INSTINCT NOCTURNE

Écrit par Baptiste Jacquet
a été publié sous l'appellation
"Nuits Mobiles" jusqu'au
22 nov. 06 dans l'hebdomadaire

 
MERCREDI 27 JUIN 2001 _ #131
 

Le sucre, c'est de la graisse

Mardi 19, Marie-Êve tourne en rond d'ennui lors du vernissage de l'expo de Santiago Reyes à la Galerie Georges Verney-Carron (90, cours Émile-Zola, Villeurbanne). Les artistes se réapproprient la galerie et glissent dans la peau du maître des lieux, de l'attachée de presse, de la secrétaire (pas de la femme de ménage ?). Concept drôle mais qui manque de saveur in situ. On se rattrape sur une série de photos-portraits, jeu amoureux en dominos où les couples d'amants se suivent et ne se ressemblent qu'à un homme près. Nous clignons des paupières au Mushi-Mushi et Kamel, nerveux mais toujours adoré, se découvre une plume journalistique (lire page 44). Mercredi, une tournée dans le quartier Bellecour nous balade au The Comptoir (39, rue Sainte-Hélène), nouveau bar amical et stylé "pub royal" de Jean René. Nous finissons au Bastringue, en pleine projection d'un Vol au-dessus d'un nid de coucou démoniaque, sur une assiette de charcuterie-fromage et rouge à flots pour parfaire le monde en parlotte avec Jérôme et Elli. Clignez des paupières. Jeudi, après une rapide inauguration de la plage de La Marquise, nous grimpons à la Buvette du Pont Wilson pour notre fête de la musique annuelle et le duo chic et soul, 3 mai. Le bonheur est sur le quai : Sophie et Jean-Marie en pleine classe authentique et souriante trinquent avec Z2, torsé en orange gaufré ("D'accord il est froissé mais c'est très gloss à Istanbul cet été", feinte mon compagnon de jeux). Françoise, le visage légèrement soufflé par une brise de spleen et Pierre Le Magnifique me rappelle une party de campagne à venir. Laconque nous rejoint et relate sa dernière aventure sexuelle "d'une durée de 15 jours. Il était riche boulanger lyonnais et voulait m'épouser. Mais à terme, c'est toujours pareil : les mecs ne voient en moi qu'une salope". Nous investissons un camion de gravats recouvert d'une planche et dansons sur Les surs jumelles à en transformer les voies circulantes en un flux continu d'encouragements avec cris et klaxons. Nuit brillante et "so sweet". Vendredi, Le 115 tente de mélanger post-diplômes de l'École des Beaux-Arts et bimbo-pimpos pour une soirée off de la Biennale Connivence. Mon Èpouse se remet juste de son reportage à l'apéro du Fish de la veille : "très fort au niveau des échanges. Une blonde qui souffle : 'j'en ai ras-les-mules !' Plus tard, la discussion sur le régime se concluant par 'tu vois, le sucre, c'est de la graisse'. Très amusant à voir." Nous fuyons pour plus et encore plus rire au Medley et sa soirée Loft Story : Lady Medley, en paréo et grosse peluche au bras, se rêve Loana (plutôt la Cicciolina en taille forte) et forme des couples improbables à coups de tirages au sort. Prêt à fuir, Z2 s'enlise de gêne sur une banquette devant les lèvres mouillées avec insistance et tendues par un jeune Flamand, torse garni de testotérone. Clignez des paupières. Samedi, nous accompagnons, dans une virée homo, Dj Arnie, Michel et Double D relooké pintade-de-Bresse : "J'ai fais la déco des cheveux en gris et demain je mets le pantacourt", s'enfollasse le gars. Après un dîner à la Gargote où seul le vin trop glacé tache, nous respirons au familier et glossy Cap Opéra avant de mettre un peu de sexe dans la backroom du Dark. Là, jeunes et moins jolis se rendent au confessionnal, s'agenouille et brûle des cierges coulant. Arnie en sort heureux en cinq minutes avant que je ne puisse partager la bouche aimable d'un Enrique C. excitant. Fermez les paupières.

Autopromo pédalo. Dimanche, dès 16h et jusqu'à plus soif, Beadoa (Z2, Claire, François MITV & I) referont le Closer Club sur la plage de la Marquise. Grand Air réunira Flore, Symbioz, Fraggle, Rémi, Arnie, Teddy G et Manoo pour un round sableux de 20h de mixes. Prévoir lunettes de soleil, serviettes de bain ou toutes autres tenues à porter sur une plage de Deauville ou du Grau-du-Roi. Ré-actline : www.chez.com/beadoa.

Soniclubbin. Mercredi, le hip hop divisera les fans de Kost et Goldfinger au Fish et ceux de Khéops et Superfunk au Fridge. Jeudi, c'est lounge en terrasse : au Seven'th (40, allée Pierre-de-Coubertin, Gerland) et sur la plage de la Marquise. En soirée, toujours à l'air libre, l'àKGB donnera sa Girl's Date hebdo. Le Fish enchaînera sur une Élégance avec Charles Schillings en tête de liste tandis que La Marquise se junglisera avec Shy Fx, Alex Da, X wada et Big Dub Sound System. Vendredi, Oops ! investira le créneau régresso-eighties avec Caroline Loeb au Fridge. De la House Party fera tourner Rork, Lady Bird, Cisco Frisco et Léa Lisa à la Marquise. Samedi, le Tactika (ex-Duplex) lâchera sa mousse sur les sets de Bouddha et JPS. Le Fridge donnera son Open House Party en compagnie de Paco et Didier Sinclair. Boum sera la fête sympa du samedi soir au Trois-Huit. Plus d'infos au 04 72 33 81 87. La Marquise s'élancera dans une Follow Me Party soul et funky avec Tito et Joh.

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MERCREDI 05 JUILLET 2001 _ #132
 

Repos bourgeois

"Hétéroclite ? Le mot le plus affreux que je connaisse : ça commence comme hétérosexuel et finit comme clitoris. Je préfère homogène", place Robert V., jeudi, à la terrasse du Cap Opéra à l'occasion de son premier anniversaire. Enrique C. déplace, ivre mort, sa libido de nouveau célibataire et son joli regard de suceur confirmé sur dj Arnie. À l'approche du Closer Club Grand Air, chacun se cherche une idée de travestissement afin de coller au thème : "en cantatrice avec une grande robe qui chante" pour Robert V. ou "totalement nu, un ventilateur de poche sur ma queue en érection" pour Christophe Boum. Clignez des paupières. Vendredi, nous captons les derniers rayons de soleil à L'EscalierFred de B. offre un recueil de poèmes à Claire, toujours muette sur l'identité de son nouvel amant. Le dîner se fait Chez Carlo où, suite à l'énoncé de mon fantasme de baiser avec un mec devant sa copine, ma princesse analyse : "C'est votre hétérosexualité qui se manifeste : vous rêvez du mec pour vous faire la fille." Si peu sûr. Poussé par une envie insistante de me retrouver plaqué contre la peau d'un terrible amant afin de suer de chaleur, je retrouve Didier au Medley. Le jeune homme me glace d'un "je ne veux ni ami, ni amant. Il n'y a que le sexe dans ma vie et le reste n'est rien. L'amitié et l'amour ne tiennent que par l'argent. Si tu en as pour suivre l'Autre, tout va bien. Si tu n'en as pas, tu es largué, mis de côté". Clignez des paupières à La Marquise. Un avocat parisien, évacué du Fish suite à son incendie, ne supporte guère mon vouvoiement coutumier mais accepte une drague commune. L'un et l'autre, maladroits dans l'approche de proies volatiles, finissons par couler sous des draps chauds de solitaires. Comment écrire sur Grand Air, dimanche à La Marquise étant entendu que je me retrouve co-organisateur de cette journée à la plage ? Mi-préoccupé par le succès de la fête, mi-charmé par cette journée d'Eden, j'aurais tout faux d'écrire que le trio Rémi-Manoo-Fraggle bascule, à fortes doses de calmants musicaux baléariques et soul, la plage de la péniche en presqu'île transpirante de gentle people allongés sur les transats et prêts à barboter dans le Rhône ; que Peggy se fleurit de pétales de fleurs en guise de cils sous ses couettes nouées de marguerites fraîches ; que Claire, en grande dame de la côte normande et coiffée d'un chapeau surdimensionné, se régale d'échanges avec Jean-Paul Brunet, Christophe Monfort, Françoise Besnard et un Gilles Baize portant haut un escargot volant. Ce serait contraire à l'éthique journalistique d'avancer que Julien-Justin griffé d'un grand "R" sur le torse me plaît encore plus ; qu'Alain Turgeon filme son Hector avec la DV de Z2 ou qu'un Donald flotte dans une bouée transparente lorsque la nuit tombe sur des cannes à pêche lumineuses swinguant sur le fleuve et créations de Jérôme et Elli ; que Jean-Pierre Bouchard et Patrice Béghain rallongent, jusqu'à ce que fin de nuit s'ensuive, leur initiatique passage au doux concept "un dimanche à la plage" pour grignoter au barbecue et assister à un feu d'artifice tiré par Z2 sous les encouragements de plagistes détendus et les beats excitants de Flore. Ce serait de la pure promo que de prétendre voir Mon Épouse, Alain et David Cantéra du Modern Art Café se laisser rouler, pieds nus, dans l'acid house de dj Arnie au fond de la péniche tandis que Robert V., en paréo vert, loue le talent du sexy aux platines à Patrice B. ; que de croire que Pascal Poulain après son travail photo japonisé sur les hublots du bateau sorte indemne de ses deux précédentes nuits blanches. Tout cela écrit semble "pas bien" mais tellement vrai. Fermez les paupières pour l'été.

Last trip B4 summer exit. Mercredi, troisième session de Rage in The Dancehall à La Marquise avec Slider, Samir et les mcs Sir Kenny et Ken. Jeudi, déferlante d'apéros sur la ville : un instant décontracté au The Comptoir (place Gailleton, Bellecour) suivi d'une plage Sundaes à La Marquise, d'un verre au Cap Opéra, d'un dernier rayon de soleil au Mushi-Mushi ou au Modern Art Café vous fera faire le tour des apéros les plus réussis et tranquilles de la place. En nocturne, la Marquise sautillera lors de la Junglerollez 6 avec Science, Kush, Brooks, Ranium et Nokman. Vendredi, à Eurexpo, débutera le Reggae Festival avec, en pleine affiche sur le week-end, Horace Andy, Tiken Jah Fakoly, Gregory Isaacs, Janik et plus au www.reggaetribe.com. Samedi, Wake Up fêtera son deuxième anniversaire avec Luck, doc et D-troy. Dimanche, Sundaes reviendra sur la plage de la Marquise. Lundi et tout l'été, La Passagère sera notre point de ralliement pré-nocturne.

Frigo à flows. Le Fridge deviendrait-il une centrale hip-hop ? À voir. Mercredi, le magazine V6.9 y fera sa Party avec dj Fun et Eddy Kent. Jeudi, dj LBR mixera R'n'B et toujours hip hop pour les infatigables de la veille. Enfin, dimanche, BOSS Party réunira Joey Starr, James et Terror Seb pour clore la semaine.

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MERCREDI 12 JUILLET 2001 _ #133 - #140
   

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MERCREDI 29 AOUT 2001 _ #141
 

Summary (retroconcessions estivales)

Au commencement de juillet, assis sur le fauteuil au milieu du salon, le parquet en champ de boîtes de cd ouvertes, j'engage ma petite déprime de chroniqueur en vacances. A Dream de Lou Reed et John Cale étire l'air ambiant et tourne en "repeat" plusieurs heures jusqu'à me poser sur un petit nuage gris en basse altitude. Les deux mois à venir me sortiront vite de cette apesanteur glandouillarde : Claire et Le Guilloux m'embarquent pour Jazz à Vienne un soir de pluie en juillet. Pierre Budimir nous dorlote de panchos à effet de serre, petites gouttes à mettre dans le ventre et privilège d'assister en backstage à un concert lumineux de Medeski Marin And Wood : trio new-yorkais de jazz électro-taré où un frisson d'extase me gagne lorsque les musiciens font corps avec leur instrument, ou plutôt, lorsque je ne distingue plus qui de l'instrument ou de l'artiste produit autant de bonheur. Toujours juillet, Julien-Justin se frotte aux nuits du Dark's en ne cessant de pousser des "J'adoorre !" de jeune premier en cours à un probable Fashion-Victim Center. Alors qu'il prétend qu'" Olivier Malnuit de Technikart adoore se faire des étudiants", je l'arrête net : "Pas moi : ils sont bêtes et ne savent pas sucer, ou alors avec les dents". Quelques jours plus tard, toujours dans ce même club (en passe de devenir le plus excitant de la ville), Marc Chabert refuse l'autocollant de la love-contact du soir et concède que le lieu est voué à s'agrandir, "étant propriétaire du sol au plafond". "De la backroom au plafond", rectifiè-je. Cette même backroom qui sera le lieu de visites multiples tout l'été en compagnie de Christophe Boum et Primabella. Dans ce sous-sol bucolique du bien-être, Jérôme L. se retrouve nu à cracher des "J'espère que tu ne t'es pas branlé aujourd'hui", ou "J'aime l'odeur de ta queue". Au 14 juillet, la Caserne de Saint Louis donne son bal dans ses hangars. Occasion pour Laconque de fondre d'admiration sous le nec plus sexy, Christophe Boum. Nous clignons des paupières dans le bar des pompiers où le champagne coule à grands jets au milieu de divorcées choucroutées en jupes à volants espagnoles, et faux-pompiers (mais vrais gays) trop heureux de côtoyer leurs modèles fantasmés. Le mois s'achève dans une série de bains de nuit chez Laconque sous perfusion de Vodka, Champagne, barbecue de poissons et squat intégral du poolhouse : Claire y jettera sa perruque coiffée-colorée version Cher, Ange nous proposera un plan à trois inabouti, Christophe apprendra le "clitoridien". Le "clitoridien" est un pur produit de l'été. Il consiste, pour un gay, à s'aventurer dans les cuisses des jeunes filles juste pour le fun. Il donnera lieu à une longue nuit de débats chez Marie-Eve où, en même temps, nous tordrons le coup à ces stupides "hype", "tendance" ou "lounge", que les paysans urbains affectionnent actuellement : "Employons plutôt "à la mode", "au goût du jour" ou "en vogue"" snobe justement Claire en pleine embrouille avec Mezzont, son amant secret depuis le printemps. Ma Princesse m'embarque pour Henri Salvador aux Nuits de Fourvière qui vaut, en concert, ce que vaut son dernier album : tranquille. Un crochet par le Village de la colline nous fera vite fuir : encravatés affamés (oups, Jacques Haffner au buffet des desserts) et quelques happy-fews égarés. À l'invitation de Françoise, Pierre Le Magnifique et Fred. D, nous passons un week-end à la campagne dans la ferme des deux amours. Claire trépigne dans le train à l'idée de revoir Patrice Armangau, à en avoir oublié ses raquettes de Badmington. Dans la chaumière, nous nous attablons sous le préau et dégustons vins et jambon fondant et caramélisé cuit au feu de bois par Fred.D. Patrice Béghain prend Claire par le bras et insiste pour nous marier ensemble alors qu'elle le couvre de faux-titres "Monseigneur", "Monsieur Le Ministre". Un présumé acteur lance des horreurs ("C'est de bon goût", "Très intéressant, le travail de") à me donner la rage et à tenter de sabrer la bonne tenue du souper. Alors que Tornon me fait la cour, Luis et Claire se rapprochent pour former un majestueux couple de snobisme haut de gamme. Après une sortie en tracteur à 2h du matin, trois sur l'engin et une dizaine dans la benne arrière à glousser comme des gosses tout en biberonnant du champagne et se bombant de crème chantilly, la nuit nous assouplit et le dimanche se fait bronzette et lecture de Voici et autres Paris Match sous les caresses de Tornon. Week-end définitivement gravé dans la case mémoire. Autre fin de semaine, autre ambiance : Mi-aôut, Cécile nous convie à son anniversaire où Fred De B. finira la nuit nu sous le poolhouse à se gratter la queue devant une tablée, Samuel en costume noir debout dans le bassin pour boire le lendemain matin des Martini blanc travesti en Samantha : boucles d'oreilles rubis et soutien-gorge de Laconque sur ses seins, il-elle se lamente : "Je veux mourir. Je veux mourir. J'ai tout essayé même la tête dans le barbecue au gaz". Nous roulerons la fin du jour dans l'acidité de verres de rosé en écoutant l'album de l'été (Felix Da Housecat - Kittenz and the Glitz) et son Madame Hollywood sussuré par Miss Kittin. Fermez les paupières.

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MERCREDI 05 SEPTEMBRE 2001 _ #142
 

I'm not in luv

Mardi 2, le VertuBleu retrouve une excitation que je ne sentais plus depuis le printemps. Le comptoir plie sous les coudes d'Emma et Alain Turgeon : "Si Alain a 14 ans d'âge mental, moi, j'en ai moins de 12", s'infantilise la compagne du nègre de Trouxe. Marie-Hélène se défoule sur Bernard, sa nouvelle tête de Turc, à qui elle lance des "connard" à chaque regard croisé. Agnès, toujours aussi ravissable mais petite sangsue teigneuse, demande toujours plus d'attention et se pose à notre tablée pour piocher dans mon assiette et accessoirement recevoir un exaspéré et méchant "tu me saoules Agnès, casse-toi". Autour d'Anne-Lise, Laconque, Christophe Boum et Primabella, le souper coule sous les assauts de Fred de B. qui se défroque le sourire malin et un petit éléphant en plastique pourvu d'une trompe-de-grand-mère placée sur son entrejambe. Clignez des paupières. Vendredi, au Comptoir Saint-Hélène de Jean-René (place Gailleton, quartier Bellecour), je pose la question du moment : "Ne trouvez-vous pas énervant les partenaires qui vous incitent à essuyer votre sperme juste après éjaculation, voire vous envoyer illico à la douche ?" Sous pression de bières, Olivier avance que "cela m'est jamais arrivé. Une fois, j'ai rencontré une fille qui replaçait sans arrêt mon verre sur le sous-bock ; qui avait la manie de tout ranger, tout frotter. De suite, j'ai senti le mauvais trip : 'Tu te laves avant, je change les draps et tu vas te laver juste après.' Pas possible." Jérôme nous invite à finir ses bouteilles de blanc en appartement. Nous profitons d'un air de fin d'été bien éthylée pour refaire l'histoire du cinéma d'auteur alors qu'Axel tente de nous épater avec sa fausse vraie bonne nouvelle : "On peut tout piquer sur kaaza.com : mieux que Napster." Le round nocturne se clôt dans un dégrisement au Brick System où un commercial grande gueule me fait part de ses expériences de grand voyageur. Le beau gosse au QI atteignant la température du bain à remous croit savoir que "tu sais, à la base, Mc Donald, c'est américain" et me rhabille pour le Dark's. Clignez des paupières. Samedi, une reprise de contact avec Le Bimb, mon amour d'un an carboné, tourne court. L'homme de mes dernières peines invente le tourisme-fashion : "Je suis à Florence avec ma belle-soeur". Pour les musées ? "Non, je fais la tournée de magasins d'usine : Prada, Gucci et là, je pars pour Fendy. Je suis heureux d'entendre ta voix et t'embrasse." Au dîner-court Chez Carlo (rue du Palais-Grillet, quartier Cordeliers) où nous prenons régulièrement quartier au bras de Claire ("La meilleure pizzeria de Lyon" selon ma princesse), Le Guilloux s'enfuit, énervé par nos charges indélicates. Mille excuses. Je souffle au Mushi-Mushi où Arnie fait le déplacement afin de se rafraîchir les yeux auprès d'Antoine, remplaçant de Kamel pour un soir et charpente sexy consolidée de douces attentions et politesses de garçon bien élevé. "C'est LE mec idéal", décrète le dj. Un retour au Dark's surchauffé où Guy Darmet pulse au bar le garage upliftin' mixé par Allen alors que madame Claude, toujours très tropézienne sous poppers et assise telle une mère nourricière, impose son comeback de grande prêtresse gay du moment et met à ses pieds de jeunes minous en tee-shirts moulants. La backroom semble impraticable tellement les cabines dégorgent de corps allongés, d'enculades verticales et mateurs déceinturés qui feront soupirer Arnie : "Il va falloir bientôt y installer un distributeur de tickets d'attente." Lynx, le torse nu et élancé, me colle et la moiteur de sa peau me rappelle ce douloureux amour jamais entrepris ensemble. Nous clignons des paupières au Box Office. Mille et un insomniaques burinent sur de la sous-hardhouse lorsque mon coeur lâche : excitant par son gigantisme, navrant par ses barmaids détestables et le manque de sexy et d'humanité de l'affaire, l'after me balance dans la lenteur du premier tram. Fermez les paupières.

Rentrée des clubs (1). On prend les mêmes et on recommence ? A priori, oui. Si ce n'est que malgré peu de nouveaux lieux au tableau nocturne de cette rentrée, le clubbing local continue de monter en flèche. Premier événement de cette rentrée, Aéronite. Dans le cadre de la nuit du Petit Paumé, La Marquise associée au guide étudiant se lance dans un festival de "on n'a jamais vu ça à Lyon" : le samedi 20 octobre, sous un hangar de Bron, défileront le plateau de djs le plus "vavavoum" jamais dansé dans des kilomètres à la ronde. Dj Cam, Les Clones, Flore, Natty Bass, Gilles Petersson, Little Louis Vega ou encore Freddy Fresh amuseront le peuple. Village de labels locaux, rampes de rollin' et funky déco gonfleront la nuit de cette rentrée.
La semaine prochaine : les mixer-bars et lieux gays

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MERCREDI 12 SEPTEMBRE 2001 _ #143
 

Je n'ai jamais rien vu, je n'ai jamais rien vu d'aussi haut, c'est haut.

Mardi 11, un hélicoptère survole la place Bellecour en plein boum des sorties de bureaux. Quoique habitué à mater son droit chemin bien horizontal, chacun lève les yeux vers le ciel à l'affût d'une invasion globale et improbable de Boeing destructeurs. Au Comptoir Sainte-Hélène (place Gailleton, quartier Bellecour), Claire n'a pas envie de plaisanter : "Ce qui vient de se passer est humainement terrifiant." Plus tôt, en plus lunaire, dj Arnie s'écroulait sur le portable : "New York sans ses Twin ne sera plus jamais la même. C'était les plus beaux gratte-ciel du monde : ceux sur lesquels King Kong était perché dans sa version ciné de 1976 ; ceux où S-Express tournait son clip pour Superfly Guy". À la Maison de la Danse, l'ouverture de la saison se joue dans le magnétique avec la première du circonstanciel Sabotage Baby de Ohad Naharin et la Batsheva Dance Company. Les danseurs humanoïdes s'aimantent sur la scène et tentent, au fil des différents tableaux, de s'extirper de leur basse condition de robotiques machines qui se larvent sur une musique industrielle et stridente. Sombre et poétique, la représentation froisse sensiblement ma paroi cardiaque. Peu d'enthousiasme au cocktail suivant où Jean-Paul Brunet virevolte avec sa petite besace d'éternel bel ado, Claire discute Lyonpassionnement.com avec Julien Berthet alors que Heidi s'enfuit, à peine une coupe vidée. Clignez des paupières. Jeudi, François Kanardo m'invite à le rejoindre à la Galerie Néon pour une installation "Cosmétique" sans grand intérêt mais qui a dû ravir quelques beaux-hardeux présumés artistes. Au Mushi-Mushi, nous plongeons une sucette dans des cristaux de sucre et faisons frire notre bouche sous l'éclat de fraise industrielle. Un bonbon Pez plus loin, nous soupons à l'adorable Koutoubia (rue Hippolyte-Flandrin, quartier Terreaux) avant de cligner des paupières, un verre de thé à la menthe renversé. Vendredi, le Ninkasi Kao fait pression, dans sa distillerie, sur son quatrième anniversaire. Christophe Fargier épate d'assurance (le garçon bafouillait un petit peu l'an dernier pour l'ouverture du Kao) devant Gérard Collomb et Jean-Pierre Flaconnèche. Quatre verres à la santé du lieu (et à mes 31 ans tombés) et nous traversons le Kafé qui plafonne les boules luisantes de Ellie et Jérôme pour courir un before au Cap Opéra transformé en plage d'Ibiza. Nous traînons quelques grains de sable jusqu'au Dark's en petite forme avant qu'Arnie s'échappe et que Pascal m'embarque au Medley. Sur un Tainted Love de Soft Cell (remixé 1983 et des poussières), je frotte direct un Alain peu farouche et obtiens, en deux caresses, mon cadeau d'anniversaire sexuel. Clignez des paupières. Samedi, Laconque m'offre un radeau de sable gris dans lequel surnage deux galets gravés "YOU" et "LOVE" : "Tu peux les disposer en 'You Love' ou 'Love You'. Au choix", me sourit l'amoureuse. Au Mushi, Kamel me kidnappe coiffé d'un turban afghan orangé et crie : "Je l'ai ! Je l'ai !". Christelle Kanardo taxe mon couvre-chef de provocation pendant que Fred de B. insiste pour nous montrer un tour de magie. Le fishburger de Laconque en poche, le peintre s'amuse ("Promis, dès que je rentre chez moi, je le mets dans un aquarium") et s'allonge à plat-ventre entre deux tables afin que son chien, Loana, lui saute dessus. Plus tard à La Marquise, Mandrax initie le dancefloor aux torsions de beats electro à la mode dans un mix plus que réussi. Hubert Lafferrière (qui est au nightclubbing flamboyant ce que Marco de Lyonpoupoules.com (mercial) est aux mondanités locales) s'échappe cheveux au vent et nous dégoulinons de margarita. Christelle Kanardo finit drunky devant Nasser et la paire de beaux gosses, Antoine et Julien. Nous poussons hors des flots une paire irlando-américaine avide de toujours plus à boire et fermez les paupières.

Rentrée des clubs (2). L'activisme gay continue. À l'instar du Dark's Klub, bientôt majeur dans le paysage nocturne lyonnais, le Cap Opéra inaugure des apéros mix tous les jeudis. Enfin finis les pousseurs de cd-deux titres cheap'n'cheesy et à la traîne de ce que les établissements "hétéros" proposent depuis des lustres. Presque fini. Car si des efforts sont faits pour une musicalité un peu plus avant-coureuse, les djs résidents des clubs gays vous font friser la dépression nerveuse (circa la calamité des "sets" du Régis au Dark's). Côté "soirées mensuelles mainstream et hardhouse", Factory continue au Fridge sous la baguette de David Vincent (le retour) et Enjoy s'installe au Transbordeur pour des gay-festen gargantuesques (première le 21 octobre). Pour ceux qui aimaient avoir le tee-shirt mouillé par la transpiration, Le Medley est enfin climatisé et promet nuits qui sentent toujours autant le sexe et la musique d'antan. La Jungle se paye, les dimanches matin, l'after le plus hardsex de la ville.

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MERCREDI 19 SEPTEMBRE 2001 _ #144
 

Effets somatiques

Semaine de crève à renifler et à fuir l'huissier. L'huissier, tout comme le banquier, possède, en commun avec le rhume automnal, cette vilaine manie de refuser de vous lâcher tant qu'il ne vous aura pas suffisamment infecté. Vermine, va ! Mardi 18, chez Christophe Boum et Primabella, Claire me couvre de chocolats Richart et champagne pour en finir avec mes trente ans périmés. Clignez des paupières pour une glissade dans le surplace des mouchoirs au nez. Groggy, je laisse couler la semaine à regarder la ville se mouiller et m'essaie à sentir le souffle nouveau. Passé l'engouement estival des apéritifs plus ou moins en vogue sur musiques tranquilles voire insipides (palme d'or du "mieux-plus-bien" au Cap Opéra et à la buvette du pont Wilson), les clubs vont-ils nous passer la pommade du "loungy" tout l'hiver avec feux de bois et canapés en cuir au pied du dancefloor ? Je prie l'enfer chaque matin devant mon tube de crème Nickel (Lendemain de Fête) pour que ce malheur ne se produise pas. D'une part par respect pour les styles musicaux (principalement soul et deep-house) moulinés en un vulgaire fond sonore et ainsi dénoyautés de toutes leurs saveurs groovy et festives originelles. D'autre part, pour l'effet de mode "Lounge" plus que mité. Prenant son envol parisien au milieu des 90's, le "la-haut-ange" ne se terre plus aujourd'hui que chez les branchés campagnards coincés de la fesse et ouverts de la carte Am-Ex. Alors sur quoi peut-on miser pour "no-futur" nuitées ? La nuit n'est probablement qu'un bâtard reflet de l'état de la société et un recyclage permanent d'époques révolues. La french touch débutait electro (Motorbass et Garnier) pour dégénérer en disco-house (Bob Sinclar) à faire ressortir les mythes du Palace, Studio 54 et look "boule-à-facettes" : l'argent facile et la flambe ou les Audi TT et les start-up. Aujourd'hui, la "masse" se soulève, grogne, revendique. Anti-mondialistes et ravers en free-parties, même combat : le refus du système. Musicalement, la new french touch vire electronica avec de méchants relents new-wave eighties, sonorités acid et rock psychédélique lorsque ce ne sont pas de mauvais revivals cogités par une world disc compagny (New-order, Depeche Mode) (et on ne parle même pas du néo-hard jungle noisy electro post-punk qui vire souvent deep house ex-metallica néo-trip hop futur jungle bass, NDC). Le look punky ressort des penderies avec les cheveux teints en vert, rouge ; les bottines à la limite du SM montent aux chevilles des jolies ; les clés de l'appartement montés sur chaîne déglinguée cliquent autour du cou Rien ne semble annoncer une rentrée nocturne douce et "raffinée". Société, musique et mode se tournent vers un peu de violence et esprits dérangés. Je prends une cuillère de sirop pour m'adoucir la gorge et ferme les paupières, un sourire envieux de cette hypothétique tournure de la nuit.

Rentrée des clubs (3 et début). Mercredi, Le Monde à L'Envers laisse les platines à Nassaboy et Mc Shane pour une fête old-school, Ring The Alarm. L'Étoile Opéra (26, rue de l'Arbre-Sec, quartier Terreaux) se pose en mixer-bar quotidien avec, pour ce jeudi, un dj-set planant de Azura. Au First, Paco Rabanne sponsorisera une Nuit d'Excess pour faire sentir les cocottes. Vendredi, retour au Mushi-Mushi de Nassaboy avec un Reggae Delight qui sentira bon les orteils écartés couverts de sable. Au Melting Pop Café (1, rue Saint-Benoît, près du quai Saint-Vincent), Alex Da mixera drum'n'bass et big beat. Alors que dj Grégory exportera le son housy des soirées parisiennes de Sylvie Châtaignier à L'Ambassade, La Marquise boostera sur un ping-pong disco-house entre dj Touch, Teddy G et Lea Lisa lors d'une 3S Party (Sweet Seductive et Soulfull). Les lolitas, scotchés au bar de la péniche devant Julien (voir photo), devront rembarquer le lendemain, samedi, pour dire adieu au pretty man lors de sa dernière nuit de service. Au Tactika, D-troy et Will tenteront de faire Fashion avec tout plein de gens fashion et people. Beau concept, le "fashion". La Cour ne se remettra encore pas de sa nuit Chippendales avec, là encore, de la belle chair et des corps transpirants. Dimanche, dans le genre "on-ne-fait-pas-mourir-un-bon-filon", David Vincent repartira avec une nouvelle série de Factory au Fridge. La soirée sera basée sur aucun thème particulier et se montrera en Version Originale tout simplement. Mercredi, Arture (les artistes bien dans la nature) se fera, comme chaque premier mercredi du mois, à la buvette du pont Wilson. Le principe : manger, discuter, picoler, bref, le bonheur.

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MERCREDI 26 SEPTEMBRE 2001 _ #145
 

Charge éditoriale. La semaine dernière dans cette colonne, Le Guilloux NDC se payait ma plume (qualifiée de "on-n'y-comprend-rien-à-tes-papiers") en y glissant une extension de texte personnelle. Torpillage ? Pas vraiment. À plusieurs reprises, j'incitais le maître-correcteur des articles de Lyon capitale à jouer de l'arme des "Notes Du Claviste" (NDC) dans le journal et ici même volontiers : ces greffes de parenthèses sauvages et inattendues permettent de réveiller les éventuels articles bien convenus ("force est de constater" ; "le travail très intéressant de" ; "gageons que") ou d'énerver certains égos surgonflés ("Nous, journalistes, savons tout. Vous, lecteurs, nous vous apprenons tout"). L'idée d'une insertion d'un auteur, présumé premier lecteur puisqu'il corrige, dans le texte d'un autre, me semble amusante, et une expérience à tenter. Ainsi, un petit goût de journalisme en version 70's devrait de temps en temps souffler sur cette chronique. Bienvenue à NDC.

Traine-les-pieds
"Je ne sais pas trop ce que je fous là", réponds-je à Landry, vendredi, au Dark's. La toux de plus en plus tenace et le coeur au ralenti, je n'arrive pas à me défaire de ce mauvais rhume et me trouve bousculé par un train de fashion victims dans un club gay surélevé d'un plancher de ballons blancs qui, touchés par le brasier des cigarettes, éclatent de toutes parts. Je me rends à l'évidence que sortir la nuit demande énergie et esprit de survie. Il faut lutter en permanence dans les lieux communs pour se frayer un chemin, commander un verre ou délimiter sa place sur un dancefloor. Intuitivement, je déroute vers L'Ambassade avec en tête le souvenir inoubliable de l'époque où le club de la rue Stella était mon deuxième toit, où l'esprit de famille et la bienveillance générale donnaient au lieu son cachet mythique. Si je me soigne sur un mix housy ciselé d'electro-beats de dj Grégory, l'engouement n'y est pas. Le son magique me traverse et un sourire d'émerveillement ouvre mon visage devant le dj parisien qui se tord de plaisir en calant ses disques avec subtilité. Mais un détail me rend absent : des mégots sur le dancefloor. Les mégots, il y a en a partout dans une boîte. À L'Ambassade, il y a quelques années, le raffinement était tel que chacun cherchait un cendrier afin de respecter le lieu tout en respectant les autres fêtards. Le club mettait en place une sorte de méthode Disney qui consiste, pour le géant du rêve, à rendre ses parcs de loisirs toujours propres, ultra-nickel, afin que ses visiteurs culpabilisent dans l'hypothèse où il leur viendrait l'idée de jeter un papier gras au sol. Pour L'Ambassade d'aujourd'hui, tout comme les autres discos, cette hyper-attention aux services offerts n'existe plus et, comme par logique, le non-respect de leur propre lieu et des personnes accueillies (circa l'attitude "bétallière" de certains portiers) tend à rendre les clubbers agressifs entre eux ou impolis envers le personnel. Peu importe, puisque c'est ça, une fois rétabli, j'écraserai tout le monde. Clignez des paupières. Samedi, Julien fait ses adieux au bar de La Marquise et reçoit des saluts à grands cris sur les marches de l'entrée. Peggy, Ange et Jèrôme survitaminés dansent autour du beau gosse tandis que Laconque se fait shooter par la DV de Bernard qui, plus tôt, lui lance "Tu as les seins en pointe. Tu es naturellement belle". Je m'éclipse et ferme les paupières sur This is not a love song de PIL, impatient de retrouver de bonnes formes.

Relief the fire. Mercredi, Sergent Garcia s'offrira un mini-live à La Marquise dès 19h, alors qu'à la Buvette du Pont Wilson, les associés d'Arture picoleront autour du peintre Philippe Moncorgé. Jeudi, dans le cadre des journées Tapis Rouge de la rue Auguste Comte, Fred de B. vernira sa nouvelle exposition "En voie de disparition" à la Galerie Archaïa (au numéro 10 de la rue). Plus tard, K'reem, Cyb, Nyto, Stux et DDD secoueront le Bistroy de drum'n bass. Vendredi, le Fish accouplera Charles Schillings aux platines et Clémentine Célarié sur le dancefloor. Au Woodland's (32, quai Arloing - Quartier Pont Mouton), Zoom, la soirée hebdomadaire de Plein Gaz Production, gravitera autour de Philgood et Spider. La soirée Homemade donnera dans l'electronica des Yage Orchestronika, Blue, Cookie B et Yorgl au Melting Pop Café. Le plan Vital de la semaine se déroulera à La Marquise avec un live du très en vogue Isolée. Samedi, Le Medley (19, rue Childebert - Quartier Cordeliers) fêtera son anniversaire avec Miss Medley en tête des amuseuses. Au Rail Théatre, Delco Motion rassemblera les ravers intra-muros autour de Bobby, Agoria, Max Le Sale Gosse et plus au 06 76 85 21 20. Enfin, Spider et Rucangola rouleront les mécaniques latinos à La Marquise et sa Pepe Salsation.

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INSTINCT NOCTURNE

Écrit par Baptiste Jacquet
a été publié sous l'appellation
"Nuits Mobiles" jusqu'au
22 nov. 06 dans l'hebdomadaire

 

 

 

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