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INSTINCT NOCTURNE
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Écrit
par Baptiste Jacquet |
a été publié sous l'appellation
"Nuits Mobiles" jusqu'au
22 nov. 06 dans l'hebdomadaire
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MERCREDI 06 DECEMBRE 2000 _ #103
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Vivons
heureux en attentant l'amour
Vendredi,
nous sommes cinq à six cents à marcher lors de cette
nouvelle journée mondiale de lutte contre le Sida. Claire
m'offre un coeur en pain d'épice à maintenir fermement
en main comme le lutteur contre cette vermine intime bien active
se pique d'un ruban rouge sur le poitrail. Place des Terreaux, sous
des flocons de mousse artificielle, nous nous réchauffons
le corps avec chocolats chauds et discussions avec quelques élus.
Ours Fort nous lâche et nous faisons table pleine au
VertuBleu où Jean-Luc force mon Prince de Galles
avec son surprenant carré d'épaule. Tout en fumant
des cigares, ma princesse parle couleur de mode avec flair : "Le
vert, c'est pour l'an prochain et le rouge pour encore plus loin"
avant de me pousser dans un taxi pour un voyage andalou à
l'Auditorum. La gigantesque bodega se traîne dans un after-spectacle
lent et vite ennuyeux. Philippe Neumager (3 mai) nous invite
à la Yepparty.com, ce mercredi 6 au Queen, où le duo
fêtera le track-listing d'une compilation à sortir.
"Notre morceau côtoie les Masters at Work et autres
grosses pointures", annonce, peu fier, l'illustrateur.
De rapides salutations à Françoise, Pierre et Guillaume
et Ours Fort nous entraîne au Village-Club.
En deux tours de verres, je repère un beau gosse à
photographier et le jeune élu RPR s'attarde à convaincre
ce dernier de la bonne utilisation du cliché chéri.
"Mais si tu photographies mon ventre, tu peux très bien
faire un photomontage et coller sur mon torse une autre tête.
Et puis, tu écriras quoi dessous ma photo ?", part
en parano le courtisé. Je zappe et me perds dans l'éclairage
sous-marin du Brick System où les râlements
suintent de cabines humides et quelques branleurs "sourds et
muets" traquent des sexes prêt-à-mettre. Samedi,
Sebastien B. s'emballe pour une nouvelle conquête à
Mon Manège à Moi (rue Neuve, Terreaux) : "Il
est beau, gentil, intelligent, poilu et a un labrador. Nous sommes
allés à la Maison de la Danse hier soir puis avons
passé une nuit cocooning." Loin du dîner américain
du jeudi où l'adorable s'ennuyait : "Je passe mon
temps dans les bordels à queues. Il va falloir que ça
change." Au Mushi-Mushi, Kamel veut aussi changer
: "J'ai perdu 15 kilos. Avant, j'étais militaire et
carré comme une armoire à glace. Je formais les tireurs
d'élite. Maintenant, je tire des litres de bière :
il faut que je me reprenne", sourit le plus beau. L'Ange
Brun me récupère et nous engageons une de nos
plus belles nuits à La Marquise pour la soirée
From Disco to Disco. Encerclés de braves étudiants,
Z2 amuse les Serial Web girlies et finit par décrocher un
"elles sont trop bêtes à Serial Web même
si j'aime bien ces trucs qui leur moulent le cul". Le dancefloor
se réveille sous la house frenchy saccadée de J-Kell
pendant que Stéphane balance son corps à contretemps
comme un nigaud : "J'ai 27 ans, marié depuis deux
ans et, d'accord, je suis un podologue qui ne sait pas quoi faire
de ses pieds." Laconque m'aide à convoiter
le maladroit puis finissons par enlacer Z2 et trioler sur un Down
to love d'Originals magistral et pliant la piste dans
un bonheur collectif. Dr Cyril D-Sko m'attrape, plein sourire, d'un
"je veux une fille. Trouve-moi une fille". Nous
nous éjectons sur le quai où deux marlous nous lancent
: "C'est où la partouze ?" Usés et
heureux, nous fermons les paupières.
Bal-rooms. Mercredi,
la salsa s'invitera à La Cour avec Dj Oscar alors que Version
69 lancera sa Top Of L.Y Party au Box Office avec le New-Yorkais
Rondevu, DDD et dj Evok pour un pur flow de hip-hop. Jeudi, le Bistroy
poussera à la chanson world, Bistanclaque. A l'Appart Caffé
(17, rue Sergent-Blandan, Terreaux), une nuit Latin house rivalisera
avec la Disco du 2P+C et les extravagances de dj Rocco. Vendredi,
l'Ambassade (4, rue Stella, République) fera manger dès
19h des montagnes de chocolats mentholés aux house lovers.
La Marquise décroche le plan vital de la semaine en conviant
U.H.T. à dérégler vos pulsations rythmiques
sur une jungle high bass. Samedi, Oldies But Goodies prendra résidence
mensuelle à La Cour avec Manoo et Rocco. En beaucoup plus
décalé, Rocco Siffredi surveillera l'élection
de Miss Extravagance César au César Palace (ré-actline
: 04 78 40 88 28). Au Fridge, Factory Bring Your Mask invitera le
briton Antoine aux platines et les masqués sur le dancefloor.
Les clubbers resteront à la porte de Round 1 (c'est inscrit
sur le flyer) du 19-6 où seuls les teuffeurs sont conviés
à danser avec Anton'x, Gaston, Tinicks et T.Blit2 (ré-actline
: 06 85 09 13 20). Il y a des baffes qui se perdent. Enfin, dimanche,
le Box Office fête son premier anniversaire avec l'américain
Stacey Pullen. Champagne !
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MERCREDI 13 DECEMBRE 2000 _ #104
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La
chair trempée dans l'alcool
Bref passage, jeudi,
à l'apéro inaugural du Panoramic des Transformateurs
(place de la République). Nos yeux s'écarquillent
devant la projection, sur un panneau 4x3, d'un ange baladeur auréolé
qui échappe sa couronne d'innocence au gré de ses
regards de pêcheur. Le poisson tourne à l'envers dans
sa bulle de verre et le champagne s'arrête. Vendredi,
la fête des lumières se perche au Montana (26,
rue Jean-Baptiste Say, Pentes) pour accompagner Claire chez les
Verts et faire briller nos yeux de quelques gouttes de rosé.
Le défilé de Bateau Brésil coule sur
le pavé et les rythmes de Spider et June nous mettent en
jambes pour glisser le tobbogan bleu arrosé jusqu'au VertuBleu.
Alors que ma princesse en pince pour les pyjamas ("Je vais
organiser un pyjama party Je vous verrais bien dans une grenouillère
rouge de beau mâle viril, comme Starsky"), Mireille
couve son nouveau poulain, Anthony. "Il n'a que son caban
et sa pipe pour lui", s'impatiente Claire devant un merdeux
déjà trop vieux attirant ma libido renaissante. Après
deux coupes pour fêter l'anniversaire de Michel, nous posons
un instant à L'Ambassade avant de rejoindre Le
Medley (rue Childebert, République) surchauffé
par des minets d'un autre style. Je tends une cigarette encrée
de mon numéro de portable à un beau rustre et après
deux collés sur un C'est comme ça des Rita Mitsouko,
ma compagne s'évapore. Clignez des paupières. "Il
veut absolument que je l'embrasse", grogne Laconque
à La Marquise tandis que Gabriella ouvre ses yeux
amoureux à Cédric et L'Ange Brun s'absente
dans une fausse présence. Je décharge Mariska
d'un Manuel, joli pochtron étudiant, qui approchera toutes
les plus belles d'insultes avant de simuler une envie de gerber
pour m'entraîner dans les toilettes et s'engager à
quelques maladresses. "Non, je n'ai jamais eu envie de gerber.
Je voulais juste que tu me regardes pisser", se laisse
aller le brave devant la porcelaine blanche. Devant nos attouchements,
Laconque se désole : "Tu ne vas pas baiser
de la viande saoule tout de même ?" Non, vraiment
non. Ce n'est qu'un amusement : jamais de viande trempée
dans l'alcool. Fermez les paupières.
Mass order to dance. Mercredi, le Monde à l'Envers remettra
Manu Le Malin, The Producer, Xenon et Gaston derrière les
platines de Hardsound. Aux Subsistances (8 bis, quai Saint-Vincent,
Vaise), Les Transformateurs donneront la première d'Astronautes
F.M.R. dès 20h30. Jeudi, djs Thomas et José Lagarellos
feront tourner le 2P+House du 2P+C tandis que La Cour échelonnera
la house de deep à hard avec Olive et Maltese pour Velours.
Riddim Collision des Jarring effects ouvrira son festival "Dub
et electro Expérience" par un parcours nocturne traversant
La Belle Équipe (Boris at the Control et Mr Orange), le Kafé
Myzik (Dokhandeme Snd Sys), le Monde à L'Envers (djs Twelve,
Sipsi, Will et Mc Sang Thip) et le Bistroy (19 Dub, Sonarkotic Snd
Sys, DIno et Mc Tone). Vendredi, la salsa s'installera à
La Mosaïque Tropicale (9, rue du Jardin-des-Plantes) avec dj
Jacques. Jumping Bass vous baladera sur le traîneau du Père
Noël est une mixture avec Cedr'X, Syspeo, Dan et Yellow (ré-actline
: 36 72*1 42 42 42). Il faudra peut-être choisir entre la
house finlandaise et glissante de Jori Hulkkonen à La Marquise
et celle, plus américaine, de dj Karizma du label Basements
Boys à L'Ambassade. Faites la tournée. Jarring continue
sa fiesta au Kao avec Zenzile, Meï Teï Shô et Bumcello.
Le Kao qui dansera, samedi, sous l'Electozen des Thomas Crome, Marc
Twins, Olivier d'Oxia, Olive et Luigi : Plan vital de la semaine.
Pour les fans de bougies, le Loft fêtera son anniversaire
pendant que Jarring se déplacera au Rail Théâtre
avec Kaly, Interlope et plus chez Dark Fish (15, rue Chavanne, Cordeliers)
pour les résa.
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MERCREDI 20 DECEMBRE 2000 _ #105
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Borderline
Jeudi
après-midi, triste nouvelle : nous apprenons qu'Ours Fort
a commis une T.S. cérébrale, très petite politique.
Bon et long repos à lui. En soirée, nous testons,
en compagnie de François M., le 120 Rue de La Gare
(18, rue Duviard, Plateau de la Croix-Rousse). Encadrée de
banquettes austères et d'une déco sans aucun intérêt,
Claire relate sa nuit précédente avec un certain Monsieur
Schlum. B, "homophobe, homo refoulé", et
le promu et maladroit Maihl-IT (prochainement sur l'écran
de TLM) nous pousse à le conseiller dans l'approche gestuelle
d'une femme courtisée. "Le passage de la main au
cou semble être une excellente première approche",
tombons-nous d'accord avec Princess K. Vin passable et fondue médiocre,
nous sautons vers la Marmite en Bois pour disserter fidelité
au comptoir, avant de commettre un attentat à la lenteur
Au Temps Perdu. Clignez des paupières. Vendredi,
les Astronautes F.M.R s'enlisent aux Subsistances
dans une première partie besogneuse et puérile, avant
de se rythmer dans un maëlstrom bladerunnien bottant le corps
humain hors de sa chair. Une fin de spectacle où la Mort
se drape de blanc et incorpore notre matière trop gouvernée
par l'esprit. Je suis Christelle jusqu'au VertuBleu pour
accepter l'invitation faite par Mireille à la rejoindre à
la nuit des avocats de La Cour. Après un souper léger
et "en-pâté" dans le préfabriqué,
toc design, de Lolo Quoi (40, rue Mercière, Cordeliers),
nous poussons une demi-heure chez les encravatés du tribunal
et finissons par se frotter les hanches sur Dj Karizma à
L'Ambassade. Merveilleux instants où la Kanardo
motha lâche : "Je vais finir par aimer la house
et peut-être même, danser sur le podium". Emergés
dans un Lift Every Voice de Massorder, un vol hors
du cocon rougeoyant nous amène à La Marquise
pour Jori Hulkonen. Commerciaux endimanchés et gueules ramollies
suivent de loin un courant de house, sophistiqué et pur,
soufflé par le finlandais. Petits cafés et bouquet
de roses matinaux pour cligner des paupières. Samedi,
Z2 me rejoint au Vertu et, taxé d'être "borderline",
se défend : "C'est carrément péjoratif
comme qualificatif". Danièle tente de lui expliquer
qu'être "à la limite, sur le fil du rasoir"
n'a rien de péjoratif, au contraire, le séducteur
ne s'y fait pas. Pas plus que David, se prélassant dans un
Mushi-Mushi prêt à tirer le rideau métallique.
"Non, dire de quelqu'un qu'il est borderline n'est pas un
compliment". Tant pis. Malin, Kamel insiste pour un palmarès
de fin d'année des meilleurs serveurs de la ville dans Nuits
Mobiles, alors qu'une Odile nous snobe et assure que "la
vie, c'est Baudelaire". Après avoir léché
la vitrine de La pêcherie, où quatre grandes fillettes
ont dû lire méticuleusement la prose de leur Petit
Paumé (posé sur la table) pour tirer sur leur paille
dans ce triste bar, nous investissons l'United Café.
Jacques Haffner colle David tout en me sortant son habituel
"Tu es un sous-Dahan, un sous-Taddéï, et tu
en es fier" à en agacer Z2. Après maints
jetés de verres, de pailles, après des frottis multiples
sur jeunes filles pulpeuses et un Olivier magnifique, nous clignons
les paupières. Dimanche,
alors que j'attends Lynx pour une nuit de pianiste, Z2 recale
notre virée de la veille : "De la folie ! On a transformé
cette boîte en véritable étable ! À la
sortie, j'ai vomi Noël sur un sapin du marché. T'imagines,
le gosse : Maman, y a un truc bizarre sur les aiguilles du sapin".
Lynx sonne minuit et nous nous frottons tendrement sur les
72 minutes du Forevernevermore de Moodyman. Fermez
les paupières.
Prends-toi une bûche.
Mercredi, ce sera "jungle is massive" : d'un côté
le Bistroy avec Original Cyb, et de l'autre, le Monde A L'Envers,
avec le Spinning Dragon des Peyo, Ranium et Nokman. Jeudi, le Mushi-Mushi
(26, rue Hyppolite Flandrin, Terreaux) invite Pierro du Sofa Shop
pour un son jazzy-soul. Vendredi, le Monde à l'Envers en
remettra une couche lors de sa Tek-Control avec Tonio, P.Moore et
Onark. Au Ninkasi Kao, Ben, Norman Beats, Volta et le Cyborg crew
jumperont sur la Bomb Inside - Jungle & Drum'n Bass Session
alors que le Space s'initiera au dancefloor enneigé (en synthétique).
Samedi, Spider et mc Rucangola dégivreront la Winter Salsation
de La Marquise pendant que les G-friends et sexy-gay toucheront
le Père Noël lors d'un Wake Up ! Merry XXX-mas au Fridge.
Art Fusion invitera John Thomas et Miloch au Tunnel pour une techno
bastonneuse. Pour les fêtards faisant le voyage à Paname,
The Sound du Rex Club recevra The Idjut Boys (ce n'est pas à
Lyon que l'on verrait ça). Enfin, dimanche, démerdez-vous.
Un tête à tête avec une bûche glacée
?
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MERCREDI 03 JANVIER 2001 _ #106
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Mots
à maux, plaisirs à dire
Fin deux mille. Meilleurs voeux. Début de l'anti-manque ou
la non-frustration. Frotter son verre sur le brillant du comptoir
au Mushi-Mushi. Baisser la tête en souriant de fatigue
à une table du VertuBleu. Perdre ses vieilles espérances
et en gagner de plus belles. Baiser léger, et protégé,
au détour d'une étoile cachée par des beats
infectants. Se rebeller contre sa propre paresse. Refuser la main
de Claire tant que Monsieur Schlum. B n'apparaîtra plus. Djs,
écoutez la piste avant vos skeuds. Ne pas lâcher sa
croyance en l'amour aveugle et stupide. Faire du Modern Bar
la réputation antagoniste qu'il mérite : moderne et
authentique. Ne jamais oublier Christophe Boum et Primabella
pour leur amitié forte. Se moquer du ghetto gay et de la
nouvelle bourgeoisie sclérosants. Sentir le sperme limacer
sur ses cuisses. Regarder le ciel. Être tranquille en s'injectant
un éternel Dean Martin dans le cerveau. Repasser Mon
cerveau dans ma bouche de Programme pour redescendre
sur terre. Continuer à commettre des erreurs. Croire plus
encore en ses erreurs. Voter et casser Millon et consorts "droits
dans leurs bottes". Trinquer avec L'Ange Brun et
Laconque des margaritas amnésiantes à La
Marquise. Prendre un passant par la main. S'endormir devant
Évelyne Thomas et ses choix. Séduire. Séduire
pour vivre. Se croire important. Penser que l'on ne vaut pas ce
que l'on a. Que les musiques électroniques s'échappent
des majors rockeuses et médias mercantiles. Voir Z2 me sauter
dans les bras. Oublier les coups de pute de Le Bimb. Porter
un pyjama l'hiver et une djellaba l'été. Non, l'inverse.
Sourir au vent qui vous ouvre les yeux. Se prendre un instant de
bonheur en regardant une belle danseuse cliquer des hanches au Funambule.
Ne pas respecter l'ordre. Niquer l'ordre. Caresser la mémoire
de Sido dans le sens de ses poils poivre et sel. Ne pas se défaire
de l'amour que l'on porte à sa mère. Si, s'en défaire.
Et puis, non. Lyon est vivant. Lyon ne dort plus. Ramasser un mec
au Village-Club. Faire du 8 février à La
Marquise une des nuits les plus heureuses. Arrêter de
faire des flyers écrits en anglais. Jouer le faux-cul avec
mes confrères journaleux qui s'imaginent important. Recommander
l'album Rest d'Isolée comme album de l'an 2000.
Galocher de force le Petit Poucet. Forcer. Forcer. Forcer.
Pervertir ce qui l'est toujours.
S'abonner à Sleazenation et Jockey Slut. Ne
pas boire deux jours d'affilée. Faire risette à son
banquier. "On pensait le troisième millénaire
en soucoupe volante et finalement, on fait de la trottinette"
(Claire). Espérer que la prochaine équipe municipale
retienne la nuit, la grandisse. Rire en lisant les articles d'Alexis
Bernier dans Libération. Rire encore plus en regardant
LCI, la chaîne toute de droite. Encourager toujours les nouveaux
lieux en ouverture. Regarder le théâtre du dimanche
après-midi sur la très "service public"
Paris Première. Me défaire du triste rapprochement
avec Éric Dahan. Se fasciner pour Alain Pacadis.
Regoûter aux rouleaux de l'océan à Biarritz.
Se poser en mai sur l'île de Bréhat. Refuser de sucer
un épilé. Rire de soi. Se foutre de sa propre gueule.
Tout a une fin. Tout a un commencement. Voir Sébastien B.
ne plus se perdre dans les couloirs d'un bordel. Prendre la culture
hip-hop pour ce qu'elle est : une rébellion institutionnalisée.
Réinventer le design de ma machine à laver. Inventer
un rapport amoureux supportable et durable. Acheter deux poissons
à dj Arnie et Michel pour leur nouvel aquarium. Pousser
loin le respect aux Spider, Teddy G., 3 mai et Manoo. Simplifier.
Simplifier. Écouter son corps. Prendre Marie-Êve
par l'épaule et la pousser devant. Faire du "people"
pour rire. Rire encore de cette "jet-set" locale inexistante.
Faire tourner l'album de West Side Story les jours de blues.
Se refaire les yeux joyeux en visionnant La Vie est Belle de Capra.
Respirer. Respirer encore. Souhaiter la bonne année à
Mireille, Jean-Luc, Le Grouik, Michel E., Babby, Comtesse L., François
et Christelle (déjà fait), François M., Anne-Lise,
le renversant Kamel, Julien, Lynx et à ceux que j'aime.
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MERCREDI 10 JANVIER 2001 _ #107
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Nuits
plus ou moins Net
Quoi
de bien après nos beuveries et goinfrages de fin d'année
que de se poser devant son iMac et regarder la nuit au bout de sa
souris. Que se clique-t-il ? www.lyonpoche.com construit sa page
clubbing pendant que www.lerenard.com est toujours aussi plaisant
à lire : le site étudiant demeure "très
étudiant" (le rock et la bière) mais son interactivité
permet à chaque internaute de faire sa petite critique de
noctambule. C'est sur serialweb.com que l'agenda "Nuit"
est le plus complet et pratique à consulter. Pour les reportages
in situ, à vous de voir et de rire un peu. On rit beaucoup
moins sur lyonpeople.com où le clubbing, c'est àKGB
et àKGB. Il faut aller dans la chat-room du site pour
découvrir que tous les connectés du site ne fréquentent
pas uniquement la "so, jet-set" datcha. J'aime beaucoup
Lyonpeople mais que ses rédacteurs arrêtent de mettre
du "jet-set" une ligne sur quinze, on dirait du Christian
D'aubarede sur lyon-clubbing.com. La version net de l'émission de
TLM plaque reportages photo so-called "branchés"
et agenda où l'insertion de dates de concerts pop-rock demeure
étrange : Vanessa Paradis à la Halle est-elle top-hyper-"jet-set"-clubby
? Fin de "jet-set" (j'ai fait ma dose du mot pour l'année
: quatre fois en deux lignes). keep-smiling.com s'adresse plus aux
teuffeurs et, malgré son habillage "page-perso"
d'amateur, cause de tout ce qui tourne autour de la techno sans
trop en rire. Chez lyonlanuit.com, les animations enfantines vous
sautent aux yeux sans arriver à vous y retrouver dans ses
rubriques à tiroirs. Brouillon. Les deux majeurs (www.cityvox.com
et webcity.fr) font dans l'exhaustif sérieux et informatif
et l'insertion des réactions des internautes semble parfois
bienvenue face à des articles parfois trop distants. À
surfer finalement sur tapiole.com, le sites des tapettes de loin
le plus drôle.
Mange Disk. Ceux
qui, à la même époque l'an dernier, avaient
eu la bonne pioche en se prenant dans les oreilles l'impérissable
I know Electric Boy de Maddkatt Courtship (as know as Felix Da Housecat),
auront déjà rempilé avec ce Forevernevermore
de Moodyman (Peacefrog Rec.). Les deux albums, loin d'être
similaires, cultivent cette diversité house butinant tantôt
sur des pétales deep savoureuses, tantôt sur des aiguilles
tough, grasses et malsaines. Déjà pour le léger
putassier de The thief that still my sad days et le dancefloor killer
Tribute, Forevernevermore est plus que recommandable.
2001 Parties Odyssey.
Mercredi, L'Ambassade (4, rue Stella, République) inaugurera
ses Club Studio 54 hebdo : dj All'n se prendra pour Larry Levan
et nous quitterons nos chemises pour danser disco. Au même
moment les aficionados de musiques brésiliennes rejoindront
la Brasil ! du Box Office. Jeudi, toujours chaloupante, La Mosaïque
Tropicale (9, rue du Jardin-des-Plantes, Pentes) jouera avec Santiago
pour une Fiesta Latina gypsi-abracadabrantesque. Le disc-shop Eardrum
punchera tek au Monde à L'envers avec Luigi, Olive et le
sudiste C. Drick. Au Fish, les mulots s'agiteront lors de la Nuit
du Web de plazzaweb.com. Vendredi, repos. Samedi, àKGB fêtera
le Nouvel an russe avec un apéritif "sibérien"
bien au froid dans sa cour barbelée (vodka et violons tziganes
au programme) pour finir par un mix de Red Beat Session. Les Plaisirs
de la lingerie sexy de Shirley se goûteront au Space avec
Didier Sinclair et Phil Rodriguez aux platines. Sur La Marquise,
Rork, Lady Bird, Sisco Frisco et Lea Lisa feront rouler le dancefloor
sur des mixes deep-house et nu-groovy beats lors d'une Spiritual
House raffinée. Les teuffers indoor regagneront l'Electrozen
d'Eardrum au Ninkao avec le live de Technasia et P. Moore in da
mix : Plan vital de la semaine. Dimanche, Le Hangar (Brasserie du
Gone, 21, rue de la Rize, Part-Dieu) relancera les Gay Tea Dance
dès 18h30. Enfin, pour mémoire, Amon Tobin (Ninja
Tune Rec.) rameutera tout le monde mercredi 17 à La Marquise.
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MERCREDI 17 JANVIER 2001 _ #108
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Un
ex, c'est comme son vieux caleçon de nuit
Mardi en huit,
un plaisantin sort des toilettes de L'Escalier le visage
recouvert de papier rose-mâché : "Ta chasse
d'eau m'a projeté le PQ à la figure", lâche-t-il
pour souder un grand sourire sur les derniers visiteurs du bar.
Nous fermons le bar et dînons à Mon Manège
à Moi où Jean-René prévoit l'ouverture
discrète de La Trinquette (rue Confort), nouveau bar caractériel
néo-british, alors que Claire l'interroge sur les adresses
de ses dealers de pantalons écossais. Jeudi,
un petit tour au Modern Bar (rue Thomassin, République)
où Christophe Boum et Primabella sortent Butch,
joli griffon fraîchement sauvé des grillages de la
SPA. Nous soupons à la Friterie Marti (4, grande rue de la
Guillotière), plus que recommandable, en compagnie de Geneviève
et jouons les "toutous-gagas" devant Butchy à en
rendre la serveuse gentiment moqueuse. Un petit tour au Simionato
(7, place Gabriel-Péri, Guillotière) pour acheter
nos dernières allumettes avant minuit et nous clignons des
paupières. Vendredi,
le sextuor Bouquin-Delevallée-Essertier-Melquiond-Richard-Sintès
offre son pot annuel à l'agence Rue Royale Architectes. Ce
premier vrai rendez-vous branché de l'année ravit
toujours. Après s'être nourris des expos présentées
(le face-à-face photographique des Kanardo en lomographés
et des nus féminins au quotidien d'Olga), nous saluons Helena Roche, Gilles Buna, le magnifique Alain Turgeon
et quelques artistes lumineux et borderline. Soirée offrant
à Claire l'occasion de rencontrer Z2 pour la première
fois et d'échanger quelques considérations sur le
"resucé" avec nos ex-conquètes respectives.
"Un ex, c'est comme son caleçon de nuit : tu ne fais
pas de manière. Tu le connais bien et dors avec tranquillement.
Tu peux te gratter les couilles, regarder une merde sur TF1. Tu
n'as pas à passer la soirée à faire l'intéressant
devant Arte et philosopher sur le dernier Goncourt", synthétise
brillamment Z2. Nous grimpons à huit (deux devant, six derrière)
dans la Mazda d'Anne-Lise pour aller descendre des
rhum-menthe à la Nuit Cubaine de l'Auditorium. Pierre
Le Magnifique se grandit de beauté, Philippe
Neumager nous résume les concerts manqués tout en savourant une
glace exotique alors qu'apparaît Lynx, doux amour intenable qui
me fait souffrir à chacune de nos rencontres. En fin de parcours,
nous attrapons deux Cubains sexy et exagérons au Medley (rue Childebert,
République) où Laconque et L'Ange Brun s'initient
à la danse régressive sur Capitaine Flam alors que je frotte misérablement
un Norbert galochant une baraque à moustache grise et que le duo
Primabella-Christophe s'accorde des flirts de célibataires. Je ferme
les paupières en fredonnant doucement le sexy Don't Move
de Club Session.
Winter delights.
Mercredi, le roi Amon Tobin (Ninja Tune Rec.), l'excellente Flore
et Dr Nokman feront exploser La Marquise. Pour le plan Vital de
la semaine, cela vaudra le coup de patienter à l'entrée
ou d'arriver vraiment tôt. La Cour (4, rue Mulet, Terreaux)
dansera merengue, salsa et bachata avec dj Oscar. Jeudi, Le 2P+C
remet ses VIP Awards 2000 aux plus célèbres de la
ville. Grosse farce amusante. Encore plus drôle, au quatrième
degré, Corti fera bouger les popotins du First VIP. Les fans
de trance rejoindront le Nebuchadnezzar (20, rue Saint-Georges)
pour lever leurs corps avec Tajmahal pendant que les technokids
monteront sur la Serial Love Machine du Monde à L'envers
avec P. Moore, Bastouille, Lem et Starnack. Vendredi, dj Deep reviendra
faire son house-purist àl'Ambassade alors que le non moins
excellent Romanthony testera le Fish. Samedi, Trip Do Brasil entame
son deuxième club-touring et grattouillera nos pulsions "copacabana"
à La Marquise avec The Boys from Brazil et Jun. Au 19 : B
(ZI du Genis, Saint-Fons), Moment's party recevra Miss Kittin, Strat
et Saint-Jean pour une nuit techno bien comme il faut (réa-actline
: 0 688 084 054). En beaucoup plus frivoles, Le Fridge ouvrira son
Sanctuaire Factory avec les djs Lucy Luck et D-troy et Le Space
sortira les canons à neige lors de son Extreme avec Olivier Verse
et Phil Rodriguez aux platines. Enfin, dimanche, la techno de Marc
Twins, Scan X, John Thomas, Laurent Hô et plus matraqueront
la Digital Power du Fridge (ré-actline : 04 72 61 13 61).
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MERCREDI 14 FEVRIER 2001 _ #109
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MERCREDI 21 FEVRIER 2001 _ #110
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L'art
met son blason
Mercredi, après un dîner américain
avec Sébastien B., nous jouons avec des étudiants
très sages à Tombé du Ciel avant de reprendre
nos amusements entamés la veille au Mushi-Mushi. Florence
continue à assiéger le bar et Kamel en voie de sacralisation
: "le magazine FHM vient de me prendre en photo pour son
spécial Lyon", se gonfle le plus tendre des serveurs
en nous décrivant l'ambiance du club d'en face, Carpe Diem,
("Tu vois, les mecs jouent à celui qui aura la partenaire
lui taillant le mieux une pipe et le faisant éjaculer le
premier") met le comptoir d'accord : "Entrer dans un lieu
où tout le monde baise, je ne peux pas. Il n'y a même
pas une fille au bar à qui tu pourrais faire du charme. C'est
trop normé". Clignez des paupières. Vendredi,
la cour des Subsistances monte au mat son étendard frappé
de cercles pleins (Des boules de geisha ? Un chapelet ?) et nous
inaugurons la friche artistique. Z2 s'émerveille devant la
verrière où d'immenses chandeliers en cristal tombent
sur les tables des convives et des bannières grises mussoliniennes
encadrent le lieu. "Au niveau symbolique, je trouve ça
plutôt réussi de dire : l'art chasse l'armée",
analyse Z2. De là à en emprunter ses codes sectaires
Après s'être battus pendant près de deux heures
pour se remplir l'estomac, les happy few (environ un au mètre
carré) gonflent du cervelet. Dans ce merveilleux monde culturel
où tous passent leur temps à se flatter mutuellement,
la réunion générale de ce petit milieu nous
donne vite l'impression d'être entouré d'égos
surdimensionnés où le petit snobisme côtoie
le mauvais esprit. Nous nous sauvons en dégustant le pur
son de la salle de spectacle transformée en rave party. Manoo
maîtrise une disco-house "velours" et Fraggle se
fait couper les platines par une alarme incendie. La grande réussite
de la nuit se trouve à l'étage dans un lounge-bar
secoué de bulles de champagne. Claire, accompagnée
par un Pierre B. en pleine forme, attrape à pleine bouche
une tête de tulipe en même temps qu'un Kamel aux anges.
Nous vidons les tables de leurs pétales orangés et
plantons dans des corsages heureux nos tiges végétales
jusqu'à cligner des paupières devant cette très
belle nuit. Samedi, à la sortie du Vertubleu, Madame et Alain
Turgeon viennent de fermer leur Bureau des Réclamations Internationales
à La Party de Campagne du Parti Socialiste. Sur place, le
Ninkasi-Kafé danse rock-poppy pendant que le Kao se joue
exotique-chaloupé. Nous suivons Pierre Le Magnifique et Guillaume
au Village-Club où Laconque désespère : "La
dernière fois au Medley, je n'ai réussi qu'à
attirer l'envie d'une fille qui me dévisageait en se léchant
les lèvres. Il n'y a pas d'hétéros ici, et
ce soir, je veux un mec". Après avoir mis sous mon aile
un Patrick caressant, La Marquise s'ouvre à nous et je patine
rapidement la langue du futur amant à en énerver Laconque
: "Tu pourrais pas me trouver le même mec que le tien
mais en hétéro ?". Trop tard. Nous fermons les
paupières, queues alcoolisées tendues et peaux couvertes
de baisers, sur un beat psychédélique et essoufflant
de Felix Da House Cat.
The pleasure principal.
Mercredi, le Monde à L'Envers organisera la rencontre de
Manutension et 19 Dub lors d'une Dub Organic 2. Au Chantier (18,
rue Sainte Catherine, Terreaux), It's A Party se jouera hip hop
avec Lynx, Mad Dragon, Hassan et Faycal pendant que L'Ambassade
se lovera dans la luxure du Club Studio 54 avec dj Allen. Jeudi,
dj Cam naviguera entre hip-hop et exotica beats à La Marquise.
Pour les "un-deux-grondent" rebels, Botamin jouera rock-ska
au Bistroy. Les non-frileux sortiront trinquer "russe"
à Divas Of Russia dans la cour d'àKGB (2, rue des
Bons Enfants, Jean-Macé) pour un apéro où il
paraîtrait que tout le monde s'embrasse sur la bouche pour
se réchauffer. À voir. Vendredi, Ricco fera craquer
nos petits culs sur la deep-house jazzy de Move Your Ass Baby au
Funambule (29, rue de l'Arbre-sec, Terreaux), alors que dj Boub
servira soul et funk au Mushi-Mushi. On rigolera à pleines
dents à Ce soir je t'invite : Valérie et Olivier (Soirée
inutile). Le nom de la soirée laisse imaginer le meilleur
du pire et le tout se déroulera au Kafé Mysik. La
house germanique du label Pauls Musique assouplira les jambes du
dancefloor de la Marquise avec Tobi, Mischinski, Tante Tilly et
Philgood. Samedi, la curiosité clubbing de la semaine vous
amènera à l'inauguration d'Osmose, nouveau club house
de la région (la croisée de Guerein, 01090 Guerein,
06 07 24 59 13). Au programme, une soirée "Bains Douches
- Paris" avec Merlyn, Esteban, Bouddha, Didier Largemain et
une débauche de gogos et créatures.
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INSTINCT NOCTURNE
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Écrit
par Baptiste Jacquet |
a été publié sous l'appellation
"Nuits Mobiles" jusqu'au
22 nov. 06 dans l'hebdomadaire
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