|
Je
suis Historien. Je tiens au H majuscule sans quoi le
mot Histoire ne vaut rien, il sonne creux comme un vide.
Mon avidité
pour ce type d'évidence va crescendo. J'ai beau
creuser, vider mon évidente mémoire de
bactérien, j'en reviens toujours à ce
rien que représente le H majuscule. Vaurien,
j'évidais des sauriens livides. Évidemment
j'aurais pu crever des dinosaures cervidés, peut-être
des lémuriens. C'eut été un comportement
préhistorien.
Dans mon
Antiquité vide de sens, et grâce à
ces prétoriens de la privation qui ont fabriqué
mon individu, je me suis méfié de mon
ami Derthal. Lorsqu'il a eut les crocs je me suis dit
"Magnons-nous vers le Néant H".
La providence
a fait que je suis resté un individu terrien.
Terrien donc anti-aérien, comme plongé
dans un interminable abîme. Je devenais un galérien
avide de H.
Bientôt
mes bovidés grégoriens me rapportaient
des dividendes non végétariens et je m'autorisais
à gravir ces Fosses des Mariannes qui feraient
de moi un vrai grammairien. À un certain âge
la providence m'a rendu moyen.
Avide ici,
prolétarien là, luthérien, presbytérien,
creuset de colonie, esclave à vide. Mon immensité
s'est vidée dans des canons à chaire à
défaut d'être aryens. Hitlérien
je ne suis pas, la providence m'a fait fainéant.
Je n'en
garde que le H vidangé pour moi par un individu
syrien sur un transsibérien.
Je suis
vide, creux, je ne suis rien, je suis Humain.
|