amuseuses. Au Rail Théatre,
Delco Motion rassemblera les ravers intra-muros autour de Bobby,
Agoria, Max Le Sale Gosse et plus au 06 76 85 21 20. Enfin, Spider
et Rucangola rouleront les mécaniques latinos à La
Marquise et sa Pepe Salsation.
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INSTINCT NOCTURNE
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Écrit
par Baptiste Jacquet |
a été publié sous l'appellation
"Nuits Mobiles" jusqu'au
22 nov. 06 dans l'hebdomadaire
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